Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Un jour en France avec Marianne, un exemple de vrai journalisme. Première partie

27 août 2019

Temps de lecture : 3 minutes
Accueil | Veille médias | Un jour en France avec Marianne, un exemple de vrai journalisme. Première partie

Un jour en France avec Marianne, un exemple de vrai journalisme. Première partie

La critique des médias remarque souvent combien nombre d’entre eux pratiquent la propagande pro sociétés multiculturelles. Ce n’est pas tout : la lecture de la presse quotidienne et hebdomadaire française donne de plus en plus le drôle de sentiment de ne plus parler de la France. Un premier exemple avec Marianne.

Dans son édi­tion du 23 au 29 août 2019, l’hebdomadaire Mar­i­anne, rede­venu ce qu’il fut depuis l’arrivée de Nat­acha Polony, donne à lire un intéres­sant arti­cle sur un mal­heureux fait divers qui fit le tour du monde en juil­let dernier : l’assassinat d’un serveur de kebab de Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis, départe­ment dont il est main­tenant lois­i­ble de se deman­der de quel pays il ressort. Le jeune homme a été abat­tu avec une arme à feu par un client qui jugeait que son sand­wich met­tait trop de temps à être pré­paré.

L’action n’est pas celle d’un film mais la tra­duc­tion con­crète de la vio­lence qui règne au quo­ti­di­en dans une France où les pop­u­la­tions de cul­ture européenne sont par­fois dev­enues minori­taires (c’est le cas, et de loin, dans le 93) et où les pra­tiques de socia­bil­ité sont main­tenant celles de pays dits en « voie de développe­ment », pra­tiques qui tien­nent de la magouille, du délit ou du grand ban­ditisme conçu comme mode de vie.

Le fait divers tel qu’il est rap­porté par Mar­i­anne est « intéres­sant » en terme d’analyse des médias car l’hebdomadaire fait ressor­tir des réal­ités que plus per­son­ne ne peut mas­quer, mal­gré la volon­té qu’ont les class­es poli­tiques et médi­a­tiques offi­cielles de le faire :

  • Mar­i­anne résume les faits de manière claire et sans tabou : il n’y a pas de bagar­res entre « jeunes » et autres façons de mas­quer la réal­ité mais bien un chef de gang immi­gré, le « caïd » de la cité qui tue un serveur immi­gré car il ne le sert pas assez vite. Le patron du kebab avait prévenu son employé : en gros, tu le sers vite et il paie si il veut. Il n’y a pas non plus de « pop­u­la­tion » mais des Arabes et des Africains, majori­taire­ment musul­mans.
  • Si la réal­ité appa­raît telle qu’elle est dans Mar­i­anne, c’est parce que l’hebdomadaire indique les prénoms et noms de cha­cun des pro­tag­o­nistes. Une sim­ple ques­tion de bon sens.
  • Résul­tat ? Le « jeune » assas­s­iné se prénomme Farès et est tunisien, comme son patron. Les témoins inter­rogés sont tunisiens eux-aus­si, par­ti­tion et com­mu­nau­tari­sa­tion de la société française l’expliquant aisé­ment. La cité qui se trou­ve en face du kebab ? Elle est peu­plée de 900 habi­tants « prin­ci­pale­ment d’origine africaine ». En face du kebab, il y a aus­si un marc­hand de jour­naux dont le prénom est Daoud, Irakien. D’après les témoins, le caïd qui a tué Farès avec une arme dont on peut légitime­ment se deman­der pourquoi elle est en cir­cu­la­tion et com­ment elle est entrée sur le ter­ri­toire nation­al, est un « Malien » vis­i­ble­ment assez inséré et assim­ilé pour pass­er « ses journées, avec son vélo, sa bar­bi­chette et ses éter­nelles lunettes noires » devant le kebab. Il va chez le coif­feur sans pay­er et rack­ette les chi­nois. Cette por­tion de la France lui appar­tient. Il l’a colonisée. Il gère le traf­ic de drogue, entre autres. Il a tué Farès unique­ment pour mon­tr­er « qui est le chef ». Où est passé l’assassin ? La police n’est pas par­v­enue à met­tre la main dessus. « Il se cache », dit-on, « ou bien il est par­ti loin ». Au Mali, s’acheter une mai­son et vivre comme un nabab en con­tin­u­ant à percevoir les aides sociales ? Notons que la maire de la ville a appelé à « éviter les amal­games », sur les réseaux soci­aux.

