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Libération version papier en passe de disparaître

8 septembre 2014

Temps de lecture : 2 minutes
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Libération version papier en passe de disparaître

Le changement s’accélère à Libération. Devant la chute irrémédiable des ventes du quotidien, celui-ci devrait bientôt céder sa place à une version purement numérique.

Pierre Fraiden­raich, le nou­veau patron depuis mars 2014, entend bien créer un « big bang » à l’is­sue duquel la ver­sion papi­er « dis­paraî­tra pure­ment et sim­ple­ment de la presse française ». Reste à savoir si la portée numérique de Libé est assez forte. Au vu des 4 mil­lions de vis­i­teurs uniques sur liberation.fr, cela sem­ble le cas. « Encore faut-il don­ner à de nou­veaux lecteurs le désir de la ral­li­er », explique M. Fraiden­raich.

Un change­ment rad­i­cal par rap­port à l’ère Demor­and, où le papi­er avait encore, pen­sait-on, un poten­tiel et où le chic était au pro­gramme. Mais le risque était trop grand.

Désor­mais, les 18 mil­lions d’eu­ros injec­tés par Patrick Drahi et Bruno Ledoux vont servir à la muta­tion de Libéra­tion. Très bien­tôt, les équipes web et papi­er vont être fon­dues en une seule et unique rédac­tion avec, pour les diriger, un tan­dem Jof­frin-Huf­nagel dont l’un con­naît bien le jour­nal, pour l’avoir dirigé par le passé, et l’autre le numérique (fon­da­teur de Slate.fr).

« Libéra­tion n’a pas d’autre choix que d’in­vers­er l’or­dre des fac­teurs. Et si nous réus­sis­sons à main­tenir la dif­fu­sion papi­er, tout en dévelop­pant un mod­èle lucratif sur Inter­net, il n’y a aucune rai­son que ce quo­ti­di­en ne réus­sisse pas à retrou­ver son équili­bre économique. Ce que j’é­tais par­venu à obtenir en dix-huit mois, il y a cinq ans de cela », explique Lau­rent Jof­frin.

Du côté de Johan Huf­nagel, le dis­cours est plus direct et assumé : « Libéra­tion est à l’aube d’une révo­lu­tion presque coper­ni­ci­enne. Et si ce titre doit totale­ment se réin­ven­ter, c’est parce que je reste con­va­in­cu qu’il manque dans l’u­nivers de la presse française, sur Inter­net, où tout le monde se copie et se duplique, un vrai jour­nal d’ex­pli­ca­tions et de com­men­taires. Or la force de frappe des équipes de Libé per­met d’imag­in­er qu’un tel pro­jet est pos­si­ble. »

Un nou­veau Libé devrait paraître dès 2015. Mais d’i­ci-là, les change­ments vont être majeurs, à com­mencer par la refonte totale de l’im­meu­ble de la rédac­tion et, surtout, par la réduc­tion de la masse salar­i­ale. D’ailleurs, Fraiden­raich a tranché la ques­tion sans sour­ciller : « Trop de per­son­nes ont une pro­duc­tiv­ité trop faible dans cette mai­son. Cela, nous ne pou­vons plus nous le per­me­t­tre. »

Depuis juil­let, il a ouvert une clause de ces­sion per­me­t­tant aux jour­nal­istes qui le souhaitaient de quit­ter le jour­nal. « C’est toute la com­plex­ité du pro­jet dans lequel Lau­rent Jof­frin et moi nous sommes engagés : nous n’avons aucune vis­i­bil­ité à court terme, ne sachant pas com­bi­en de per­son­nes quit­teront ce jour­nal d’i­ci à la fin de l’an­née », con­fesse-t-il.

Quant à Jof­frin, même s’il fait le pari que « la rai­son devra l’emporter », il admet un « cli­mat dif­fi­cile ». Tou­jours plus direct, Fraiden­raich con­clut : « Que ceux qui n’ad­hèrent pas à notre pro­jet n’aient pas de remords : nous les invi­tons vive­ment à quit­ter Libé. » On ne peut être plus clair.

Voir notre infographie de Libération ainsi que notre portrait de Laurent Joffrin

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