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24 mai 2026 | Temps de lecture : 18 minutes
Portrait

Rodolphe Saadé

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Roi des mers… et des médias français

Rodolphe Saadé naît le 3 mars 1970 à Bey­routh. Mil­liar­daire fran­co-libanais, très attaché à sa ville, Mar­seille, et à sa famille, Rodolphe Saadé est à la tête de son groupe famil­ial CMA CGM : troisième plus grand arma­teur de trans­port mar­itime au monde et pre­mier parte­naire de l’OM. Il règne donc sur les mers mais aus­si sur les médias français : BFM, RMC, La Provence, Brut… Rien n’échappe à l’appétit féroce du richissime Mar­seil­lais. Très proche d’Emmanuel Macron, Rodolphe Saadé affirme néan­moins être un légitimiste qui s’adapte quel que soit le pou­voir en place.

L’empire maritime de la famille Saadé

Tout com­mence avec Jacques Saadé. Le père de Rodolphe Saadé, né en 1937 à Tripoli au Liban, vit en Syrie. Sa famille est spé­cial­isée dans la pro­duc­tion et la trans­for­ma­tion indus­trielle de tabac, coton, huile d’olive et glaçons. Cepen­dant, après un coup d’État en 1963, le par­ti baa­siste nation­alise de nom­breuses entre­pris­es et ter­res agri­coles, dont celles des Saadé, les con­traig­nant à retourn­er au Liban. Les Saadé s’installent alors à Bey­routh. C’est là que Jacques reprend et développe les affaires famil­iales dans le trans­port mar­itime, et que naît son fils Rodolphe en 1970.

La guerre civile libanaise, qui éclate en 1975, boule­verse à nou­veau leur vie. Pour pro­téger sa femme Naïla et ses trois enfants : Tanya, Rodolphe et Jacques « Junior » des vio­lences, Jacques Saadé décide de par­tir en 1978. Il choisit Mar­seille, ville méditer­ranéenne qui lui rap­pelle Bey­routh. Le 13 sep­tem­bre 1978, il y fonde la Com­pag­nie mar­itime d’affrètement (CMA) avec son frère John­ny, qua­tre col­lab­o­ra­teurs et un seul navire (le Ville d’Orient).

Les pre­mières lignes relient Mar­seille au Liban et à la Syrie. En 1983, Jacques Saadé envoie ses pre­miers navires au-delà de la Méditer­ranée et leur fait franchir le canal de Suez. En 1986, il lance une ligne reliant l’Europe du Nord à l’Asie. En 1992, il ouvre le pre­mier bureau de CMA à Shang­hai, per­suadé que la Chine deviendrait « l’usine du monde ». Sa famille le rejoint pro­gres­sive­ment : Rodolphe arrive en France à Mar­seille en 1981, à l’âge d’environ 11 ans.

Il fau­dra atten­dre 1996 pour que la Com­pag­nie mar­itime d’Affrètement (CMA) acquière la Com­pag­nie générale mar­itime (CGM), notam­ment grâce au prési­dent de l’époque Jacques Chirac, qui a pesé en faveur des Saadé, con­tre l’avis de son min­istre des Finances Jean Arthuis. CGM dis­pose alors de 19 navires opéra­tionnels et de lignes mar­itimes « mon­di­ale­ment recon­nues » vers les Antilles et l’Amérique. La CGM fusionne avec la CMA en 1999 et le groupe est désor­mais le douz­ième plus grand con­glomérat de trans­port mar­itime au monde.

Jeunesse et Formation

Après son ado­les­cence passée dans la cité phocéenne, Rodolphe Saadé effectue ses études supérieures au Cana­da. Il obtient un diplôme en com­merce et mar­ket­ing à l’université Con­cor­dia de Mon­tréal en 1994.

