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Rwanda : le CRAN n’aura pas les excuses de Canteloup

11 février 2014

Temps de lecture : 2 minutes

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11 février 2014

Suite au sketch de Nicolas Canteloup diffusé mercredi dernier sur Europe 1 et traitant du génocide au Rwanda, le CRAN a décidé de saisir le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

L’actualité s’y prê­tait – le procès de Pas­cal Sim­bikang­wa, accusé de crimes con­tre l’hu­man­ité à l’en­con­tre des Tut­sis, se déroule actuelle­ment à Paris –, Nico­las Can­teloup l’a fait. Imi­tant Julien Courbet réglant un sim­ple con­flit de voisi­nage entre un cer­tain « Mon­sieur Hutu » et un autre « Mon­sieur Tut­si », Can­teloup a imag­iné que le géno­cide qui a suivi par­tait de cette petite querelle de proximité.

« Vous avez découpé, machet­té et carpac­cioté sa famille, alors qu’ap­parem­ment il n’en avait pas exprimé le désir. (…) Vous lui auriez égale­ment découpé les bras bien dégagés au-dessus des coudes, il a d’ailleurs eu le plus grand mal à vous écrire, du coup, avec les con­séquences désagréables qu’on imag­ine, perte d’une mon­tre de famille, impos­si­bil­ité désor­mais de faire du stop… Com­ment ça, vous vous en lavez les mains ? Pas lui, il ne peut plus le faire », lance Nico­las Can­teloup devant un stu­dio d’Europe 1 hilare.

Un humour pas du tout au goût du Con­seil représen­tatif des asso­ci­a­tions noires (CRAN), qui vient de saisir le CSA. Le prési­dent du CRAN, Louis-Georges Tin, a estimé dans un entre­tien à L’Ex­press que l’hu­moriste s’é­tait « abais­sé de la manière la plus pitoy­able ». « Quand il s’ag­it des Noirs, à l’év­i­dence, on peut tout se per­me­t­tre. Mais il est temps que cela cesse. Ce soi-dis­ant humour masque mal une forme extrême de mépris et d’ab­jec­tion. Devant le crime con­tre l’hu­man­ité, esclavage, Shoah, Rwan­da, on ne rit pas, on fait silence », a‑t-il ajouté, exigeant des excus­es de la part de Canteloup.

Mais niet. Réagis­sant à cette men­ace, l’hu­moriste s’est défendu en citant Beau­mar­chais : « Je m’empresse de rire de tout, de peur d’avoir à en pleur­er. » Imi­tant la voix de Nikos Alia­gas, il a con­cédé qu’« un géno­cide n’est jamais drôle » mais qu’il essayait de « faire sourire avec une réal­ité juste­ment parce qu’elle est trag­ique, donc insup­port­able ». Et d’a­jouter : « Les nou­velles règles de l’hu­mour 2014 : on fait une vanne, on s’ex­cuse ! Une vanne, on s’excuse… »

Le prési­dent du Cran avait déjà saisi le Con­seil supérieur de l’audiovisuel suite à un sketch de Canal+ sur le même géno­cide rwandais en décem­bre dernier. Il avait alors obtenu gain de cause et la chaîne s’é­tait excusée.

Cette demande d’ex­cuse de la part d’une asso­ci­a­tion com­mu­nau­taire noire est égale­ment à plac­er dans un cer­tain con­texte : celui de l’af­faire Dieudon­né. En effet, si les puis­santes asso­ci­a­tions juives parvi­en­nent, avec l’aide d’un min­istre de l’In­térieur acquis à leur cause, à faire inter­dire un spec­ta­cle où l’on se moque de la Shoah, com­ment reprocher au CRAN de faire égale­ment val­oir le respect de la mémoire africaine ?

Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse de Nico­las Can­teloup ou de Dieudon­né, aucun des deux ne s’est excusé sous la pression…

Lire également notre Dossier : Valls/Dieudonné, d’un facho à l’autre

Crédit pho­to : cap­ture vidéo Europe 1 via Youtube

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