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La une de Minute enflamme la classe politique et les associations antiracistes

13 novembre 2013

Temps de lecture : 3 minutes
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La une de Minute enflamme la classe politique et les associations antiracistes

Décidément, le titre très provoc’ de Minute de mercredi (« Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane ») ne passe pas, alors que l’article en question n’a rien d’un brûlot raciste mais souligne plutôt (et vérifie !) la capacité de la ministre de la Justice à se victimiser.

La une de Minute enflamme la classe politique et les associations antiracistes

La une de Minute enflamme la classe poli­tique et les asso­ci­a­tions antiracistes

Mar­di soir, Jean-Marc Ayrault a saisi le pro­cureur de la République de Paris « en appli­ca­tion de l’ar­ti­cle 40 du Code de procé­dure pénale » afin « de porter ces faits sus­cep­ti­bles de con­stituer l’in­frac­tion d’in­jure publique à car­ac­tère racial », explique Matignon dans un communiqué.

De son côté, Manuel Valls a jugé la une de Minute « révoltante » et « même insup­port­able », notam­ment par « l’aspect révul­sif que cela provoque ». « Nous devons étudi­er dans les heures qui vien­nent les moyens que nous pou­vons pren­dre con­tre la dif­fu­sion de son jour­nal », a con­tin­ué le min­istre de l’Intérieur.

Chris­tiane Taubi­ra elle-même refuse de s’ex­primer sur la cou­ver­ture car ce serait « faire aug­menter les ventes de l’heb­do­madaire de 10% », explique son entourage au Lab d’Europe 1.

Du côté des social­istes, c’est la surenchère, notam­ment sur les réseaux soci­aux : la séna­trice PS de Paris Marie-Noëlle Liene­mann souhaite même une « grande man­i­fes­ta­tion » mobil­isant « tous les répub­li­cains » con­tre le racisme. Elle pré­conise égale­ment d’ « aller devant les tri­bunaux » con­tre Minute.

Sur Twit­ter, Harlem Désir se dit « révolté par l’ig­no­ble une de Minute sur Taubi­ra. Ça suf­fit le racisme et l’ex­trémisme ! Ce numéro doit être saisi. Répub­li­cains debout ! »

Jean-Luc Mélen­chon va même été plus loin et pré­conise l’in­terne­ment ou la prison, cela manque de clarté, pour les mem­bres de la rédac­tion de l’heb­do­madaire : « Pas une #Minute à per­dre. Les nazes en cage. »

L’humour vachard et la satire sont-ils désormais réservés au seul Charlie-Hebdo et à l’extrême-gauche ?

L’humour vachard et la satire sont-ils désor­mais réservés au seul Char­lie-Heb­do et à l’extrême-gauche ?

À droite aus­si, de Jean-Christophe Lagarde à Eric Ciot­ti, la dés­ap­pro­ba­tion est totale. Sur Twit­ter, Marine Le Pen se dit même « heureuse de (se) faire cracher dessus chaque semaine par Minute quand je vois ce que c’est devenu. »

Même ambiance côté asso­ci­a­tions : Jonathan Hay­oun, le prési­dent de l’UE­JF, exige « la pénal­i­sa­tion de cette pub­li­ca­tion » tan­dis que SOS Racisme, après « réu­nion de sa com­mis­sion juridique », a annon­cé par sa prési­dente Cindy qu’elle allait dépos­er « plainte pour inci­ta­tion à la haine raciale ».

Le site de Minute a été piraté, affirme le jour­nal, qui redirige les vis­i­teurs vers une page où ils peu­vent se pro­cur­er le fameux numéro. Le men­su­el promet­tait lun­di matin un bon­net rouge made in France d’une valeur de 49 euros pour tout abon­nement. Mais son four­nisseur, la Cie Van­tis, refuse d’honor­er les com­man­des — 30 bon­nets rien que lun­di. Son fon­da­teur, un cer­tain Fares Hami­da, explique à Rue89 : « Vu d’où je viens, je suis obligé de refuser la commande. »

La cou­ver­ture de Minute ayant sus­cité une forte « envie de pénal », une ques­tion de fond se pose : l’humour vachard et la satire sont-ils désor­mais réservés au seul Char­lie-Heb­do et à l’extrême-gauche ?

Crédit pho­to : mrs­mar­shah via SXC

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