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Dernière mod­i­fi­ca­tion le 15/10/2018

Vanessa Descouraux, née en septembre 1978, est une journaliste française de radio qui officie à France Inter depuis 2000. Elle est grand reporter dans des pays étrangers entre 2007 et 2014. Elle est originaire d’Etrechet, dans l’Indre, où son père Marc Descouraux est devenu maire en 2014 après avoir été élu municipal depuis 1983 et adjoint au maire pendant deux mandats.

Il s’y illus­tre notam­ment… par son silence vis-à-vis du pro­jet d’Ozans, un immense pro­jet de coopéra­tion entre l’agglomération de Château­roux et des investis­seurs chi­nois, qui a amputé un tiers de la com­mune d’Etrechet et a pour l’instant coûté cher aux col­lec­tiv­ités locales et aux con­tribuables, sans génér­er pour­tant beau­coup d’emplois (jusqu’à 5000 ont été promis dans cette région sin­istrée par l’exode rur­al, l’effondrement de l’industrie locale et le désen­gage­ment de l’État). Comme d’autres pro­jets sim­i­laires (à Châteaudun, à Reims-Vatry etc.) la Chine appa­raît comme un mirage pour des ter­ri­toires locaux en déclin et des élus qui n’hésitent pas ain­si à sus­citer la générosité des con­tribuables pour des miroirs aux alou­ettes.

Tout le con­traire de sa fille, qui s’affiche dans un CV radio­phonique avec comme « signe dis­tinc­tif : grande gueule ».

Formation

Elle est diplômée de l’IUT de jour­nal­isme de Tours.

Parcours professionnel

1998–2012
  • entre à France Inter en 1998 après quelques expéri­ences à France Bleu, notam­ment au sein de France Bleu Breizh Izel ;
  • févri­er 2000 à juil­let 2012 : repor­teur à la rédac­tion de France Inter au sein du ser­vice d’Informations générales ;
  • à par­tir de 2007, elle réalise des reportages à l’étranger : Malawi (2007) pour cou­vrir la lutte con­tre le SIDA, Colom­bie (2008) pour les pris­es d’otages, Chine (2008) pour les Jeux Olympiques, Afghanistan (2009) pour les élec­tions, Haïti (2010) pour le trem­ble­ment de terre, puis les élec­tions (cinq voy­ages dans l’année), Egypte et Libye (2011) lors des insur­rec­tions du Print­emps arabe…
  • pro­mue grand reporter en novem­bre 2008 ;
  • en même temps, elle réalise des reportages thé­ma­tiques sur les clan­des­tins : Retour à Bamako, la Jun­gle de Calais, ou encore sur un immeu­ble squat­té par le col­lec­tif Jeu­di noir place des Vos­ges à Paris.
2012–2014

D’août 2012 à juin 2014, Vanes­sa Descour­aux est nom­mée repor­teur au Caire pour toutes les chaînes du groupe Radio France, jusqu’à la fer­me­ture pour raisons de sécu­rité du bureau au Caire de Radio France ;

En sep­tem­bre 2014, de retour à Paris, elle prend en charge pen­dant un an les ques­tions de Défense au sein de la rédac­tion de France Inter ; elle rem­place Simon Tivolle à ce poste.

2015

À compter d’octobre 2015, elle intè­gre l’équipe de l’émission de reportage de la rédac­tion, « Inter­cep­tion », aux côtés de Pas­cal Dervieux et Lionel Thomp­son, pour laque­lle elle avait déjà réal­isé des reportages depuis des années. L’émission présente de longs reportages sur divers sujets de société, tant internes à la France qu’étrangers.

