Accueil E Veille médias E ÉTUDE INÉDITE. Pluralisme dans l’audiovisuel : comment l’Arcom a fermé les yeux sur LCI et France Info

ÉTUDE INÉDITE. Pluralisme dans l’audiovisuel : comment l’Arcom a fermé les yeux sur LCI et France Info

2 juillet 2026 | Temps de lecture : 13 minutes

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Alors que l’Arcom vient de met­tre en demeure CNews au nom du plu­ral­isme, mais en ayant exam­iné que cette chaîne, l’OJIM pub­lie une con­tre-étude inédite. En analysant sur la même péri­ode (mars 2025) le traite­ment de l’actualité inter­na­tionale sur France Info et LCI, notre enquête révèle des déséquili­bres man­i­festes : bien sûr, l’omniprésence de la guerre en Ukraine, mais surtout une forte con­ver­gence en faveur de Kiev et d’un réarme­ment européen, avec l’absence qua­si totale de voix con­tes­tant le nar­ratif dom­i­nant. Preuve que le gen­darme de l’audiovisuel sem­ble appli­quer des critères très sélectifs.

C’est une annonce qui a fait l’effet d’une bombe dans le monde de l’audiovisuel français. Le 15 juin dernier, l’Arcom a annon­cé offi­cielle­ment met­tre en demeure CNews « au nom du respect du plu­ral­isme des courants de pen­sée et d’opinion ». Une déci­sion inédite qui a immé­di­ate­ment provo­qué une lev­ée de boucliers chez les défenseurs de la lib­erté d’expression.

Dans la foulée de cette annonce pour­tant, Reporters sans fron­tières (RSF) s’est félic­ité dans ses colonnes d’une déci­sion qui sif­fle « la fin de la récréa­tion pour CNews ». Et pour cause : l’organisation ayant saisi le gen­darme de l’audiovisuel, elle a été directe­ment impliquée dans sa décision.

Le 26 novem­bre 2025, dans un arti­cle inti­t­ulé « Plu­ral­isme en France : sur CNews, le grand con­tourne­ment », RSF a en effet dénon­cé les « déséquili­bres man­i­festes » de la chaîne privée après avoir passé au peigne fin « les pro­grammes et émis­sions des chaînes d’information en con­tinu, au cours du mois de mars 2025 ». Le tout en fer­mant (con­sid­érable­ment) les yeux sur les autres chaînes d’info. Ce que n’a pas pris soin de rec­ti­fi­er l’Arcom qui s’est pour­tant appuyée sur l’étude de RSF pour met­tre en demeure CNews.

France Info, LCI : un pluralisme largement contestable

À l’OJIM, par devoir d’équité, de trans­parence et d’honnêteté, nous avons donc, à notre tour, passé au peigne fin, durant plusieurs semaines, LCI et France Info. Notre analyse porte aus­si sur la péri­ode de mars 2025, la même péri­ode que celle analysée par RSF.

Le con­stat est sans appel : le plu­ral­isme de France Info et LCI est large­ment con­testable en matière de traite­ment de l’information. Décou­vrez notre étude inédite avec ce pre­mier volet qui analyse en détails la manière dont l’actualité inter­na­tionale est traitée par ces chaînes.

Nathalie Loiseau-Guillaume Ancel-Patricia Allimonière en mars 2025 sur France Info

Nathalie Loiseau, Guil­laume Ancel et Patri­cia Allimonière en mars 2025 sur France Info

FRANCE INFO

Quatre thèmes récurrents sur France Info

Déjà passée au crible en févri­er 2026 par L’In­sti­tut Thomas More — selon lequel la majorité des émis­sions de la chaîne « s’inscrivent dans une grille inter­pré­ta­tive de gauche, prin­ci­pale­ment sur les sujets socié­taux et poli­tiques » — France Info se révèle égale­ment par­ti­sane dans son traite­ment de l’actualité internationale.

