C’est le mercato médiatique de l’hiver. Après ses prises de distance avec la direction de CNews lors de l’affaire Morandini, la journaliste vedette rejoindra à la rentrée le concurrent BFMTV avec des ambitions, pour elle-même et pour la chaîne qui rêve de reprendre la première place à CNews.
Une ancienne complicité avec Fabien Namias
C’est Fabien Namias, alors directeur d’Europe 1, qui avait embauché Sonia Mabrouk en 2013. Le contact n’a jamais été rompu et une offre avait déjà été faite à la journaliste en 2025. Dans Le Figaro, Fabien Namias précise :
« Au fond, ce qui nous avait stimulés l’année dernière avec Jean-Philippe Baille, le directeur général délégué à l’information de RMC BFM, était resté parfaitement intact. Sa décision, avec cette forme de panache, de courage et d’éthique personnelle, n’a fait que nous conforter dans notre démarche. Nous l’avons vue dès lundi. Et nous lui avons proposé clairement de nous rejoindre ».
Sur BFM seulement ?
Ses nouvelles fonctions seront-elles limitées à BFMTV avec l’annonce d’un grand entretien et de rendez-vous lors des élections ? Rodolphe Saadé ne possède pas seulement BFM mais aussi RMC, La Tribune du Dimanche et des moyens digitaux et Fabien Namias ne ferme aucune porte :
« Il existe un champ des possibles considérable qu’il serait sans doute dommage de ne pas considérer. »
Voir aussi : BFMTV entame une petite révolution pour reconquérir ses audiences
Une place à côté d’Apolline de Malherbe
Sonia Mabrouk n’aura pas vocation, à partir de la fin août 2026, à remplacer Apolline de Malherbe, qui conservera l’entretien politique du matin. Ce que confirme Fabien Namias :
« Je considère ce recrutement comme un enrichissement très fort pour la chaîne. Sonia Mabrouk, tout comme Apolline de Malherbe, sont des signatures sur lesquelles BFMTV va pouvoir s’appuyer alors que le pays s’apprête à rentrer dans un grand débat et une grande confrontation démocratique. »
Une rupture prévisible
La tension après l’affaire Morandini était trop forte avec la direction des médias Bolloré, qui perd sur tous les plans en voyant partir deux vedettes qui attiraient le public avec une forte audience.
Toujours dans Le Figaro, Sonia Mabrouk précise :
« Ma démarche est très claire. J’ai voulu rester fidèle à la ligne que je m’impose dans l’exercice de mon métier. Elle repose sur une exigence constante et un sens aigu de la responsabilité, a fortiori sur les atteintes aux mineurs. Lorsque ce n’est plus tenable car une décision de justice définitive est passée, j’en tire les conséquences. Cette décision de justice a été une bombe à fragmentation qui a altéré ma relation avec la direction de CNews. Tout ce que je fais, je le fais avec pour seule clause de conscience ma liberté, qui est totale ».
Un contrat à 1 M€
C’est Cyril Hanouna qui a vendu la mèche sur les conditions du transfert :
« On ne trahit pas un secret, Sonia avait réussi à négocier un contrat de 800 000 euros par an dans le groupe Canal+… Et puis, elle a décidé de partir. Elle a donné sa démission, donc BFM est revenu la voir et bravo à eux parce qu’ils ont fait un beau coup. Bravo à BFM ! Ce sont des amis et ça me fait plaisir qu’elle soit chez eux. Elle va être bien là-bas. Je crois qu’ils ont été un petit peu plus loin dans le salaire. Quasi 1 million d’euros. Apparemment, elle serait aux alentours d’1 million d’euros par an ».
Un virage politique pour BFMTV ?
La chaîne de Rodolphe Saadé a la réputation (justifiée) de ne pas être trop hostile à Emmanuel Macron ou à des successeurs représentant les intérêts matériels et moraux du camp libéral-libertaire. Le profil plus conservateur de Sonia Mabrouk peut rééquilibrer la chaîne, attirer une partie du public parti chez CNews où les deux défections représentent un risque pour l’audience.
Sonia Mabrouk quitte à la fois CNews, Europe 1 et le JDD. Attendant son deuxième enfant, elle ne prendra ses nouvelles fonctions que la dernière semaine d’août 2026.
Claude Lenormand
Voir aussi : Sonia Mabrouk, portrait

