Sept ans de pertes récurrentes depuis son rachat à Patrick Drahi, un équilibre précaire en 2024/2025, une diffusion qui s’effrite. La solution pour L’Express ? Plus d’IA et plus de versions étrangères.
Un poids moyen des magazines
L’Express n’est plus au temps de sa splendeur, où il diffusait allègrement 400 000 exemplaires chaque semaine. Avec moins de 130 000 exemplaires diffusés, il est quasi au même rang que Marianne qui dispose d’une rédaction bien moins étoffée.
| Titres | Diffusion 2025 (en milliers) | Évolution % |
|---|---|---|
| Paris Match | 418 | -6% |
| Fig Mag | 383 | +1,3% |
| Le Point | 227 | -4% |
| Nouvel Obs | 171 | -6% |
| Challenges | 135 | -6% |
| Express | 129 | -8% |
| Marianne | 117 | -10% |
| Valeurs | 73 | -22% |
Un équilibre précaire et recours à l’IA
Le magazine serait revenu à l’équilibre, sept ans après son rachat. Un équilibre menacé par la régression générale des titres de la presse magazine. Pour y pallier, le nouveau propriétaire Alain Weill a décidé de « parier sur l’Europe » en publiant d’ici deux ans un magazine web dans les 24 langues des 27 pays de l’UE. Dans un premier temps, un test sera mené début 2026 en anglais et en polonais avec l’aide d’une société spécialisée dans la traduction par IA. Une traduction qui serait relue humainement.
Voir aussi : L’Express ou l’anti-journalisme
Un projet novateur et ambitieux. Un projet risqué aussi, personne en Pologne ni en Italie ni en Allemagne ne connaît le titre. Une relecture humaine en 24 langues apparaît couteuse et renoncer à cette relecture expose au risque de quelques approximations qui peuvent vite ruiner une réputation. Alain Weill a pour ambition de « doubler les revenus » en quatre ans. Un objectif qui pourrait aussi le ruiner si les dépenses augmentent plus que les ventes et la publicité. Au même moment, Alain Weill ne ferme pas la porte à une ouverture du capital à un partenaire européen. Une porte de sortie en cas d’échec.
Voir aussi : Alain Weill, infographie
Claude Lenormand


