Accueil E Veille médias E « Un bon candidat contre le RN » : Ruquier, qui a nourri la radicalisation du discours, craint désormais ses conséquences

« Un bon candidat contre le RN » : Ruquier, qui a nourri la radicalisation du discours, craint désormais ses conséquences

1 juillet 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

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Alors qu’il s’inquiète d’une « rad­i­cal­i­sa­tion » de la vie poli­tique, Lau­rent Ruquier a plaidé sur RTL pour un « bon can­di­dat » de bar­rage con­tre le RN en 2027. L’ancien ani­ma­teur d’On n’est pas couché, qui a large­ment don­né la parole à Zem­mour pour faire de l’au­di­ence, sem­ble aujourd’hui effrayé par le paysage qu’il a con­tribué à façonner.

« Moi ce que je veux, c’est d’avoir un bon can­di­dat con­tre le Rassem­ble­ment nation­al au deux­ième tour » : un an avant l’élec­tion prési­den­tielle, Lau­rent Ruquier a déjà plaidé sur RTL pour le cor­don sanitaire.

Alors qu’il par­tic­i­pait le 26 juin dernier au fes­ti­val « L’Humour à la Plage » à Juan-les-Pins aux côtés de l’ac­teur et humoriste Kev Adams, l’animateur s’est livré à une analyse poli­tique alarmiste sur la prési­den­tielle 2027. « On est tous inqui­ets, il y a une rad­i­cal­i­sa­tion de la vie poli­tique avec des extrêmes qui s’affrontent, beau­coup de monde au cen­tre et beau­coup trop de can­di­dats », a regret­té Ruquier, avant d’a­jouter : « Je sais très bien que Jean-Luc Mélen­chon ne sera jamais, hélas, pour ceux qui votent pour lui, élu au deux­ième tour. »

L’occasion pour Fogiel de lui rap­pel­er gen­ti­ment son rôle dans la « rad­i­cal­i­sa­tion » qu’il dénonce aujourd’hui. Car ces pro­pos ont de quoi sur­pren­dre, dans la bouche de celui qui a longtemps incar­né « On n’est pas couché » sur France 2. Après tout, Ruquier n’a-t-il pas con­tribué à cette fameuse rad­i­cal­i­sa­tion en don­nant une expo­si­tion médi­a­tique majeure à Éric Zem­mour ou encore Aymer­ic Caron ?

Le con­stat est cru­el pour l’ancien pili­er du ser­vice pub­lic : après avoir ouvert grand ses micros à l’ensemble du spec­tre poli­tique de droite et de gauche, Lau­rent Ruquier sem­ble aujourd’hui effrayé par le paysage poli­tique qu’il a con­tribué à façon­ner. Sa solu­tion ? Vot­er Mélen­chon tout en espérant un « bon can­di­dat » de bar­rage face au RN. Un posi­tion­nement clas­sique de la gauche parisi­enne, qui joue le chic insoumis avant de vot­er pour l’or­dre établi.

Voir aus­si : Lau­rent Ruquier, portrait

Après l’échec à la télé : retour aux planches

Face aux scores cat­a­strophiques de son émis­sion sur T18, Lau­rent Ruquier a pris la déci­sion d’abandonner la télévi­sion pour se con­sacr­er pleine­ment au théâtre, « ses pre­mières amours ». Sa dernière comédie, « Chante et tais-toi », sera à l’affiche avec Vin­cent Niclo, Lau­rent Ruquier lui-même, Brigitte Win­s­tel, Emma Gamet et Car­o­line Bal, avec une mise en scène par Anne Bour­geois. Il a déjà écrit une quin­zaine de pièces.

Par­al­lèle­ment, l’animateur-producteur investit dans la pierre théâ­trale. Il a acquis le bail du Théâtre de la Comédie des Champs-Élysées et du Stu­dio des Champs-Élysées. Selon ses pro­pres déc­la­ra­tions, il serait en passe de racheter le Théâtre de la Tête d’Or à Lyon, dont les pro­prié­taires l’auraient sollicité.

Du petit écran aux planch­es, Ruquier boucle la boucle. Reste à savoir si le pub­lic suiv­ra cet adieu à la télé et si ses nou­velles aven­tures théâ­trales ren­con­treront le suc­cès que ses dernières expéri­ences télévi­suelles n’ont pas su conserver.

Jean-Charles Souli­er

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