Une con­clu­sion que nous sommes en mesure de con­firmer : l’OJIM a analysé les prin­ci­pales émis­sions d’in­for­ma­tion et de débat dif­fusées quo­ti­di­en­nement sur France Info : La Mati­nale (6h30-8h30) ; L’invité poli­tique (7h50) ; Le 8h30 Fran­ce­In­fo ; Les Infor­més (9h00) ; La poli­tique s’é­claire (9h30) ; Le 10/13 et Les Infor­més du soir (20h00-21h00). Un choix qui ne doit rien au hasard puisque ces émis­sions représen­tent l’essen­tiel du traite­ment poli­tique et inter­na­tion­al de la chaîne sur la péri­ode étudiée.

Au terme de 135 heures d’écoute, plusieurs enseigne­ments sont à tir­er. Pre­mier con­stat : il ressort des émis­sions vision­nées que qua­tre thèmes struc­turent très large­ment le traite­ment de l’ac­tu­al­ité inter­na­tionale sur France Info.

Au cours du mois de mars 2025, c’est ain­si la guerre en Ukraine qui a con­sti­tué le prin­ci­pal sujet à l’antenne (et pas seule­ment dans la caté­gorie « inter­na­tionale »). Arrivent ensuite : le réarme­ment européen et la défense européenne, les États-Unis et Don­ald Trump, le rôle de la France et d’Em­manuel Macron.

La guerre en Ukraine, un thème abordé quotidiennement

Dans le détail, les séquences con­cer­nant la guerre en Ukraine (abor­dée quo­ti­di­en­nement ou qua­si quo­ti­di­en­nement) por­tent sur : les com­bats, les négo­ci­a­tions de cessez-le-feu, les rela­tions entre Don­ald Trump, Vladimir Pou­tine et Volodymyr Zelen­sky, les sanc­tions con­tre la Russie et l’aide mil­i­taire occidentale.

Celles sur le réarme­ment européen por­tent, sans grande sur­prise, sur : le réarme­ment des États européens, l’autonomie stratégique de l’U­nion européenne, la coali­tion des volon­taires, les garanties de sécu­rité et les capac­ités mil­i­taires européennes.

Les émis­sions sur les États-Unis et Don­ald Trump abor­dent quant à elle fréquem­ment : la poli­tique améri­caine vis-à-vis de l’Ukraine, les négo­ci­a­tions avec la Russie, les rela­tions entre Don­ald Trump et Vladimir Pou­tine et leurs con­séquences pour l’Europe.

Enfin, les séquences por­tant sur le rôle de la France et d’Emmanuel Macron trait­ent essen­tielle­ment : des ini­tia­tives diplo­ma­tiques français­es, des con­férences inter­na­tionales organ­isées à Paris, des annonces d’aide mil­i­taire et du rôle de la France au sein de la coali­tion européenne.

Un impératif jour­nal­is­tique bien sûr : mars 2025 mar­quait en effet un tour­nant diplo­ma­tique, l’élection de Don­ald Trump ayant abouti à les prémiss­es de négo­ci­a­tions sous égide améri­caine, en dépit d’une méfi­ance forte côté ukrainien et européen. La Russie de son côté main­te­nait ses exi­gences « maximalistes ».

Davantage d’opinions que d’informations brutes

Cette pho­togra­phie assez pré­cise des sujets abor­dés sur France Info cachent en réal­ité un autre enseigne­ment fon­da­men­tal qui sem­ble pour­tant avoir échap­pé à l’Arcom : la manière con­crète dont est traitée l’information.

Il ressort en effet de notre analyse que le traite­ment des prin­ci­paux thèmes relevés plus haut repose large­ment sur l’or­gan­i­sa­tion de débats réu­nis­sant jour­nal­istes, experts, respon­s­ables poli­tiques et spé­cial­istes des rela­tions internationales.

Autrement dit : les faits d’actualité (ou l’information « brute » à pro­pre­ment par­ler) sont générale­ment présen­tés de manière suc­cincte avant de don­ner lieu à des échanges con­sacrés à leur analyse et à leur inter­pré­ta­tion. La com­préhen­sion des événe­ments repose ain­si large­ment sur les com­men­taires dévelop­pés par « les experts » en plateau.