Parcours professionnel

Son ascension à CMA CGM

Après ses études, de retour au Liban, Rodolphe Saadé com­mence par créer sa pro­pre entre­prise au Liban, Dynam­ic Con­cept, une société spé­cial­isée dans les fontaines à eau. Cette pre­mière expéri­ence lui per­met de se famil­iaris­er avec le com­merce inter­na­tion­al, notam­ment entre le Liban et la Syrie.

Il rejoint ensuite le groupe famil­ial CMA CGM en 1994. Rodolphe Saadé débute par des postes à l’international, d’abord à New York, puis à Hong Kong, où il acquiert une solide expéri­ence des marchés mondiaux.

De retour au siège de Mar­seille en 1997, il grav­it rapi­de­ment les éch­e­lons en prenant la respon­s­abil­ité de plusieurs lignes mar­itimes. Entre 1997 et 2000, il dirige suc­ces­sive­ment des lignes reliant les États-Unis, la Méditer­ranée, l’Extrême-Orient et l’Europe du Nord. En 2000, il est nom­mé directeur des lignes transat­lan­tiques et transpacifiques.

En 2004, il devient directeur général en charge du développe­ment des lignes régulières sur l’axe Nord/Sud (Amérique du Nord, Amérique cen­trale, Caraïbes, Afrique, Aus­tralie et océan Indi­en). En 2006, à la suite de l’acquisition de Del­mas (com­pag­nie mar­itime française his­torique, spé­cial­isée dans le trans­port mar­itime de con­teneurs et de marchan­dis­es), Rodolphe Saadé super­vise l’expansion et la trans­for­ma­tion de cette fil­iale en Afrique et dans l’océan Indi­en, en faisant un opéra­teur rentable et per­for­mant. CMA CGM devient alors n°3 mon­di­al avec une flotte qui dépasse large­ment les 100 navires.

Nom­mé vice-prési­dent et mem­bre du con­seil d’administration en 2010, Rodolphe Saadé pilote la restruc­tura­tion finan­cière du groupe pen­dant une péri­ode dif­fi­cile pour le secteur. Il joue égale­ment un rôle clé dans des opéra­tions stratégiques majeures, comme l’acquisition de Nep­tune Ori­ent Lines (NOL) en 2015 et la négo­ci­a­tion de l’alliance opéra­tionnelle Ocean Alliance avec Cosco Ship­ping, Ever­green Line et OOCL. Le nom­bre de bateaux de la com­pag­nie aug­mente con­sid­érable­ment, pas­sant à 471 en 2015.

Le 7 févri­er 2017, son père le nomme directeur général du groupe. Puis, à peine quelques mois plus tard, c’est la con­sécra­tion pour Rodolphe Saadé : il devient en novem­bre de la même année prési­dent-directeur général de CMA CGM, suc­cé­dant offi­cielle­ment à son père. Depuis, il pilote la stratégie du groupe, avec un accent sur le ren­force­ment du trans­port mar­itime (la flotte compte 650 navires aujourd’hui), le développe­ment de la logis­tique (via l’acquisition de CEVA Logis­tics), la créa­tion de CMA CGM Air Car­go, la dig­i­tal­i­sa­tion et la tran­si­tion environnementale.

En 2022, il pilote plusieurs acqui­si­tions stratégiques, notam­ment Ingram CLS pour con­solid­er la présence du groupe dans la logis­tique du e‑commerce, GEFCO afin de faire de CMA CGM un leader sur le seg­ment auto­mo­bile, ain­si que Col­is Privé pour dévelop­per la logistique.

Au plus fort de la pandémie de Covid-19, CMA CGM a tiré par­ti de la forte hausse des tar­ifs de fret mar­itime, provo­quée par la con­ges­tion por­tu­aire mon­di­ale et la demande soutenue en biens de con­som­ma­tion. Le groupe a ain­si affiché des résul­tats excep­tion­nels, avec un béné­fice net de 17,9 mil­liards de dol­lars en 2021, puis un pic his­torique de 24,9 mil­liards de dol­lars (env­i­ron 23,5 mil­liards d’euros) en 2022. Ces per­for­mances ont propul­sé l’armateur mar­seil­lais au rang d’entreprise la plus rentable de France cette année-là, dépas­sant les majors du CAC 40.

