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19 juin 2026 | Temps de lecture : 8 minutes
Portrait

Amine Elbahi

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Du drame familial à la saisine de l’Arcom

Amine Elbahi s’est fait con­naître du grand pub­lic en 2016 en témoignant du départ de sa sœur Leïla pour rejoin­dre Daech en Syrie. Juriste engagé con­tre l’islamisme au sein de LR, il devient chroniqueur réguli­er sur CNews avant de s’attaquer à l’émission « 100 % Fron­tières » en sai­sis­sant l’Arcom.

Famille et jeunesse

Né le 27 avril 1996 à Roubaix, dans une fratrie de six enfants d’origine kabyle algéri­enne, nés de « trois pères dif­férents ». Il dit avoir gran­di dans un quarti­er ghettoïsé.

À 18 ans, il est con­fron­té au choc de sa vie : sa sœur Leïla quitte le domi­cile famil­ial pour rejoin­dre les rangs de Daech en Syrie. Cette affaire le fait con­naître des médias en 2016. La Voix du Nord a été le pre­mier jour­nal à l’avoir interviewé.

Plus tard, il témoign­era avoir quit­té Roubaix après des men­aces de mort suite à ses pris­es de posi­tion con­tre l’islamisme et l’« islami­sa­tion de la ville ». Il affirme même avoir été placé sous pro­tec­tion poli­cière après la dif­fu­sion d’une enquête sur M6.

Formation

Après l’obtention d’un bac­calau­réat économique et social, spé­cial­ité sci­ences poli­tiques, au lycée Jean Moulin de Roubaix en 2015, il pour­suit ses études à l’université de Lille, où il obtient une licence de droit puis un mas­ter 2 en droit pub­lic des affaires, avec une spé­cial­i­sa­tion en droit pub­lic de l’économie.

Il com­plétera cette for­ma­tion, en 2021–2022, par la « Classe Tal­ents » de l’ENA et la pré­pa­ra­tion en affaires publiques de l’École nor­male supérieure.

Parcours professionnel

Il évolue pro­fes­sion­nelle­ment dans le secteur du droit pub­lic, de l’administration et de la pro­duc­tion de con­tenus juridiques. Il fait ses pre­mières armes à la Métro­pole européenne de Lille, où il occupe suc­ces­sive­ment plusieurs fonc­tions de juriste de 2016 à 2018, avant de rejoin­dre en 2020 le Cen­tre hos­pi­tal­ier de Roubaix comme médi­a­teur Covid-19.

En 2021, il pour­suit sa car­rière de juriste, d’abord en cab­i­net d’avocats et au Tri­bunal admin­is­tratif de Paris, puis chez SOCLE Avo­cats à par­tir de 2022. Par­al­lèle­ment, il enseigne à l’université de Lille entre 2022 et 2023, comme chargé d’enseignement. Il devient ensuite rédac­teur juridique pour Verbes et Lois entre 2024 et 2025.

Parcours militant

Ses pris­es de posi­tion con­tre l’islamisme, dans le sil­lage des atten­tats qui ont endeuil­lé la France, l’ont con­duit à s’engager active­ment au sein de for­ma­tions poli­tiques de droite. D’abord, au sein de l’UMP, dès 2014. Il rejoint la cam­pagne de Valérie Pécresse pour la prési­den­tielle 2022, au sein du pôle « Autorité » piloté par Éric Ciot­ti, présen­té comme une sorte d’« arme » de Pécresse con­tre les extrêmes (Zem­mour, Le Pen).

Les Répub­li­cains l’investissent comme can­di­dat aux lég­isla­tives dans la 8ᵉ cir­con­scrip­tion du Nord (Roubaix), cir­con­scrip­tion très défa­vor­able à la droite. Il obtient 6 % des voix au pre­mier tour.

À l’automne 2022, il se ral­lie ensuite publique­ment à Éric Ciot­ti dans la course à la prési­dence de LR, con­fir­mant son ancrage dans l’aile la plus dure du par­ti sur les trois thèmes phares (sécu­rité, immi­gra­tion, islamisme).

Collaborations médiatiques

Sa pre­mière con­tri­bu­tion dans la presse a été pub­liée par Libéra­tion. En octo­bre 2016, il signe une tri­bune inti­t­ulée « Elle est par­tie défi­er la République qui n’a pas su la retenir », revenant sur la mésaven­ture de sa sœur.