2017

Le 21 décem­bre 2017 les autorités maro­caines l’empêchent d’aller cou­vrir le mou­ve­ment social intense (hirak) du Rif et lui refusent l’accès à Hoceima, ville épi­cen­tre du Hirak

Parcours militant

Vis­i­ble­ment intéressée par les actu­al­ités du Proche-Ori­ent, elle sou­tient sur Ulule un film à la gloire de trois jeunes révo­lu­tion­naires syriens. La descrip­tion du pro­jet ne laisse aucun doute sur son ori­en­ta­tion : « Depuis plus de deux ans, les révo­lu­tion­naires syriens se dressent con­tre la machine de guerre des Assad. […] On en vient à oubli­er l’essentiel : que des Syriens se bat­tent pour se libér­er d’un régime bar­bare qui les aliène depuis des décen­nies ». Ce n’est pas dans ce genre de film qu’on risque de trou­ver mémoire des exac­tions com­mis­es par les « révo­lu­tion­naires » ou « rebelles mod­érés » con­tre les civils… Rap­pelons pour mémoire que depuis l’enclave de Wadi Bara­da qu’ils tenaient alors, ils n’ont par exem­ple pas hésité à couper l’eau aux civils de l’agglomération de Damas (5 mil­lions d’habitants) pour dis­suad­er (en vain) le régime de repren­dre le con­trôle de l’alimentation en eau du grand Damas.

En 2012, elle fai­sait par­tie du bureau du comité de sou­tien à Roméo Lan­glois, reporter indépen­dant enlevé par les FARC. Dans ce comité de sou­tien on trou­vait aus­si la famille Lan­glois, Jean-Pierre Canet (agence Pre­mières lignes), Cédric Del­port (Woow pro­duc­tions), et le jour­nal­iste Eti­enne Huver.

En avril 2015, elle signe avec d’autres jour­nal­istes une tri­bune du syn­di­cat SNJ-CGT sur la sit­u­a­tion des tra­vailleurs pré­caires à Radio France.

Distinctions

  • En 2003, Vanes­sa Descour­aux a rem­porté le pre­mier prix du Prix Alexan­dre Varenne des jour­nal­istes de radio pour « Mon­di­aux Ath­létisme : finale du 100 m messieurs, la course au temps ».
  • En octo­bre 2012, comme en 2013 elle est à nou­veau par­mi les final­istes du Prix Bayeux des cor­re­spon­dants de guerre caté­gorie radio, pour ses reportages effec­tué à Bab El Aziziah le jour où Kad­hafi est tombé en Libye.
  • Elle a à nou­veau été primée en 2013 par la Fon­da­tion Varenne pour son reportage sur les vio­lences sex­uelles places Tahrir au Caire

Publications

Néant

Collaborations

  • Elle fait par­tie des for­ma­teurs au CFJ (Cen­tre de for­ma­tion des jour­nal­istes)
  • Elle fait par­tie des invités d’honneur au 13e fes­ti­val de la radio et de l’écoute (Longueur d’ondes) du 4 au 7 févri­er 2016, elle y ani­mait avec Edith Bou­vi­er une table ronde sur le méti­er de grand reporter. Cette édi­tion a notam­ment remis un prix de 2000 € pour l’humour radio­phonique… un genre qu’essaie de dévelop­per France Inter, autour de Patrick Cohen, autre invité d’honneur dudit fes­ti­val.

Ce qu’elle gagne

Non ren­seigné.

Comme reporter elle gag­nait de 1463 à 1740 € men­su­els bruts, selon l’évolution de son anci­en­neté.

Sa nébuleuse

  • Patrick Cohen
  • Ses col­lègues au sein du mag­a­zine « Inter­cep­tion »: Philippe Bar­don­neaux, Lionel Thomp­son, Pas­cal Dervieux

Elle l’a dit

« Spéci­men rare de jour­nal­iste : n’a pas écrit de livre. Pas recueil­li de con­fi­dences de F. Hol­lande. Mais je suis quand même une jour­na­lope des mer­dias. Bisous. » En intro­duc­tion sur son compte Twit­ter.