En 2026, CMA CGM emploie 160 000 employés répar­tis dans 160 pays à tra­vers 400 bureaux et pos­sède 1 000 entre­pôts. Le méga-groupe mar­itime dessert 420 des 521 ports com­mer­ci­aux du monde et exploite plus de 250 lignes maritimes.

Mais pour Rodolphe Saadé, être le roi des mers ne suff­i­sait pas : il est aus­si l’homme qui voulut être roi des médias . Et vite.

2022 : Les « illusions perdues » de La Provence

Son pre­mier coup d’éclat dans les médias inter­vient en 2022 avec le rachat du groupe La Provence, édi­teur du quo­ti­di­en mar­seil­lais éponyme et de Corse-Matin. Cette acqui­si­tion, par­ti­c­ulière­ment dis­putée, l’oppose à Xavier Niel, déjà action­naire minori­taire à 11 % du titre. Après une bataille qui dure plusieurs mois et donne lieu à de mul­ti­ples recours judi­ci­aires, Rodolphe Saadé pro­pose une offre net­te­ment supérieure (81 mil­lions d’euros pour les 89 % détenus par la famille Tapie) et finit par l’emporter. Il rachète égale­ment les parts de Xavier Niel. L’acquisition est final­isée en octo­bre 2022 pour un mon­tant total estimé autour de 100 mil­lions d’euros, inclu­ant des engage­ments d’investissements.

Mais comme nous l’expliquions dans notre arti­cle de 2024, « les promess­es n’engagent que ceux qui les enten­dent, pas ceux qui les font ». Et pour cause, mal­gré les promess­es de Rodolphe Saadé d’investissements ambitieux, de développe­ment du titre et de non-inter­ven­tion dans la ligne édi­to­ri­ale, la réal­ité appa­raît bien dif­férente. Le groupe a rapi­de­ment opéré un virage bru­tal et inter­ven­tion­niste. Le directeur de la rédac­tion, Aurélien Viers, est écarté après seule­ment un peu plus d’un an à ce poste. Son limo­geage, offi­cielle­ment présen­té comme un départ volon­taire, inter­vient après une pre­mière page du jour­nal jugée trop cri­tique envers Emmanuel Macron au print­emps 2024, qui avait déjà valu à Viers une mise à pied. Cette déci­sion s’inscrit dans une vague de départs d’ampleur : près de 80 salariés quit­tent le jour­nal via un plan de départs et l’activation de la clause de ces­sion. Respon­s­ables du numérique, chefs de reportage, grands reporters et plusieurs chefs d’agence ont ain­si quit­té le titre. Dans le même temps, les ventes recu­lent d’environ 7 % en 2024, la baisse du papi­er n’étant pas com­pen­sée par le numérique. Pour de nom­breux obser­va­teurs, le « père Noël » promis par le PDG mar­seil­lais lors du rachat s’est rapi­de­ment mué en père Fou­et­tard, priv­ilé­giant le redresse­ment des comptes à l’expansion et à l’indépendance édi­to­ri­ale ini­tiale­ment annon­cées. Pour couron­ner le tout, la sit­u­a­tion du quo­ti­di­en est désas­treuse : 63 mil­lions de pertes entre 2023 et 2026. Même pour un mil­liar­daire, gér­er un média n’est pas chose aisée.

2023 : La Tribune Dimanche, pendant centriste du JDD

En mai 2023, CMA CGM annonce l’acquisition de La Tri­bune, un média économique fondé en 1985 (pure play­er puis quo­ti­di­en). L’opération est final­isée en juil­let 2023. Mais Rodolphe Saadé ne s’arrête pas en si bon chemin. Après avoir injec­té 7 mil­lions d’euros dans le titre économique, le groupe La Tri­bune lance La Tri­bune Dimanche, une édi­tion domini­cale qui occupe donc le même créneau que Le JDD de Vin­cent Bol­loré (pris en main en juin 2023).

