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Le porno, premier média de France chez les jeunes ?

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5 juin 2023

Temps de lecture : 3 minutes
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Le porno, premier média de France chez les jeunes ?

Temps de lecture : 3 minutes

Une étude de l’ARCOM pointe du doigt l’hyperconsommation de contenus pornographiques chez le public mineur. Chaque mois, ils seraient 2,3 millions à se rendre sur des sites dits pour « adultes ».

30 % des moins de 18 ans se ren­dent sur des sites pornographiques. L’Autorité de régu­la­tion de la com­mu­ni­ca­tion audio­vi­suelle et numérique tire la son­nette d’alarme. La ten­dance chez les jeunes suit celle de l’ensemble de la toile car un tiers des inter­nautes se serait ren­du égale­ment sur de tels sites.

Une augmentation au cours des cinq dernières années

L’étude pub­liée le 25 mai dernier se base sur les mesures d’audiences inter­net de Médi­amétrie. Il est fait état d’une aug­men­ta­tion de 9 points en cinq ans sur le vision­nage de con­tenus pornographique (28 % fin 2022 con­tre 19 % en 2017).

Quant à la moyenne de fréquen­ta­tion, elle est aus­si en hausse avec le nom­bre de mineurs vis­i­tant chaque mois de tels con­tenus en hausse de 36 % soit 600 000 jeunes en plus pour un total de 2,2 mil­lions en moyenne. Il faut donc com­pren­dre ici que la part de jeunes regar­dant du porno est gran­dis­sante et que cette aug­men­ta­tion s’est accom­pa­g­née d’une fréquen­ta­tion assidue d’une par­tie impor­tante de ce public.

En moyenne, 36 % des inter­nautes se sont ren­dus au moins une fois pour un site adulte chaque mois en 2022 avec un taux à 30 % chez les moins de 18 ans et de 37 % chez les majeurs.

Plus éton­nant encore, 10 % du total des inter­nautes en France fréquenteraient quo­ti­di­en­nement ces sites.

Les smartphones, principal vecteur de visionnage

Pour trois mineurs sur qua­tre, le mobile est le seul out­il de con­som­ma­tion de porno. La hausse du vision­nage des con­tenus « adultes » sem­ble ain­si directe­ment liée à l’explosion de l’usage des smart­phones. En 2022, plus de la moitié des enfants de 7 à 14 ans pos­sé­daient un smart­phone, une ten­dance qui ne devrait pas changer.

Côté répar­ti­tion sex­uée, les garçons sont les pre­miers con­som­ma­teurs. La prési­dente du groupe de tra­vail de l’AR­COM sur la pro­tec­tion des publics l’AFP Lau­rence Pécaut-Riv­o­li­er indi­quait auprès de l’AFP « 51% des garçons de 12–13 ans qui regar­dent des sites pornographiques chaque mois » et « 21% des garçons de 10–11 ans ». A par­tir de 12 ans, la moitié des garçons con­sulte des sites pornographiques en moyenne chaque mois.

La plate­forme pornographique la plus fréquen­tée par les jeunes est le site Porn­hub. Celui-ci est con­sulté par 18 % de mineurs. Il est détenu par la société MindGeek basée au Lux­em­bourg et dirigée par l’homme d’affaire alle­mand Fabi­an Thyl­man. MindGeek est un mastodonte du porno et com­prend d’autres sites très fréquen­tés comme Youporn mais aus­si des sociétés de production.

L’ARCOM relève en out­re le faible nom­bre de site fréquen­tés par les mineurs. Cinq sites con­cen­tr­eraient 59 % du temps passé sur ces contenus.

Quelle marge de manœuvre ?

Fin 2021 et en avril 2023, l’ARCOM a ain­si mis en demeure dix sites pornographiques de met­tre en œuvre des mesures con­crètes pour d’empêcher l’accès aux mineurs.

Face à cette ques­tion s’apparentant à un prob­lème de san­té publique impli­quant la notion d’addiction, le gou­verne­ment sou­tient l’Autorité admin­is­tra­tive indépen­dante et dit envis­ager de blo­quer leur accès aux mineurs. Une démarche juridique­ment fais­able mais tech­nique­ment com­plexe. L’ARCOM est habil­itée à faire respecter l’interdiction de l’accès des mineurs aux sites pornographiques mais devra faire face à des puis­sances finan­cières fortes et à une capac­ité de con­tourne­ment des con­som­ma­teurs les plus jeunes (VPN, usage d’appareils achetés sans carte d’identité…)

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