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Temps de parole : l’Arcom éteint la combine nocturne

11 juillet 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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À compter du 1er octo­bre, les inter­ven­tions poli­tiques dif­fusées entre minu­it et 5 h 59 ne seront plus pris­es en compte dans le cal­cul des temps de parole. Une évo­lu­tion qui entend rap­procher le con­trôle du plu­ral­isme de l’audience réelle des radios et télévi­sions, à quelques mois de l’élection présidentielle.

Sous le feu des cri­tiques, qui fusti­gent sa régu­la­tion à géométrie vari­able, l’Arcom lâche-t-elle du lest ?

À neuf mois de l’élection prési­den­tielle, l’Arcom mod­i­fie l’une des règles les plus dis­cutées du con­trôle du plu­ral­isme audio­vi­suel. Les radios et les chaînes de télévi­sion ne pour­ront plus utilis­er les dif­fu­sions noc­turnes pour rééquili­br­er les temps de parole des for­ma­tions poli­tiques. Une pra­tique régulière­ment dénon­cée ces dernières années, tant dans le secteur pub­lic que privé. L’autorité de régu­la­tion met ain­si fin à ce qui s’apparentait à une véri­ta­ble anom­alie en matière de plu­ral­isme, dont les médias abu­saient largement.

Une règle qui privilégie désormais l’audience réelle

« Le col­lège de l’Arcom a décidé (…) de ne plus tenir compte des pris­es de parole des per­son­nal­ités poli­tiques dif­fusées la nuit », a indiqué le régu­la­teur dans son com­mu­niqué le 9 juil­let. Con­crète­ment, la tranche com­prise entre minu­it et 5 h 59 sera exclue du décompte des temps de parole à par­tir du 1er octobre.

Jusqu’à présent, les dif­fuseurs trans­met­taient chaque mois leurs relevés à l’Ar­com, qui véri­fi­ait a pos­te­ri­ori le respect du principe d’équité entre les dif­férentes for­ma­tions poli­tiques. Rien n’in­ter­di­s­ait cepen­dant de pro­gram­mer cer­taines inter­ven­tions durant la nuit, alors même que les audi­ences y sont marginales.

Le régu­la­teur jus­ti­fie donc sa déci­sion par la volon­té de ren­dre son con­trôle « plus lis­i­ble et proche de l’é­coute effec­tive des médias audio­vi­suels ». Si les plus tatil­lons diront que la mesure n’est pas par­faite et que cer­tains horaires de dif­fu­sion sont plus avan­tageux que d’autres, il sem­ble néan­moins que la règle devrait être assez large­ment admise comme raisonnable.

Des précédents à droite… comme à gauche

La mesure inter­vient après plusieurs polémiques. En 2021, CNews avait été cri­tiquée pour avoir dif­fusé une par­tie des inter­ven­tions du gou­verne­ment et de La France insoumise en pleine nuit.

Plus récem­ment, Reporters sans fron­tières, organ­i­sa­tion mar­quée à gauche, avait estimé que la chaîne util­i­sait les horaires noc­turnes pour attribuer une part impor­tante du temps de parole de la gauche, tout en con­cen­trant les représen­tants de droite et du Rassem­ble­ment nation­al sur les tranch­es les plus exposées.

Le sujet a ressur­gi sous un autre angle en juin dernier avec Radio France. Le régu­la­teur a mis le groupe pub­lic en demeure après avoir con­staté que près de 60 % du temps de parole du RN sur France Inter et plus de 70 % sur France Info avaient été dif­fusés entre minu­it et 5 h 59. Radio France avait invo­qué une « erreur technique ».

Ces deux précé­dents mon­trent que la pra­tique dépas­sait large­ment une seule chaîne et révélait une faib­lesse de la régle­men­ta­tion elle-même.

Une clarification avant 2027

L’Ar­com pré­cise qu’elle tra­vaillera « en con­cer­ta­tion avec les édi­teurs » afin que « leur capac­ité à accueil­lir les per­son­nal­ités poli­tiques et à faire vivre le débat poli­tique ne soit pas affectée ».

Le principe d’équité demeure inchangé, seule sa méth­ode de con­trôle évolue.

Cette clar­i­fi­ca­tion devrait réduire les pos­si­bil­ités de com­penser arti­fi­cielle­ment des déséquili­bres con­statés en journée par des red­if­fu­sions con­fi­den­tielles au cœur de la nuit. Sans mod­i­fi­er les règles du plu­ral­isme, le régu­la­teur rap­pelle ain­si qu’un temps de parole n’a réelle­ment de sens que s’il cor­re­spond à un temps d’écoute.

À l’ap­proche de la cam­pagne prési­den­tielle, cette évo­lu­tion appa­raît moins comme un dur­cisse­ment que comme un retour à l’e­sprit même de la règle : mesur­er l’ex­po­si­tion réelle des respon­s­ables poli­tiques auprès du pub­lic, et non leur sim­ple présence dans les relevés sta­tis­tiques. Le plu­ral­isme ne se fera donc plus à l’heure des insomniaques.

Olivi­er Frèrejacques

Voir aus­si : Arcom : Mar­tin Ajdari assure ne pas vouloir fer­mer CNews… sans ras­sur­er totalement

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