Néan­moins, le prési­dent de la Tri­bune, Jean-Christophe Tor­to­ra, affirme ne pas prof­iter des dif­fi­cultés que ren­con­trait Le JDD à l’époque (40 jours de grève, en réac­tion à la nom­i­na­tion comme directeur de la rédac­tion de Geof­froy Leje­une, ex de Valeurs actuelles). Au sujet de la ligne édi­to­ri­ale de la Tri­bune Dimanche, Jean-Christophe Tor­to­ra déclare en août 2023 : « Nous voulons être le quo­ti­di­en du dimanche, sans couleur poli­tique, qui rassem­ble tous les Français » et pré­cise au Figaro que : la ligne édi­to­ri­ale ne sera « ni de droite, ni de gauche, et respectera le plu­ral­isme de notre rédac­tion ». En clair, une ligne cen­triste dans la veine du macro­nisme. L’OJIM avait d’ailleurs com­paré deux numéros parus le 15 octo­bre 2023.

Cepen­dant, de même que pour La Provence, les jour­nal­istes de La Tri­bune ont décidé à 92 % de déclencher une grève recon­ductible le 13 avril 2026. Les jour­nal­istes con­sid­èrent que le plan social mis en place par Jean-Christophe Tor­to­ra men­ace la survie du quo­ti­di­en économique. En effet, la direc­tion du jour­nal prévoit de fusion­ner BFMTV Busi­ness, déjà bien posi­tion­né sur le seg­ment télévi­suel de l’information économique, et La Tri­bune qui se trou­ve sur le même seg­ment côté papi­er et numérique. Déci­sion qui n’est pas au goût des jour­nal­istes qui ont peur de voir la moitié de leurs effec­tifs non renouvelés.

2024 : Entrée de CMA CGM dans l’audiovisuel national

En mars 2024, le mil­liar­daire fran­co-libanais fran­chit une nou­velle étape en annonçant le rachat d’Altice Media, le pôle médias de Patrick Drahi. Pour un mon­tant de 1,55 mil­liard d’euros, il acquiert l’un des ensem­bles audio­vi­suels les plus influ­ents de France, com­prenant BFMTV, BFM Busi­ness, BFM Régions, BFM Radio, RMC, RMC Sto­ry, RMC Décou­verte, RMC Sport et RMC BFM Play. L’opération, final­isée le 2 juil­let 2024 après l’obtention des autori­sa­tions régle­men­taires (ARCOM et Autorité de la con­cur­rence), place désor­mais Rodolphe Saadé à la tête d’un véri­ta­ble empire médiatique.

JDD vs. Tri­bune Dimanche, BFMTV vs CNews : à en croire un ancien patron de l’audiovisuel, l’Empire Saadé se livre à un « com­bat poli­tique souter­rain des pro­gres­sistes con­tre les con­ser­va­teurs ». Bien sûr, cette acqui­si­tion d’envergure accroît davan­tage la con­cen­tra­tion des médias français aux mains des grandes fortunes.

OPA bienveillante sur la formation journalistique ?

Selon nos sources, les dif­fi­cultés en ressources humaines ren­con­trées par Saadé au gré de ses ambi­tions médi­a­tiques l’ont incité à inve­stir directe­ment dans la for­ma­tion des jour­nal­istes. En novem­bre 2024, celui-ci a ain­si par­ticipé au rachat de l’École Supérieure de Jour­nal­isme de Paris (ESJ Paris), la plus anci­enne école de jour­nal­isme au monde. Via sa struc­ture CMA Média, il a rejoint un con­sor­tium de grands indus­triels et pro­prié­taires de médias — notam­ment Bernard Arnault, Vin­cent Bol­loré et la famille Das­sault — pour acquérir l’établissement en dif­fi­culté pour 2,6 mil­lions d’euros.