Avec ce traite­ment d’un tel exem­ple, Mar­i­anne mérite les remer­ciements de tous ses lecteurs mais aus­si de quiconque appré­cie la presse : le traite­ment des faits n’est pas biaisé, et sans aucun doute une général­i­sa­tion de ce traite­ment hon­nête des faits per­me­t­trait-il de ren­dre mieux compte de la réal­ité, et donc de pren­dre de vraies mesures poli­tiques.

Du coup, une ques­tion qui devrait être évi­dente se pose : l’ethnicisation de la France ne serait-elle pas la rai­son pre­mière de ce fait divers ? Au fond, quoi de français ou d’européen dans ce qui a eu lieu : pas la pop­u­la­tion, pas le restau­rant, pas les témoins, pas le tueur, pas la vic­time. Une affaire entre eth­nies africaines. Sauf que cela ne se déroule pas en Afrique.

Sur le même sujet

Related Posts

None found

Téléchargement

Poubelle la vie :
un dossier exclusif

Cela dure depuis quinze ans et diffuse chaque soir tous les stéréotypes « progressistes » les plus éculés...
Après le dossier Yann Barthes, voici un dossier exclusif sur la série Plus belle la vie alias “Poubelle la vie”, machine de guerre idéologique du monde libéral libertaire.
Pour le recevoir rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66 %).

Derniers portraits ajoutés

Ali Baddou

PORTRAIT — Ali Bad­dou n’est pas seule­ment présen­ta­teur-jour­nal­iste et pro­fesseur de philoso­phie poli­tique à Sci­ences-Po. Ce mem­bre de l’hyperclasse mon­di­ale est avant tout au cœur des réseaux de pou­voir maro­cains, français (mit­ter­ran­di­ens et social­istes) et médi­a­tiques.

Johan Hufnagel

PORTRAIT — Bien qu’il n’ait, pour un jour­nal­iste, pas écrit grand chose, Johan Huf­nagel n’en est pas moins par­venu à se hiss­er aux postes clés des médias où il a posé ses valis­es. Il n’y a là rien d’é­ton­nant : son secteur d’ac­tiv­ité n’est ni l’in­ves­ti­ga­tion, ni même la sim­ple rédac­tion, mais le numérique.

Laure Daussy

PORTRAIT — Lau­re Daussy, jour­nal­iste chez Arrêt sur images traque, tou­jours avec pugnac­ité et par­fois sec­tarisme, ce qu’elle con­sid­ère de façon axioma­tique comme des préjugés sex­istes, misog­y­nes, homo­phobes ou racistes dans les représen­ta­tions médi­a­tiques.

Jonathan Bouchet-Petersen

PORTRAIT — L’entourage pro­fes­sion­nel et famil­ial de Jonathan Bouchet-Petersen est mar­qué par ses liens avec le Par­ti social­iste et ses dirigeants : les réseaux strauss-kah­niens ou de Ségolène Roy­al, la Fon­da­tion Jean Jau­rès, l’agence de com­mu­ni­ca­tion Havas World­wide de Stéphane Fouks, la Netscouade, Medi­a­part…

Pascale Clark

PORTRAIT — Pas­cale Clark est jour­nal­iste sur France Inter où elle se fait par­ti­c­ulière­ment remar­quer pour sa morgue, son mépris et son par­ti pris face aux per­son­nal­ités poli­tiques de droite.

"Le partage, c'est le secret du bonheur."

Sylvain Augier, reporter, animateur de radio et de télévision