Alors que se prépare la présidentielle 2027, le président de l’Arcom, Martin Ajdari, souhaite porter un « regard nouveau » sur les influenceurs et leur imposer les règles d’équilibre et de pluralisme. Pour Édouard Chanot, directeur de l’Ojim, le régulateur veut s’arroger de nouveaux pouvoirs.
« Ils vont s’attaquer aux créateurs de contenu », s’est alarmé le journaliste Tony Pittaro le 29 juillet. La veille, le président de l’Arcom, Martin Ajdari, révélait sur Sud Radio vouloir « un regard nouveau sur le rôle des créateurs de contenu ».
Alors que la présidentielle 2027 se prépare, l’autorité audiovisuelle envisage de « regarder ceux qui ont la plus grande influence », pour leur imposer les règles d’équilibre et de modération dans le traitement de la campagne.
« Si rien n’est fait pour stopper l’Arcom, à moyen terme, avant la fin du prochain quinquennat, on n’aura pas un gendarme mais un super-gendarme de l’audiovisuel », a fait remarquer Edouard Chanot, directeur de l’Ojim, au micro de Tony Pittaro. Un super-gendarme qui « se sera arrogé toutes les compétences nécessaires pour dicter sa notion très discutable du pluralisme à l’ensemble des médias, jusqu’aux plateformes ».
« Tbo in Shape, c’est quelqu’un de bien, Hugo Décrypte, c’est quelqu’un, Tony Pittaro, non », s’inquiète celui-ci, qui a multiplié ces dernières semaines les reportages viraux sur l’inhalation du protoxyde d’azote par les jeunes ou les saccages au lendemain de la victoire du PSG. Sera-t-il bientôt tenu d’inviter des personnalités de tout le spectre politique ?
Un arbitraire que l’on peut craindre : l’Arcom a déjà, par les chaînes de télévision, ses cibles privilégiées. CNews a été plus sanctionnée que toutes les autres pour des propos tenus à l’antenne ou pour un « traitement univoque » de l’actualité. Pourtant, les études de l’Ojim attestent d’un pluralisme tout aussi relatif sur BFM, LCI ou France Info.
« Cela peut changer relativement rapidement »
Les risques pour les créateurs de contenu ? La mise à mort sociale et économique, une amende même légère pourrait mettre un terme à leur aventure entrepreneuriale qui reste précaire. « Jusque-là, ils ne contrôlaient pas les créateurs de contenu, mais cela peut changer relativement rapidement », estime Edouard Chanot : « toutes les régulations se sont empilées, qu’elles soient françaises ou bruxelloises », permettant à l’autorité de trouver dans tous ces textes la justification d’un nouvel abus de pouvoir.
« Martin Ajdari n’arrête pas de dire qu’il se considère comme un « arbitre », et non comme un gendarme », relève Edouard Chanot. Et de conclure : « Le problème, c’est qu’on se rappelle évidemment avec les matchs de Coupe du monde qu’un arbitre peut pencher d’un côté ou de l’autre et favoriser une équipe ! »
Voir aussi : L’Arcom frappe encore CNews : 200 000 euros pour des déclarations d’Erik Tegner