L’objectif affiché est de relancer cette école his­torique, de lui redonner une recon­nais­sance pro­fes­sion­nelle et d’en faire un « lab­o­ra­toire d’excellence », en for­mant les tal­ents de demain pour les rédac­tions des groupes con­cernés. Un rap­proche­ment qui a bien sûr sus­cité de vives craintes au sein de la cor­po­ra­tion, qui a vu d’un mau­vais œil cette ten­ta­tive de per­turber l’ordre médi­a­tique établi.

2025 : OPA sur la jeunesse et macronisation de Brut

L’appétit de Rodolphe Saadé pour les médias appa­raît sans borne. À tel point que le mil­liar­daire mar­seil­lais acquiert en sep­tem­bre 2025 Brut, média en ligne prisé par les jeunes généra­tions grâce à ses for­mats courts sur les réseaux soci­aux, typ­ique de la cul­ture dom­i­nante con­tem­po­raine. Brut a d’ailleurs annon­cé le 29 avril 2026 lancer leur pro­pre chaîne de télévi­sion. Le média dont l’un des jour­nal­istes emblé­ma­tiques est Rémy Bui­sine est accusé d’entretenir un rap­port très priv­ilégié avec Emmanuel Macron qui, désireux de touch­er les moins de 35 ans, a accordé qua­tre entre­tiens à Brut depuis 2018. Le Monde soulig­nait au print­emps 2026 la « prox­im­ité entre le prési­dent et le média aux mil­lions d’abonnés sur Tik­Tok et Insta­gram qui s’est con­solidée au fil du temps à la faveur d’images plutôt amènes pour le locataire de l’Élysée » et Le Canard enchaîné dévoilait le 28 avril que Brut avait déjà cédé aux con­signes dic­tées par l’Élysée.

En défini­tive, avec ces achats en cas­cade, le groupe CMA CGM est présent en France sur les cinq prin­ci­paux canaux de com­mu­ni­ca­tion : la télévi­sion, la radio, la presse, le dig­i­tal et l’évènementiel, offrant à Rodolphe Saadé une influ­ence con­sid­érable en France.

Par ailleurs, la hold­ing famil­iale des Saadé prit une par­tic­i­pa­tion de 20 % dans le groupe de ciné­ma Pathé en 2025. Le groupe a égale­ment acquis la chaîne Chérie 25 (qui devien­dra RMC Life).

Ce qu’il gagne

Selon les don­nées les plus récentes (mi-mai 2026), Forbes estime la for­tune per­son­nelle de Rodolphe Saadé à env­i­ron 7,9 mil­liards de dol­lars (env­i­ron 7,3 mil­liards d’euros). Il se situe autour de la 461ᵉ place mondiale.

Prix et récompenses

Distinctions françaises officielles

  • Cheva­lier de la Légion d’honneur (15 décem­bre 2017).
  • Offici­er de la Légion d’honneur (pro­mo­tion du 14 juil­let 2025, remise par Emmanuel Macron à l’Élysée le 26 févri­er 2026). C’est une pro­mo­tion récente et marquante.
  • Offici­er de l’ordre nation­al du Mérite (2022).

Récompenses dans le secteur maritime et entrepreneurial

  • News­mak­er of the Year et Com­pa­ny of the Year pour CMA CGM aux Lloyd’s List Glob­al Awards (2016).
  • Glob­al Per­son­al­i­ty aux Seatrade Mar­itime Awards Inter­na­tion­al (2020), pour sa con­tri­bu­tion à l’industrie mar­itime et à la tran­si­tion énergétique.
  • EY World Entre­pre­neur of the Year – France (classe 2022), recon­nais­sance pour sa trans­for­ma­tion auda­cieuse du ship­ping et de la logistique.

