Sonia Mabrouk chez BFMTV !

23 février 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

C’est le mer­ca­to médi­a­tique de l’hiver. Après ses pris­es de dis­tance avec la direc­tion de CNews lors de l’affaire Moran­di­ni, la jour­nal­iste vedette rejoin­dra à la ren­trée le con­cur­rent BFMTV avec des ambi­tions, pour elle-même et pour la chaîne qui rêve de repren­dre la pre­mière place à CNews.

Une ancienne complicité avec Fabien Namias

C’est Fabi­en Namias, alors directeur d’Europe 1, qui avait embauché Sonia Mabrouk en 2013. Le con­tact n’a jamais été rompu et une offre avait déjà été faite à la jour­nal­iste en 2025. Dans Le Figaro, Fabi­en Namias précise :

« Au fond, ce qui nous avait stim­ulés l’année dernière avec Jean-Philippe Baille, le directeur général délégué à l’information de RMC BFM, était resté par­faite­ment intact. Sa déci­sion, avec cette forme de panache, de courage et d’éthique per­son­nelle, n’a fait que nous con­forter dans notre démarche. Nous l’avons vue dès lun­di. Et nous lui avons pro­posé claire­ment de nous rejoindre ».

Sur BFM seulement ?

Ses nou­velles fonc­tions seront-elles lim­itées à BFMTV avec l’annonce d’un grand entre­tien et de ren­dez-vous lors des élec­tions ? Rodolphe Saadé ne pos­sède pas seule­ment BFM mais aus­si RMC, La Tri­bune du Dimanche et des moyens dig­i­taux et Fabi­en Namias ne ferme aucune porte :

« Il existe un champ des pos­si­bles con­sid­érable qu’il serait sans doute dom­mage de ne pas considérer. »

Voir aus­si : BFMTV entame une petite révo­lu­tion pour recon­quérir ses audiences

Une place à côté d’Apolline de Malherbe

Sonia Mabrouk n’aura pas voca­tion, à par­tir de la fin août 2026, à rem­plac­er Apolline de Mal­herbe, qui con­servera l’entretien poli­tique du matin. Ce que con­firme Fabi­en Namias :

« Je con­sid­ère ce recrute­ment comme un enrichisse­ment très fort pour la chaîne. Sonia Mabrouk, tout comme Apolline de Mal­herbe, sont des sig­na­tures sur lesquelles BFMTV va pou­voir s’appuyer alors que le pays s’apprête à ren­tr­er dans un grand débat et une grande con­fronta­tion démocratique. »

Une rupture prévisible

La ten­sion après l’affaire Moran­di­ni était trop forte avec la direc­tion des médias Bol­loré, qui perd sur tous les plans en voy­ant par­tir deux vedettes qui atti­raient le pub­lic avec une forte audience.

Tou­jours dans Le Figaro, Sonia Mabrouk précise :

« Ma démarche est très claire. J’ai voulu rester fidèle à la ligne que je m’impose dans l’exercice de mon méti­er. Elle repose sur une exi­gence con­stante et un sens aigu de la respon­s­abil­ité, a for­tiori sur les atteintes aux mineurs. Lorsque ce n’est plus ten­able car une déci­sion de jus­tice défini­tive est passée, j’en tire les con­séquences. Cette déci­sion de jus­tice a été une bombe à frag­men­ta­tion qui a altéré ma rela­tion avec la direc­tion de CNews. Tout ce que je fais, je le fais avec pour seule clause de con­science ma lib­erté, qui est totale ».

Un contrat à 1 M€

C’est Cyril Hanouna qui a ven­du la mèche sur les con­di­tions du transfert :

« On ne trahit pas un secret, Sonia avait réus­si à négoci­er un con­trat de 800 000 euros par an dans le groupe Canal+… Et puis, elle a décidé de par­tir. Elle a don­né sa démis­sion, donc BFM est revenu la voir et bra­vo à eux parce qu’ils ont fait un beau coup. Bra­vo à BFM ! Ce sont des amis et ça me fait plaisir qu’elle soit chez eux. Elle va être bien là-bas. Je crois qu’ils ont été un petit peu plus loin dans le salaire. Qua­si 1 mil­lion d’euros. Apparem­ment, elle serait aux alen­tours d’1 mil­lion d’euros par an ».

Un virage politique pour BFMTV ?

La chaîne de Rodolphe Saadé a la répu­ta­tion (jus­ti­fiée) de ne pas être trop hos­tile à Emmanuel Macron ou à des suc­cesseurs représen­tant les intérêts matériels et moraux du camp libéral-lib­er­taire. Le pro­fil plus con­ser­va­teur de Sonia Mabrouk peut rééquili­br­er la chaîne, attir­er une par­tie du pub­lic par­ti chez CNews où les deux défec­tions représen­tent un risque pour l’audience.

Sonia Mabrouk quitte à la fois CNews, Europe 1 et le JDD. Atten­dant son deux­ième enfant, elle ne pren­dra ses nou­velles fonc­tions que la dernière semaine d’août 2026.

Claude Lenor­mand

Voir aus­si : Sonia Mabrouk, portrait

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