Accueil E Veille médias E Arcom : « si rien n’est fait, dans cinq ans on aura un super-gendarme de l’audiovisuel »

Arcom : « si rien n’est fait, dans cinq ans on aura un super-gendarme de l’audiovisuel »

2 août 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

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Alors que se pré­pare la prési­den­tielle 2027, le prési­dent de l’Arcom, Mar­tin Ajdari, souhaite porter un « regard nou­veau » sur les influ­enceurs et leur impos­er les règles d’équilibre et de plu­ral­isme. Pour Édouard Chan­ot, directeur de l’Ojim, le régu­la­teur veut s’arroger de nou­veaux pouvoirs.

« Ils vont s’attaquer aux créa­teurs de con­tenu », s’est alar­mé le jour­nal­iste Tony Pit­taro le 29 juil­let. La veille, le prési­dent de l’Arcom, Mar­tin Ajdari, révélait sur Sud Radio vouloir « un regard nou­veau sur le rôle des créa­teurs de con­tenu ».

Alors que la prési­den­tielle 2027 se pré­pare, l’autorité audio­vi­suelle envis­age de « regarder ceux qui ont la plus grande influ­ence », pour leur impos­er les règles d’équilibre et de mod­éra­tion dans le traite­ment de la campagne.

« Si rien n’est fait pour stop­per l’Arcom, à moyen terme, avant la fin du prochain quin­quen­nat, on n’aura pas un gen­darme mais un super-gen­darme de l’audiovisuel », a fait remar­quer Edouard Chan­ot, directeur de l’Ojim, au micro de Tony Pit­taro. Un super-gen­darme qui « se sera arrogé toutes les com­pé­tences néces­saires pour dicter sa notion très dis­cutable du plu­ral­isme à l’ensemble des médias, jusqu’aux plateformes ».

« Tbo in Shape, c’est quelqu’un de bien, Hugo Décrypte, c’est quelqu’un, Tony Pit­taro, non », s’inquiète celui-ci, qui a mul­ti­plié ces dernières semaines les reportages viraux sur l’inhalation du pro­toxyde d’azote par les jeunes ou les saccages au lende­main de la vic­toire du PSG. Sera-t-il bien­tôt tenu d’inviter des per­son­nal­ités de tout le spec­tre politique ?

Un arbi­traire que l’on peut crain­dre : l’Arcom a déjà, par les chaînes de télévi­sion, ses cibles priv­ilégiées. CNews a été plus sanc­tion­née que toutes les autres pour des pro­pos tenus à l’antenne ou pour un « traite­ment uni­voque » de l’actualité. Pour­tant, les études de l’Ojim attes­tent d’un plu­ral­isme tout aus­si relatif sur BFM, LCI ou France Info.

« Cela peut changer relativement rapidement »

Les risques pour les créa­teurs de con­tenu ? La mise à mort sociale et économique, une amende même légère pour­rait met­tre un terme à leur aven­ture entre­pre­neuri­ale qui reste pré­caire. « Jusque-là, ils ne con­trôlaient pas les créa­teurs de con­tenu, mais cela peut chang­er rel­a­tive­ment rapi­de­ment », estime Edouard Chan­ot : « toutes les régu­la­tions se sont empilées, qu’elles soient français­es ou brux­el­lois­es », per­me­t­tant à l’autorité de trou­ver dans tous ces textes la jus­ti­fi­ca­tion d’un nou­v­el abus de pouvoir.

« Mar­tin Ajdari n’arrête pas de dire qu’il se con­sid­ère comme un « arbi­tre », et non comme un gen­darme », relève Edouard Chan­ot. Et de con­clure : « Le prob­lème, c’est qu’on se rap­pelle évidem­ment avec les matchs de Coupe du monde qu’un arbi­tre peut pencher d’un côté ou de l’autre et favoris­er une équipe ! »

Voir aus­si : L’Arcom frappe encore CNews : 200 000 euros pour des déc­la­ra­tions d’Erik Tegner

 

 

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