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Lancement du Comité Orwell, pour le  retour du pluralisme dans les médias

2 juin 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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Lancement du Comité Orwell, pour le retour du pluralisme dans les médias

Vendredi 29 mai, à l’occasion des dix ans du « Non » au traité constitutionnel européen, la journaliste Natacha Polony a lancé le « Comité Orwell », un collectif de journalistes qui se donne pour mission la « défense de la pluralité » et de la « souveraineté populaire » dans les médias.

La date n’a pas été choisie au hasard. Le 29 mai 2005, le peu­ple français reje­tait, par 54,67 % des voix, la con­sti­tu­tion européenne. Un vote exp­ri­mant une opin­ion majori­taire pour­tant absente des médias qui avaient majori­taire­ment mené une cam­pagne agres­sive pour le oui, ne lais­sant aucune place aux opin­ions opposées à la leur. Le traité rejeté par les Français sera adop­té au Par­lement moins de trois ans plus tard, bel exem­ple de trahi­son des élites.

C’est donc à ce moment pré­cis que s’est révélée la « frac­ture » entre les élites (européistes) et le peu­ple (sou­verain­iste). « Les élites, ou plus pré­cisé­ment les gag­nants de la mon­di­al­i­sa­tion, ont, en effet, majori­taire­ment fait cam­pagne et voté pour le “oui” à ce référen­dum alors que le peu­ple a, lui, plutôt voté “non” », pré­cise Nat­acha Polony, la prési­dente du Comité, au FigaroVox.

Et celle-ci d’évo­quer un « naufrage médi­a­tique » à cette occa­sion : « 90% des médias et des édi­to­ri­al­istes ont ouverte­ment fait la pro­mo­tion de ce traité con­sti­tu­tion­nel — avec une vir­u­lence par­fois inimag­in­able — ce qui a souligné qu’il exis­tait qua­si­ment un intérêt de classe divergent. »

Compte tenu de ce con­stat acca­blant, qui a pu se véri­fi­er et se con­firmer tout au long de la décen­nie suiv­ante, « il nous a sem­blé impor­tant de nous inter­roger sur notre capac­ité à penser autrement les pra­tiques qui se présen­tent à nous dans notre méti­er de jour­nal­istes, notam­ment en ce qui con­cerne les ques­tions de société et les ques­tions économiques… en essayant de sor­tir de cet unanimisme ».

Si la chroniqueuse affirme que nous « nous trou­vons dans une péri­ode qui devrait être un tri­om­phe démoc­ra­tique, il n’y a jamais eu autant d’or­ganes d’in­for­ma­tions et de lib­ertés », sur le ter­rain du réel, c’est tout le con­traire. « Nous sommes dans une époque de manip­u­la­tion des mots, de trans­for­ma­tion des vérités, où l’on ne débat pas avec celui qui pense dif­férem­ment mais où on l’os­tracise », con­state-t-elle.

Out­re sa prési­dente, le Comité Orwell compte par­mi ses mem­bres fon­da­teurs d’autres per­son­nal­ités, comme l’é­con­o­miste Jean-Michel Qua­tre­point. Il a été lancé à l’ini­tia­tive d’Alexandre Devec­chio, jour­nal­iste pour les pages « Débats et Opin­ions » du Figaro et respon­s­able du site FigaroVox.

Quelles seront les mis­sions con­crètes de ce col­lec­tif ? Sur Atlanti­co, Polony explique sa volon­té « d’intervenir dans chaque débat d’idées où il nous sem­blera que l’on retombe dans ce tra­vers de l’ostracisation ». Il sera égale­ment ques­tion de « met­tre en avant des penseurs qui d’après nous ne sont pas assez enten­dus sur cer­tains sujets », ou encore « met­tre en place, par des tri­bunes, des con­férences ou des col­lo­ques, une réflex­ion » hétéro­doxe (Le Figaro).

En résumé, « faire en sorte de nour­rir le débat d’idées en France » afin de ressus­citer le plu­ral­isme et, surtout, de « redonner con­fi­ance aux gens dans la pro­fes­sion jour­nal­is­tique ». Un tra­vail her­culéen, sans doute, mais ô com­bi­en nécessaire.

Voir notre portrait de Natacha Polony

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