Des profils variés… mais un petit noyau d’intervenants réguliers

Si France Info offre une palette assez large de pro­fils invités à l’antenne (respon­s­ables poli­tiques, diplo­mates, anciens ambas­sadeurs, officiers généraux, spé­cial­istes des ques­tions mil­i­taires, jour­nal­istes spé­cial­isés, uni­ver­si­taires, géopoli­to­logues, chercheurs et cor­re­spon­dants étrangers), notre analyse fait appa­raître, en réal­ité, la présence régulière d’un noy­au d’in­ter­venants revenant à plusieurs repris­es au cours du mois.

Les prin­ci­paux inter­venants récur­rents de France Info en mars 2025 (dans les séquences analysées) sont ain­si le jour­nal­iste François Beaudon­net (invité six fois) et la grand reporter Patri­cia Allé­monière (invitée cinq fois).

Arrivent ensuite les per­son­nal­ités suivantes :

Sur France Info, la com­préhen­sion des événe­ments sus-men­tion­née repose ain­si large­ment sur les com­men­taires dévelop­pés par « des experts » dont la ligne idéologique est en réal­ité claire­ment ori­en­tée.

Une diversité des intervenants qui ne se traduit pas nécessairement par une diversité des points de vue

D’ailleurs, l’analyse séquence par séquence des inter­ven­tions con­sacrées aux qua­tre prin­ci­paux thèmes con­duit à con­stater une con­ver­gence impor­tante des analy­ses dévelop­pées sur les plateaux de France Info et ce mal­gré le nom­bre impor­tant d’intervenants invités sur la chaîne. En clair : qu’importe les pro­fils var­iés nom­breux, impos­si­ble d’évoquer « une plu­ral­ité effec­tive » des opin­ions exprimées à l’antenne.

Les posi­tions favor­ables au sou­tien mil­i­taire et poli­tique de l’Ukraine, au ren­force­ment de la défense européenne et cri­tiques à l’é­gard de la Russie sont très large­ment majori­taires. Les appré­ci­a­tions portées sur Don­ald Trump sont égale­ment, dans de nom­breuses séquences, présen­tées sous un angle cri­tique, notam­ment lorsqu’est évo­quée « sa stratégie de négo­ci­a­tion » avec Vladimir Poutine.

Les diver­gences observées por­tent quant à elles prin­ci­pale­ment sur les modal­ités d’ap­pli­ca­tion de ces ori­en­ta­tions et non sur leurs principes.

Notons par ailleurs qu’il n’ap­pa­raît en revanche pas d’intervenants, au cours de la péri­ode étudiée, venant défendre ou expos­er de manière struc­turée des posi­tions cri­tiques de celle des autorités ukraini­ennes, ni con­tes­tant de manière argu­men­tée les prin­ci­paux pos­tu­lats dévelop­pés sur les plateaux.

Pour résumer, notre analyse des émis­sions sus­men­tion­nées et dif­fusées entre le 1ᵉʳ et le 31 mars 2025 sur France Info fait appa­raître que :- Le traite­ment de l’ac­tu­al­ité inter­na­tionale sur France Info est prin­ci­pale­ment struc­turé autour de qua­tre thèmes récur­rents : la guerre en Ukraine, le réarme­ment européen, le rôle des États-Unis et la poli­tique française en matière de sécu­rité et de défense.

- Les émis­sions étudiées réu­nis­sent des inter­venants aux pro­fils var­iés et issus d’hori­zons pro­fes­sion­nels diver­si­fiés. Cette diver­sité soci­ologique ne se traduit pas, en revanche, néces­saire­ment par « une plu­ral­ité effec­tive » des points de vue exprimés sur les prin­ci­paux sujets abordés.

- L’ex­a­m­en des séquences con­sacrées à la guerre en Ukraine met en évi­dence une forte con­ver­gence des analy­ses dévelop­pées en faveur du sou­tien poli­tique et mil­i­taire à l’Ukraine, du ren­force­ment de la défense européenne et d’une appré­ci­a­tion cri­tique de la poli­tique con­duite par les autorités russes.

- Au cours de la péri­ode étudiée, il n’ap­pa­raît pas que les plateaux aient accueil­li des inter­venants venant défendre ou expos­er de manière argu­men­tée les posi­tions des autorités russ­es, ni des analy­ses con­tes­tant de façon struc­turée les prin­ci­paux cadres d’in­ter­pré­ta­tion retenus par la majorité des participants.