Distinctions académiques et internationales

  • Doc­teur hon­oris causa (LLD) de l’université Con­cor­dia (Mon­tréal, Cana­da) en juin 2023, pour son lead­er­ship vision­naire et sociale­ment respon­s­able. Il est aus­si recon­nu comme « Great Con­cor­dian ».
  • Ordre nation­al du Cèdre (grade d’Officier), décerné par le prési­dent libanais Joseph Aoun fin 2025, en recon­nais­sance de ses con­tri­bu­tions au Liban, à la société et à son lead­er­ship entrepreneurial.

Vie privée

Rodolphe Saadé est mar­ié à Véronique Alber­ti­ni-Saadé. Ensem­ble ils ont deux enfants.

Comme pour les familles Arnault ou Bol­loré, les postes à respon­s­abil­ité restent en famille. Notre info­gra­phie révèle que Rodolphe Saadé a placé les mem­bres de sa famille à des postes stratégiques. Son épouse Véronique Alber­ti­ni Saadé est à la tête de la branche médias du groupe. Sa sœur, Tanya Saadé Zeen­ny, est admin­is­tra­trice et direc­trice de la Com­mu­ni­ca­tion interne et externe, des rela­tions insti­tu­tion­nelles, de la RSE, de l’administration, de l’im­mo­bili­er et de la Fon­da­tion CMA CGM. Sa mère, Naïla Saadé, est admin­is­tra­trice et créa­trice de la Fon­da­tion CMA CGM qui pilote des opéra­tions human­i­taires. Le petit frère Jacques Junior Saadé est directeur cen­tral immo­bili­er du groupe, mais il ne siège pas au con­seil d’administration con­traire­ment aux autres.

Sa nébuleuse

Rodolphe Saadé est très proche d’Emmanuel Macron mais égale­ment de Bruno Le Maire, Édouard Philippe et Christophe Castaner.

Proche égale­ment de Renaud Muse­li­er, prési­dent du con­seil région­al de Provence-Alpes-Côte d’Azur, et de Benoît Payan, maire de Marseille.

Proche de Vin­cent Bol­loré, en dépit de leurs médias con­cur­rents. Dans les années 90, Jacques Saadé, père de Rodolphe, déje­u­nait avec Vin­cent Bol­loré à la Grande Cas­cade, restau­rant hup­pé du 1ᵉʳ arrondisse­ment. Les fils y rejoignent leur père et des années après, en 2023, Rodolphe rachète Bol­loré Trans­port and Logis­tics pour 5 mil­liards d’euros. Mais proche aus­si de Xavier Niel, con­cur­rent et parte­naire en affaires.

Rédac­tions du groupe Altice, du groupe La Provence, de La Tri­bune et de Brut et M6.

Il l’a dit

« Ce qu’on a tou­jours dit depuis quelques années, c’est que l’industrie du trans­port mar­itime est une indus­trie cyclique. », mati­nale de France Inter, 7 mai 2024.

« Nous entretenons d’excellentes rela­tions avec la famille Bol­loré et j’ai beau­coup d’estime pour Vin­cent Bol­loré. », mati­nale de France Inter, 7 mai 2024.

« Depuis 2 jours, on a final­isé l’acquisition de BFM et de M6, donc vous voyez ma voix a bais­sé d’un cran […] et RMC, j’ai dit quoi ? M6, ça, c’est déjà fait ! (…) Notre pôle média est désor­mais présent sur tous les canaux : TV, radio, web, presse nationale et régionale. », dis­cours de Rodolphe Saadé lors des Ren­con­tres inter­na­tionales médias (RIM) à Mar­seille le 5 juil­let 2024.

« La dés­in­for­ma­tion et les fake news sont de plus en plus util­isées par cer­tains pays. Pour garan­tir la vie démoc­ra­tique, il est néces­saire de s’appuyer sur des médias recon­nus pour leur exper­tise avec une infor­ma­tion objec­tive, sour­cée et fiable. », dis­cours de Rodolphe Saadé lors des Ren­con­tres Inter­na­tionales Médias (RIM) à Mar­seille le 5 juil­let 2024.