D’après son CV radio­phonique, elle se décrit comme « grande gueule », « un petit lémurien », « large­ment noc­tam­bule ; la mati­nale est un car­nage pour moi, je ne peux pas la faire », « je sais pas où je vais, c’est à ça qu’on me recon­naît ». Et « la radio c’est la vie, il faut rire avec la radio ».

« C’est tout le prob­lème, on se fout de vos avis, le jour­nal­isme ce sont des faits », en retwee­t­ant l’annonce d’une nou­velle quo­ti­di­enne sur Europe 1 avec des « avis tranchés » annon­cés, Twit­ter 10/2/2017

« Tu veux expéri­menter la vie en Union Sovié­tique viens chang­er ton badge d’accès à radio france », Twit­ter 22/12/2016

« Alors que je soupçonne les Poutinophiles de dopage, telle­ment ces gens dor­ment, vivent, man­gent, baisent (?) devant les réseaux soci­aux. » Twit­ter, 13/12/2016

« Une annonce à l’image de ce quin­quen­nat, sans panache, et d’une longueur qui con­fine au pénible », au sujet de la déci­sion de François Hol­lande de ne pas se représen­ter, Twit­ter 1/12/2016

« Etat laïc ! », au sujet de la croix portée par Valérie Boy­er, sou­tien de Fil­lon, Twit­ter 27/11/2016 [les ami­tiés de la même Valérie Boy­er avec cer­taines loges, en con­tra­dic­tion avec l’enseignement de l’Eglise catholique, pas­sion­nent bien moins les jour­nal­istes. On se demande pourquoi…]

« La clair­voy­ance du café de Flo­re tou­jours aus­si lumineuse et mod­este, lais­sant part au doute », au sujet d’un édi­to dans le Point, signé BHL et inti­t­ulé « pourquoi Trump va per­dre », Twit­ter 9/11/2016

« Désolée la Syrie, tu com­prends y’a une meuf qui doit sa gloire à une sex tape qui s’est fait braquée, alors ton sort on s’en fout.[…] je viens donc de voir un duplex tv devant l’immeuble où KK a été braquée. JE REVE. JE REVE. JE REVE », au sujet du braquage de Kim Kar­dashi­an, Twit­ter 2/10/2016

Suite à l’assassinat par un ter­ror­iste islamiste du père Jacques Hamel, à Saint-Eti­enne du Rou­vray, en juil­let 2016, elle tweete « Ce n’est même plus de la tristesse. Mais de la peur sur la façon dont ce foutu pays va réa­gir ». Son tweet est cri­tiqué par les inter­nautes, car elle sem­ble être plus inquiète des réac­tions pop­u­laires – notam­ment celles de la droite et de l’extrême-droite, que de l’attentat lui-même qui crée une onde de choc dans la société française : mal­gré le ver­nis laï­ciste et répub­li­cain, les ter­ror­istes ont bien com­pris que s’attaquer à un prêtre, c’est frap­per au cœur de l’identité et des racines français­es.

« Ce n’est pas par plaisir qu’on ren­tre dans une école de jour­nal­isme, avec le risque d’y être for­maté, mais parce qu’on a plus le choix aujourd’hui à vrai dire », table ronde sur le méti­er de grand reporter, fes­ti­val Longueur d’Ondes, Brest, févri­er 2016

« Je suis un pur pro­duit de Radio France ; j’ai com­mencé au sein du réseau France Bleu puis rapi­de­ment je suis appelée à France Inter pour un con­trat assez court d’un mois, qui dure encore », ibid.

« De plus en plus de ter­rains se fer­ment, il y a de plus en plus de ter­rains où on ne peut plus tra­vailler », ibid.

