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Closer : attaqué par Philippot, défendu par Mélenchon

20 décembre 2014

Temps de lecture : 4 minutes
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Closer : attaqué par Philippot, défendu par Mélenchon

La publication en une de Closer de la photo de Florian Philippot avec un homme présenté comme son compagnon n’en finit pas de faire des vagues.

Dans une let­tre ouverte pub­liée sur Rue89, l’homme qui accom­pa­gne Flo­ri­an Philip­pot sur les pho­tos dif­fusées par Clos­er inter­pelle la patronne du mag­a­zine, Lau­rence Pieau.

Présen­té par l’heb­do­madaire comme un « jour­nal­iste de télévi­sion » et mon­tré avec un vis­age légère­ment flouté, celui-ci reproche au jour­nal de l’avoir « util­isé pour illus­tr­er l’ho­mo­sex­u­al­ité de mon­sieur Philip­pot, à grands coups de mains qui se chevauchent par jeu de per­spec­tives », et d’avoir fait de lui, volon­taire­ment, une « vic­time col­latérale ». « Vic­time non pas d’outing, mais d’amalgames que vous ini­tiez », pré­cise-t-il, car « en me présen­tant comme le petit ami du vice-prési­dent du Front nation­al, il appa­rais­sait évi­dent que mes sen­si­bil­ités poli­tiques seraient asso­ciées avec celles de ce par­ti. Ce n’est pas le cas, et vous le saviez. »

« Quant à l’anonymat que vous m’avez offert, pour des raisons, je l’imagine, bien plus juridiques qu’altruistes, il est tout relatif. Et cela découle autant de la qual­ité des flous que de la nature même du corps de méti­er dans lequel j’évolue. Ça encore, vous le saviez », pour­suit-il, se dis­ant aujour­d’hui vic­time de « men­aces de mort ».

Moquant la défense de Lau­rence Pieau sur Europe 1, qui a jus­ti­fié son arti­cle en invo­quant l’é­gal­ité de traite­ment entre les cou­ples homos et hétéros, le jour­nal­iste estime qu’il « était beau de voir une parole mil­i­tante sor­tir de votre bouche, après avoir ébran­lé de façon durable la vie d’un “défenseur des droits des homo­sex­uels”, et ce, en toute con­nais­sance de cause ».

Et celui-ci de con­clure, sèche­ment : « Avant de retourn­er dans l’anonymat auquel j’aspire, j’ai une dernière chose à vous dire. La vie per­son­nelle sta­ble et rangée dont je béné­fi­cie m’est indis­pens­able pour sur­mon­ter une épreuve aus­si lourde. Il vous fau­dra sans doute un sui­cide pour que vous com­pre­niez. Par chance pour vous, ça ne sera pas le mien. »

Quant à Flo­ri­an Philip­pot, il a décidé de pour­suiv­re le mag­a­zine devant les tri­bunaux.

Le vice-prési­dent du Front Nation­al réclame ain­si 50 000 euros de dom­mages et intérêts, mais ne s’ar­rête pas là. Celui qui a dénon­cé une « atteinte gravis­sime à sa vie privée », réclame aus­si « 5 000 euros au titre des frais de jus­tice, la pub­li­ca­tion du juge­ment en cou­ver­ture, la sup­pres­sion du sujet sur le site closermag.fr, l’in­ter­dic­tion de réex­ploiter les pho­tos ain­si que l’in­jonc­tion de com­mu­ni­quer le con­trat et la fac­ture pour l’achat des pho­tos et la com­mu­ni­ca­tion du tirage et de la dif­fu­sion », note Le Point.

L’au­di­ence se tien­dra, en procé­dure d’ur­gence, au TGI de Paris le 22 décem­bre à 9h30, devant des juges référés. Et si Lau­rence Pieau, la direc­trice de la pub­li­ca­tion du mag­a­zine, se défend de toute malveil­lance en indi­quant ne pas faire de dif­férence entre les cou­ples homo­sex­uels et les cou­ples hétéro­sex­uels, ce ne sera pas la pre­mière (ni la dernière) fois que Clos­er risque une con­damna­tion.

En mars, l’heb­do­madaire a déjà été con­damné à vers­er 10 000 euros à Arnaud Mon­te­bourg pour avoir pub­lié des pho­tos volées de l’an­cien min­istre en com­pag­nie d’Au­rélie Fil­ip­pet­ti, anci­enne min­istre elle-aus­si. En novem­bre encore, Clos­er avait ver­sé 15 000 euros de dom­mages et intérêts à Julie Gayet pour avoir révélé sa liai­son avec le prési­dent de la République, pho­tos à l’ap­pui.

Mal­gré toutes ces polémiques à répéti­tion, Clos­er a pour­tant trou­vé un sou­tien inat­ten­du en la per­son­ne de Jean-Luc Mélen­chon. Le député européen du Front de Gauche a en effet jugé que le mag­a­zine peo­ple était « un espace de lib­erté ». Dans un long entre­tien paru hier dans les colonnes du mag­a­zine, il a expliqué que les médias tra­di­tion­nels étaient « sou­vent le lieu d’un entre soi cru­el et van­i­teux ».

Et d’a­jouter : « Je suis un rebelle. Je ne suis pas une sorte de Manuel Valls en plus âgé. Face à ce robot qui con­stru­it un mur de phras­es toutes faites dans les médias offi­ciels, je dois tout le temps trou­ver des failles dans le mur par lesquelles pass­er le mes­sage. A cet instant, vous êtes pour moi un espace de lib­erté. »

Ce qui intéresse Mélen­chon chez Clos­er, « c’est le grand nom­bre, qui a des goûts sim­ples, qui ne se prend pas trop au sérieux »… En revanche, inter­rogé sur le fait de savoir si la vie privée des hommes poli­tiques pou­vait dire quelque chose de leur per­son­nal­ité publique, celui-ci a estimé que c’é­tait une « illu­sion ».

« Est-ce que, pour mieux com­pren­dre le méti­er des jour­nal­istes de Clos­er, il faudrait mon­tr­er leur vie privée ? Quelle blague ! », a‑t-il affir­mé. Et de juger qu’il y avait « actuelle­ment ce qu’on appelle la tyran­nie de l’in­tim­ité. Et c’est d’abord une déroute idéologique pour nous, hommes poli­tiques. Vous nous infligez un sup­plice hor­ri­ble : la trans­parence. Tout le monde a besoin d’un jardin secret, de sa part d’om­bre. Alors que per­son­ne ne peut être par­fait… »

Jean-Luc Mélen­chon con­clut par une anec­dote : « Autre­fois, je pen­sais que vous étiez juste des inquisi­teurs déplaisants. Et puis, un jour, un copain pho­tographe m’a dit : « Par­fois, ce sont cer­taines célébrités qui nous dis­ent de venir. Ce ne sont pas des pho­tos volées, mais voulues… »

Crédit pho­to : remi­jdn via Flickr (cc)

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