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L’éducation aux médias, nouvelle entreprise de formatage des esprits, via Le Monde et Hubert Guillaud

6 novembre 2018

Temps de lecture : 4 minutes

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L’éducation aux médias, nouvelle entreprise de formatage des esprits, via Le Monde et Hubert Guillaud

L’éducation aux médias, nouvelle entreprise de formatage des esprits, via Le Monde et Hubert Guillaud

Une nouvelle légende urbaine est née, celle des infox (les fake news anglo saxonnes). Elles permettent d’une part d’expliquer l’inexplicable (le Brexit, les élections de Trump ou d’Orban, les succès de Salvini en Italie), mais surtout de justifier toutes les censures à venir pour conjurer le retour de telles catastrophes. Pour formater le public rien de mieux que de le prendre au berceau via l’éducation aux médias. Le blog d’Hubert Guillaud, repris par Le Monde du 6 juin 2018 voulait répondre à la grave question : de quelle éducation aux médias avons-nous besoin ? Le décryptage est toujours d’actualité.

La référence américaine

À tout Seigneur tout hon­neur, une par­tie de la solu­tion se trou­ve aux États-Unis via la chercheuse Danah Boyd. Le recours aux experts loin­tains per­met tou­jours de don­ner une touche sci­en­tifique aux pré­sup­posés politiques.

Nous apprenons que « Danah Boyd « a un pro­fond respect pour l’objectif de l’éducation aux médias », qui « vise à la fois à autonomiser les indi­vidus et à leur don­ner des out­ils pour créer une société démoc­ra­tique ». Mais cette tâche, « l’éducation aux médias à l’heure de la post-vérité » rend la belle Danah nerveuse. Car les jeunes peu­vent « faire les recherch­es par eux-mêmes et ils sauront mieux que quiconque ce qui est réel. Ce qui n’est pas sans pos­er prob­lème » (sic).

D’ailleurs la société de Danah, Data and Soci­ety , a observé les « pra­tiques de recherch­es d’information de con­ser­va­teurs améri­cains » et sur­prise « les ter­mes que l’on recherche ne sont pas neu­tres ». On doit en déduire par défaut que les ter­mes de recherch­es des pro­gres­sistes améri­cains fleurent bon une douce neu­tral­ité. De plus ajoute-t-elle, beau­coup de gens ont appris à se méfi­er des médias et ain­si sont devenus enclins à ne pas faire con­fi­ance à Clinton.

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Disparition du média de famille

Le médecin de famille a vécu, celui qui vous avait vu naître, suivi, et qui s’occupait ensuite de vos enfants. Et avec sa dis­pari­tion, la con­fi­ance n’a pas survécu. Les nou­veaux médecins n’ont pas le temps, sont trop chers et trop com­pliqués. Au même moment les patients peu­vent s’informer sur inter­net. Il en est de même pour les médias regrette Danah. Les gens n’ont plus con­fi­ance dans les médias. Alors que 95% des quo­ti­di­ens améri­cains soute­naient Clin­ton, ils ont quand même voté Trump, obtenant des infor­ma­tions via les réseaux sociaux.

Fake news : le triomphe de la polarisation

Résul­tat : après l’élection de Trump, Danah « estime qu’en tant que défenseur de l’éducation aux médias, elle a raté son objec­tif. « Mes croy­ances et hypothès­es ne s’alignent pas avec celles de la plu­part des Améri­cains ». Que faire ? « L’éducation aux médias n’existe pas vrai­ment dans les écoles explique-t-elle. On n’en trou­ve qu’une ver­sion dégradée invi­tant les élèves à dis­tinguer CNN de Fox News ». Sous enten­du, CNN = Bien, Fox = Mal. Car « pour une pro­gres­siste comme elle », il faut repenser l’éducation aux médias. Par exem­ple «  com­pren­dre com­ment les com­mu­nautés con­ser­va­tri­ces com­pre­naient les pro­pos con­tra­dic­toires du prési­dent améri­cain ». Pour les remet­tre dans le bon camp.

Mais il y a pire, Rus­sia Today (impro­pre­ment appelé Russ­ian Today) a réus­si à faire douter cer­tains améri­cains de bonne foi du com­porte­ment irréprochable de leur pays « Et de rap­pel­er que les mil­i­tants pro­gres­sistes eux-mêmes, notam­ment, se deman­dent par­fois si le gou­verne­ment améri­cain est respon­s­able du ter­ror­isme dans d’autres pays ». Les liens des États-Unis avec l’Arabie saou­dite ont dû échap­per à la rédac­trice de l’étude, on ne saurait tout savoir.

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La liberté d’expression et d’information en question

« Nous vivons dans un monde où nous assim­ilons la lib­erté de parole au droit d’être ampli­fié. Mais est-ce que tout le monde a le droit d’être ampli­fié ? ». La réponse implicite (naïve) est claire : tous sont égaux mais cer­tains sont plus égaux que d’autres. Cer­tains doivent être ampli­fiés, d’autres mis en sour­dine, d’autres enfin réduits au silence. Car 

« La plu­part des gens croient que les gens qu’ils con­nais­sent sont cré­d­ules à de fauss­es infor­ma­tions, mais qu’ils sont eux-mêmes équipés pour sépar­er le bon grain de l’ivraie. Nous pen­sons tous être capa­bles de véri­fi­er l’information et d’être autonomes, mais ce n’est pas le cas. » Prenez les jeunes par exem­ple, « Beau­coup de gens, en par­ti­c­uli­er les jeunes … veu­lent pos­er des ques­tions incon­fort­a­bles, inter­roger les hypothès­es et inter­roger les évi­dences qu’on leur assène…Mais, il y a des ques­tions qu’il est inac­cept­able de pos­er en pub­lic (comme à l’école) ». Eure­ka ! Si une ques­tion est inac­cept­able en pub­lic selon Sainte Danah, elle ne devra pas être posée du tout. Les risques de déra­page exis­tent, car les « com­mu­nautés sont dev­enues glis­santes », et « il est néces­saire de dévelop­per des anti­corps pour aider les gens à ne pas être trompés…L’empathie est une émo­tion puis­sante que la plu­part des édu­ca­teurs encour­a­gent. Mais com­ment résis­ter lorsque vous com­mencez à sym­pa­this­er avec des per­son­nes ou des visions du monde toxiques ». 

Une vision médicale des médias

Les mots sont pronon­cés claire­ment: cer­taines visions du monde (con­ser­va­tri­ces) sont tox­iques. Les inno­cents (iné­duqués, ceux que Clin­ton appelait « Les déplorables ») doivent fab­ri­quer des anti­corps, mais ils sont inca­pables de les pro­duire eux-mêmes. Qui les fab­ri­quera ? Les dames patron­ness­es comme Danah Boyd, aidés par les diacres du Monde , de CNN et du Wash­ing­ton Post.

Même si dans la fin de l’article Danah et ses ser­vants recon­nais­sent ne pas avoir de solu­tion toute faite et immé­di­ate­ment opéra­tionnelle, le ton est don­né. Le pub­lic ne DOIT PLUS s’informer directe­ment, il DOIT pass­er par un fil­tre, celui des nou­veaux médias de famille qui sauront lui don­ner accès à la bonne infor­ma­tion, celle où jamais, jamais, les États-Unis ne pour­ront être soupçon­nés de com­plic­ité de ter­ror­isme. Celle à tra­vers laque­lle jamais, jamais, Trump, Orban ou Salvi­ni ne pour­raient par­venir au pou­voir. Amen.

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L’article com­plet : internetactu.blog.lemonde.fr

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