CMA Media met en vente les neuf antennes de BFM Locales, menacées de fermeture faute de repreneur avant la fin 2026. Tandis que l’information régionale privée cherche encore son modèle face au service public, BFMTV concentre désormais ses moyens sur la présidentielle et sa bataille d’audience face à CNews. Pour cela, la chaîne peut compter sur Sonia Mabrouk.
L’expansion régionale lancée sous Patrick Drahi devait prolonger la puissance de la marque BFM au plus près « des territoires ». Elle s’achève, pour l’instant, par un constat d’échec : après la fermeture de BFM Paris Île-de-France en mars 2025, l’ambitieux groupe CMA Media veut céder ses neuf dernières chaînes locales. Une annonce relayée ce 24 juin par l’AFP.
Neuf chaînes à vendre, sinon à fermer
Lyon, Marseille, Lille, Nice, Toulon, l’Alsace ou encore la Normandie sont concernées. Le groupe de Rodolphe Saadé espère trouver un ou plusieurs repreneurs avant le 31 décembre. À défaut, les antennes disparaîtront.
La directrice générale de CMA Media, Claire Léost, reconnaît que le groupe ne trouve pas « le modèle économique » de ces télévisions. La publicité locale a migré vers les plateformes numériques, tandis que les investissements des collectivités se contractent. La vente participe d’un plan de 20 millions d’euros d’économies, représentant 5 % des coûts du groupe.
Visiblement, le pari de la proximité s’est brisé sur les coûts de l’info en continu, sur l’étroitesse des marchés publicitaires et sur la dispersion des antennes.
Le concurrent public joue avec un autre carburant
Les chaînes privées locales affrontent aussi une concurrence particulière : celle de l’audiovisuel public. France 3 dispose de 24 rédactions régionales et de plus de 110 implantations territoriales. S’y ajoute le réseau des 44 radios locales ICI, dont les matinales sont diffusées sur les antennes régionales de France 3.
La concurrence du service public devient discutable lorsque des opérateurs financés par l’argent public occupent le même marché de l’information locale, de la vidéo et, en partie, de la publicité, sans supporter la même contrainte de rentabilité. Les BFM locales dépendaient, elles, de recettes commerciales et de commandes publiques en baisse.
BFMTV prépare déjà la bataille de 2027
Au niveau national, le tableau est toutefois moins sombre. Parmi les chaînes d’information en continu, les audiences de BFMTV ont devancé celles de CNews en mars, avril et mai 2026. En mai, elle a obtenu 2,7 % de part d’audience, contre 2,6 % pour sa rivale, un temps fragilisée par l’affaire Morandini et le départ de Sonia Mabrouk.
La journaliste arrivera justement le 24 août pour conduire la tranche de 19 heures à 21 heures, du dimanche au jeudi. Selon le journaliste médias Clément Garin sur X, la présentatrice aurait en outre refusé de recevoir Daniel Cohn-Bendit, faisant taire les critiques de ceux qui moquaient son passage de l’antenne de Morandini à celle de Daniel Cohn-Bendit. Une décision qui paraît cohérente avec son départ de CNews au nom de « l’intérêt des victimes ».
La simple existence de cette information « interne » qui intéresse et attire l’attention sur les réseaux sociaux témoigne d’une dynamique déjà enclenchée pour 2027 et la campagne présidentielle et médiatique. BFMTV lancera d’ailleurs avec Le Figaro un « Grand Oral » dominical consacré à la présidentielle.
Olivier Frèrejacques