- Les éventuelles nuances observées por­tent prin­ci­pale­ment sur les modal­ités d’ac­tion ou les per­spec­tives d’évo­lu­tion du con­flit, sans remet­tre en cause les ori­en­ta­tions générales exprimées.

Notre analyse con­duit donc à con­stater que, mal­gré une diver­sité impor­tante des pro­fils invités, les prin­ci­paux thèmes relat­ifs à la guerre en Ukraine don­nent lieu à l’ex­pres­sion d’analy­ses large­ment con­ver­gentes, ce qui inter­roge évidem­ment la diver­sité effec­tive des points de vue présen­tés au pub­lic sur ce sujet.

Le colonel Michel Goya, le général Michel Yakovleff (2S), Alla Poedie et Sergei Jirnov en mars 2025 sur LCI

Le général Michel Yakovl­eff (2S), le colonel Michel Goya, Alla Poedie et Sergei Jirnov en mars 2025 sur LCI

LCI

S’il existe donc bien des déséquili­bres man­i­festes sur France Info, notam­ment dans son traite­ment de l’actualité inter­na­tionale, qu’en est-il de LCI, autre chaîne d’info passée sous les radars de l’Arcom ?

L’Ukraine comme sujet « principal »

Là encore, l’OJIM s’est con­cen­tré, à l’instar de RSF pour CNews, sur la péri­ode du 1er au 30 mars 2025. Pour notre étude, nous nous sommes cette fois-ci con­cen­trés sur la tranche horaire de 20h à minu­it, soit un total de 120 heures d’écoute.

Pre­mier point à soulign­er : tout comme pour France Info et CNews, la guerre en Ukraine a con­sti­tué en mars 2025 le sujet prin­ci­pal de LCI. La chaîne y a con­sacré plus de 43 % de sa pro­gram­ma­tion d’information, soit l’équivalent d’une semaine entière d’antenne.

Notons que sur les trente jours du mois de mars, le sujet était d’ailleurs présent quo­ti­di­en­nement, par­fois durant plusieurs heures con­séc­u­tives. Une récur­rence liée à l’actualité qui con­tribue ain­si à faire de la guerre en Ukraine l’un des prin­ci­paux prismes de lec­ture de l’ac­tu­al­ité inter­na­tionale.

L’ex­a­m­en des émis­sions recen­sées mon­tre en out­re, qu’en plus de la guerre en Ukraine, les États-Unis et les pays européens ain­si que les ques­tions de défense ont occupé une place par­ti­c­ulière­ment impor­tante dans la pro­gram­ma­tion étudiée.

Une place importante pour les « experts »

A l’instar de France Info, notre étude révèle que le traite­ment de la guerre en Ukraine repose majori­taire­ment sur des échanges en plateau entre ani­ma­teurs, chroniqueurs et invités.

Tout comme sur la chaîne de ser­vice pub­lic, les faits d’ac­tu­al­ité sont générale­ment rap­pelés de manière suc­cincte avant de don­ner lieu à de longues séquences de com­men­taires et d’analyse. La présen­ta­tion des événe­ments appa­raît ain­si dépen­dante de l’interprétation qu’en font les inter­venants présents à l’an­tenne. En clair : biaisée.

Cette organ­i­sa­tion édi­to­ri­ale — con­férant une place impor­tante aux experts récur­rents — a ceci pour con­séquence : leurs analy­ses jouent un rôle majeur dans la con­struc­tion de la com­préhen­sion du con­flit pro­posée au public.

Une tendance pro-Ukraine

Or, si notre analyse met en évi­dence la présence de pro­fils var­iés (mil­i­taires et anciens officiers généraux, diplo­mates, jour­nal­istes spé­cial­isés, uni­ver­si­taires, experts en géopoli­tique, respon­s­ables poli­tiques…), il faut soulign­er, une fois encore, la présence régulière d’un groupe rel­a­tive­ment restreint d’intervenants à l’antenne.

