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La France perd 7 places au classement de Reporters sans frontières

22 avril 2016

Temps de lecture : 2 minutes

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La France perd 7 places au classement de Reporters sans frontières

22 avril 2016

Comme chaque année, RSF publie son classement annuel de la liberté de la presse dans le monde.

Et comme chaque année, la sit­u­a­tion s’est dégradée à peu près partout, par­ti­c­ulière­ment sur le con­ti­nent améri­cain. « Tous les indi­ca­teurs du classe­ment témoignent d’une dégra­da­tion. De nom­breuses autorités publiques essaient de repren­dre le con­trôle de leurs pays, craig­nant de trop grandes ouver­tures du débat pub­lic », explique Christophe Deloire, secré­taire général de l’organisation.

Pour lui, aujour­d’hui, « il est de plus en plus facile pour tous les pou­voirs de s’adress­er directe­ment au pub­lic grâce aux nou­velles tech­nolo­gies, et donc il y a une vio­lence plus grande con­tre tous ceux qui représen­tent l’in­for­ma­tion indépen­dante ». Il s’ag­it d’une « nou­velle ère de la pro­pa­gande » per­mise grâce à l’évo­lu­tion des moyens de communication.

Pre­mier con­stat : pour la pre­mière fois, le con­ti­nent améri­cain est passé der­rière l’Afrique à cause notam­ment d’assassinats de jour­nal­istes en Amérique Cen­trale. En Amérique latine, ce sont « la vio­lence insti­tu­tion­nelle (au Venezuela, 139e ou en Equa­teur, 109e), celle du crime organ­isé (comme au Hon­duras, 137e), l’im­punité (comme en Colom­bie, 134e), la cor­rup­tion (comme au Brésil, 104e), la con­cen­tra­tion des médias (comme en Argen­tine, 54e) » qui « con­stituent les prin­ci­paux obsta­cles à la lib­erté de la presse ». Au Nord, les États-Unis sont mon­trés du doigt pour les dérives de la cyber-sur­veil­lance, et le Cana­da a per­du 10 places.

L’Afrique reste néan­moins, avec le Moyen-Ori­ent, la zone du monde où les jour­nal­istes sont « les plus soumis à des con­traintes de toutes sortes », con­state RSF. Et d’a­jouter que, dans cer­tains pays en crise, comme l’I­rak (158e), la Libye (164e) et le Yémen (170e), « exercer le jour­nal­isme relève de la bravoure ». L’Éry­thrée con­serve la dernière place du classe­ment (180e), suiv­ie par la Corée du Nord, le Turk­ménistan, la Chine et la Syrie. En haut du classe­ment, la Fin­lande con­serve sa pre­mière place pour la six­ième année con­séc­u­tive, suiv­ie par les Pays-Bas et la Norvège.

Si l’Eu­rope reste la zone où les jour­nal­istes sont le moins inquiétés, son mod­èle s’affaiblit à cause de plusieurs fac­teurs : « détourne­ment du con­tre-espi­onnage et de la lutte con­tre le ter­ror­isme, adop­tion de lois per­me­t­tant une sur­veil­lance à grande échelle, aug­men­ta­tion des con­flits d’in­térêts, main­mise de plus en plus grande des autorités sur les médias publics et par­fois privés, le con­ti­nent ne s’il­lus­tre pas par une tra­jec­toire positive ».

Enfin, la France perd 7 places et se retrou­ve 45e. Dans son rap­port, RSF déplore qu’« une poignée d’hommes d’af­faires ayant des intérêts extérieurs au champ des médias finis­sent par pos­séder la grande majorité des médias privés à voca­tion nationale ». En effet, d’ores et déjà, les plus gros médias français sont partagés entre quelques acteurs, de Patrick Drahi à Matthieu Pigasse en pas­sant par Bol­loré, Xaviel Niel ou encore Lagardère…

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