« Que vous soyez free lance ou France Inter, à Bag­dad, au Min­istère de l’Intérieur, on n’est rien. On n’est rien à l’étranger, aucun de nos titres ne pèse », ibid. [en revanche, il y a une dif­férence de poids : un reporter indépen­dant paie lui-même le coût de son fixeur, indis­pens­able dans de nom­breux pays et qui peut gag­n­er jusqu’à 400 dol­lars par jour… sachant qu’un sujet dans un grand jour­nal français est payé aux alen­tours de 150 €]

« Place Tahrir, ce n’est plus le même pub­lic qu’en 2011. C’est devenu un lieu de ban­dits. Cela va au-delà du har­cèle­ment et des agres­sions qui touchent le pays depuis vingt ans. Depuis le 25 jan­vi­er, date anniver­saire de la révo­lu­tion, on a réal­isé que le viol était devenu une arme poli­tique. On veut intimider, mon­tr­er aux femmes qu’elles ne doivent pas descen­dre dans la rue », Libéra­tion 11/7/2013. Le prob­lème des vio­ls sur la place Tahrir (et au Caire en général) était bien plus ancien – au point qu’un film égyp­tien y a été con­sacré en 2010, Les femmes du bus 678, mais la presse main­stream occi­den­tale n’y a fait atten­tion qu’après une ving­taine de vio­ls et d’agressions sex­uelles, depuis 2011, à l’encontre de cor­re­spon­dantes et de reporters de médias occi­den­taux.

« Deux asso­ci­a­tions, Tahrir Body­guard et Opan­tish, ont relevé qu’il n’y avait eu aucune agres­sion entre 14h et 23h, et 42 agres­sions entre 23h et 1h du matin. Ça ressem­blait à des attaques com­man­ditées : tout allait bien et d’un coup c’est devenu la “chas­se à la femme”. Le viol devient une arme poli­tique. Je ne sais pas qui dili­gente ça, mais c’est réglé et organ­isé. Le har­cèle­ment quo­ti­di­en, la pres­sion, les injures, les attouche­ments dans les lieux publics exis­tent en Egypte depuis bien longtemps. Bien avant la révo­lu­tion », Aufeminin.com 12/7/2013

« Le fémin­isme, c’est ces femmes qui ont défilé dans les rues du Caire, pas les Femen ! Et sur ces femmes-là, je vois peu de doc­u­men­taires TV ! », sur Twit­ter le 06/2/2013

On l’a dit à son sujet

En avril 2012, elle est gen­ti­ment étril­lée par Arrêts sur Images, après avoir passé sa journée à plan­quer devant l’hôpital améri­cain de Neuil­ly, tout en « twit­tant » sa planque comme s’il s’agissait de la Révo­lu­tion au Caire.… ce qui est pour @SI une sorte de nou­velle cri­tique des médias.

« La jour­nal­iste n’a pas totale­ment per­du sa journée : sur son coin de trot­toir, elle a pro­gressé dans la lec­ture d’un ouvrage sur AQMI, qu’elle avait emporté. A cet indice ténu, on devine qu’elle rêve d’autres reportages, plus loin­tains et moins pais­i­bles (Descour­aux est par ailleurs une des baroudeuses de France Inter, elle a notam­ment cou­vert les révo­lu­tions arabes). Cette série de tweets est moins anec­do­tique qu’il n’y parait. Que nous dit-elle ? Que tout ce qui nous dés­espère, de l’extérieur du sys­tème (l’absurde hiérar­chie de l’information, qui fait pass­er l’hospitalisation de Delon avant le Mali, la con­t­a­m­i­na­tion de tout le sys­tème par l’abrutissoir de l’info con­tin­ue, etc) tout ceci dés­espère égale­ment, à l’intérieur des forter­ess­es, les petits sol­dats de l’info (ou dis­ons, cer­tains d’entre eux). Et qu’ils ont désor­mais un moyen de le faire savoir à l’extérieur, en temps réel, avec un tem­po aus­si effi­cace que celui du sys­tème lui-même. Autrement dit, twit­ter est aus­si un anti­dote à BFM. Une nou­velle caté­gorie de cri­tique des médias est en train de naître. »

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM

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