Par­mi les inter­venants les plus réguliers, notons la présence récur­rente du mil­i­taire et his­to­rien par­ti­san de l’Ukraine Michel Goya (17 fois), du général anti-russe Nico­las Richoux (17 fois), de l’avocate ukraini­enne (qui com­para­it les Russ­es à des « cafards ») Alla Poedie (neuf fois, ayant depuis dis­paru de la chaîne) ou encore de l’auteur russe Ser­gueï Jirnov (9 fois), farouche­ment opposé à Vladimir Pou­tine. Rares sont les invités plus nuancés comme le jour­nal­iste du Figaro Renaud Girard.

Si les inter­venants provi­en­nent donc d’horizons pro­fes­sion­nels dif­férents, il ressort du cor­pus qu’ils parta­gent fréquem­ment plusieurs diag­nos­tics fondamentaux.

Une convergence notable des diagnostics

Autre con­stat : les débats appa­rais­sent (une fois encore) sou­vent struc­turés autour de vari­a­tions d’un même cadre d’analyse plutôt qu’au­tour de la con­fronta­tion de visions rad­i­cale­ment opposées. Les « experts » invités livrent ain­si sou­vent des analy­ses con­ver­gentes sur les prin­ci­paux enjeux du conflit.

Les thèmes les plus régulière­ment mis en avant sont :

  • La Russie comme men­ace stratégique majeure pour l’Europe
  • La néces­sité du sou­tien à l’Ukraine
  • Le ren­force­ment des capac­ités mil­i­taires européennes
  • Les inter­ro­ga­tions sus­citées par l’évo­lu­tion de la posi­tion américaine
  • L’im­por­tance de la dis­sua­sion nucléaire française

Les diver­gences exprimées por­tent ain­si davan­tage sur les modal­ités de mise en œuvre de ces ori­en­ta­tions que sur leur principe même.

La Russie, la grand ennemi

Il est égale­ment impor­tant de soulign­er le choix par­tial des for­mu­la­tions dans les inti­t­ulés des débats ou encore les lance­ments d’émissions. Les émis­sions analysées per­me­t­tent de dégager une véri­ta­ble liste à la Prévert de for­mules con­tribuant à ori­en­ter le débat.

Par­mi celles-ci, on retrou­ve notam­ment : « men­ace russe » ; « aban­don améri­cain » ; « réarme­ment de l’Eu­rope » ; « défendre l’Ukraine » ; « Pou­tine mon­tre les mus­cles » ; « l’Eu­rope doit-elle se pré­par­er à com­bat­tre ? » ; « la Russie men­ace la France »…

La Russie appa­rait donc, sans dis­tance ni ambages, comme con­sti­tu­ant « la prin­ci­pale men­ace pour la sécu­rité européenne ». On peut soulign­er la pré­dom­i­nance d’autres pos­tu­lats récur­rents (L’Ukraine doit béné­fici­er d’un sou­tien durable ; l’Eu­rope doit accroître ses capac­ités mil­i­taires ; les hési­ta­tions améri­caines con­stituent un fac­teur de risque…) qui inter­roge franche­ment sur la pos­si­bil­ité d’évoquer, là encore, « une plu­ral­ité effec­tive » des opin­ions exprimées à l’antenne.

Pour résumer, notre analyse des émis­sions sus­men­tion­nées et dif­fusées entre le 1er et le 31 mars 2025 sur LCI fait apparaître :

- Une diver­sité de pro­fils invités à l’antenne. Toute­fois, cette diver­sité soci­ologique ne paraît pas tou­jours se traduire par l’ex­pres­sion de points de vue réelle­ment antag­o­nistes sur les prin­ci­paux enjeux de la guerre en Ukraine.

- Que les débats observés révè­lent une con­ver­gence sig­ni­fica­tive des diag­nos­tics exprimés con­cer­nant : la nature de la men­ace russe, la néces­sité du sou­tien à l’Ukraine, le ren­force­ment de la défense européenne, les con­séquences du repo­si­tion­nement américain.

Ain­si, au-delà de la plu­ral­ité des inter­venants, l’ex­a­m­en du cor­pus fait appa­raître la pré­dom­i­nance d’un cadre d’in­ter­pré­ta­tion com­mun au sein duquel s’in­scrivent la plu­part des échanges observés.

Julie Solveig

Voir aus­si : CNews mise en demeure : l’ARCOM fran­chit un cap dans le con­trôle éditorial

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