« Nos médias doivent au con­traire (des réseaux soci­aux) défendre une infor­ma­tion nuancée en met­tant l’accent sur les grands enjeux de la trans­for­ma­tion économique, socié­tale, cli­ma­tique et ter­ri­to­ri­ale. », dis­cours de Rodolphe Saadé lors des Ren­con­tres Inter­na­tionales Médias (RIM) à Mar­seille le 5 juil­let 2024.

« CMA CGM, c’est un groupe famil­ial basé à Mar­seille, nous sommes dans le trans­port et la logis­tique. Par exem­ple, les bas­kets que vous portez vien­nent prob­a­ble­ment d’Asie et sont trans­portées par des navires porte-con­teneurs et j’espère par des bateaux de CMA CGM […] et dernière­ment, comme vous le rap­peliez, nous avons pris un pour­cent­age de 9 % dans Air France-KLM et nous opérons des avions-car­gos un peu partout. », inter­view par Léa Salamé, France Inter, 15 novem­bre 2022.

« Ce que je dis, c’est que je suis un con­tribuable français et que je paie mes impôts en France. En tant que dirigeant, je souhaite être utile à mon pays et atten­tion au mes­sage qu’on fait pass­er aux entre­pre­neurs. Si sys­té­ma­tique­ment, on va les men­ac­er avec une taxe sur leurs prof­its, peut-être que cela peut avoir un impact négatif », inter­view par Léa Salamé, France Inter, 15 novem­bre 2022

« Je suis très attaché à ce qui se passe au Liban de par mes orig­ines et je pense vous aus­si. », inter­view par Léa Salamé, France Inter, 15 novem­bre 2022

« Mais alors dans ce cas-là, est-ce qu’il faut encore par­ler de la taxe au ton­nage, mon­sieur le rap­por­teur ? Est-ce que vous ne pensez pas qu’il est temps de pass­er à autre chose ? […] je veux dire à un moment, il faut rester raisonnable, on paie une taxe excep­tion­nelle qui ne peut pas aller au-delà d’une année. », audi­tion au Sénat du 12 mai 2025.

Ils l’ont dit

« C’est pas qu’il [Rodolphe Saadé] est rare dans les médias, c’est qu’il est car­ré­ment l’anti-Michel-Édouard Leclerc qu’on voit plus à la télé que Stéphane Bern. », le bil­let de Math­ieu Noël, France Inter, 15 novem­bre 2022.

« Rodolphe Saadé, vous êtes l’une des per­son­nes les plus rich­es de France tout en étant aus­si l’une des plus secrètes. Vous ne don­nez jamais d’interview. En un mot, vous êtes la Mylène Farmer du CAC 40. », Le bil­let de Math­ieu Noël, France Inter, 15 novem­bre 2022.

« La ques­tion qu’on se pose là, c’est : est-ce qu’Apolline de Mal­herbe va pou­voir con­tin­uer à évo­quer ce sujet à l’antenne ? Elle va avoir un nou­veau patron, Rodolphe Saadé, qui est com­plète­ment opposé à cette idée. Bah oui parce que ça le touche directe­ment, il en fait lui des super prof­its […], il y a moyen qu’à un moment il ait envie de pass­er un coup de fil au chef d’Apolline de Mal­herbe pour deman­der à Apolline d’arrêter de pos­er des ques­tions de merde ! », Blast, 7 avril 2024.

« Au pas­sage il donne du tra­vail à sa femme Véronique Saadé, qui se retrou­ve à la tête du groupe. Bon, avant elle vendait des yachts, mais après tout, why not ? », Blast, 7 avril 2024.

« Rodolphe Saadé, nou­veau chou­chou d’Emmanuel Macron ? », BFM­Busi­ness, 28 juin 2023.

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