Le grand pub­lic décou­vre Amine Elbahi, en jan­vi­er 2022, à tra­vers « Zone inter­dite » (M6), où il témoigne des dérives islamistes et du com­mu­nau­tarisme à Roubaix, évo­quant notam­ment des poupées sans vis­ages mis­es en vente par des mag­a­sins islamiques. Se dis­ant men­acé de mort, il a été placé sous pro­tec­tion policière.

Il est dans la foulée repéré par Cnews, et devient chroniqueur réguli­er en 2023–2024. Il inter­ve­nait régulière­ment dans plusieurs for­mats : Moran­di­ni Live, L’Heure des Pros, Le Meilleur de l’Info puis 100 % Fron­tières.

Par­al­lèle­ment, il pub­lie aus­si des tri­bunes et analy­ses dans des médias classés à droite comme Le Figaro, Atlanti­co ou encore Valeurs actuelles, sur des thèmes d’actualité liés à l’islamisme, à l’insécurité et au plu­ral­isme médiatique.

Controverses

Le 10 juin 2026. Médi­a­part révèle qu’Amine Elbahi a saisi l’ARCOM con­tre Cnews et l’émission « 100 % Fron­tières ». Dans son sig­nale­ment, le chroniqueur s’attaquait à Erik Teg­nér, coan­i­ma­teur de l’émission, en jugeant que les « pris­es de posi­tion claire­ment iden­ti­fi­ables » de ce dernier font peser « un risque sérieux de déséquili­bre dans l’expression des courants de pen­sée et d’opinion ».

Après avoir lui-même prof­ité des tri­bunes sur Cnews pour pro­mou­voir une cer­taine idée de l’anti-islamisme, le voilà qui reprochait à l’émission 100 % Fron­tières la place « qua­si exclu­sive » accordée à l’immigration, l’islam, l’insécurité et les Français issus de l’immigration. Il a dénon­cé des séquences où l’on a demandé à plusieurs repris­es à des invités d’origine maghrébine (dont lui-même) s’ils se sen­taient « 100 % Français », ce qu’il a vécu comme stigmatisant.

Il a ain­si été jusqu’à deman­der à l’ARCOM de compt­abilis­er le temps de parole d’Erik Teg­nér « en sa qual­ité de per­son­nal­ité poli­tique », dans le sens où celui-ci, d’après une enquête du média bre­ton Splann, serait adhérent du micropar­ti Identité‑Libertés, fondé par Mar­i­on Maréchal. Ironie de l’histoire : l’information a depuis été démentie.

https://x.com/AmineElbahii/status/2064718365482996096?s=20

Amine Elbahi a toute­fois déclaré sur X « pren­dre ses respon­s­abil­ités », assumant avoir demandé à l’autorité de régu­la­tion de « tir­er les con­séquences » des « nou­veaux élé­ments d’information relat­ifs à la sit­u­a­tion poli­tique d’Erik Teg­nér » au regard des règles sur le pluralisme.

Le trublion chroniqueur mis­ait sans doute sur la facil­ité avec laque­lle l’ARCOM agit con­tre CNews, régulière­ment inter­pel­lée et sanc­tion­née pour man­que­ments à ses oblig­a­tions (qui s’élèvent au print­emps 2026 à 630 000 euros d’amendes et à 61 sanctions).

Il a toute­fois demandé d’être retiré de « 100 % Fron­tières », tout en accep­tant d’intervenir encore sur le média. « Je n’ai pas été écarté de CNews et je con­tin­uerai à inter­venir dans les dif­férentes émis­sions de la chaîne afin d’élargir les angles de débat, comme je le fais depuis plus de 5 ans », a‑t-il posté le 3 juin 2026 sur X.

Publications

Amine Elbahi est l’au­teur d’un livre‑témoignage, Je ne me tairai pas !, pub­lié en 2022 aux édi­tions Robert Laf­font. Dans cet ouvrage, il revient avec moult détails sur son enfance à Roubaix, le départ de sa sœur pour Daech en 2014 et son activisme con­tre l’islamisme, en se tar­guant de l’avoir fait à vis­age découvert.

Sa nébuleuse

Cette expéri­ence per­son­nelle fit rapi­de­ment de lui un mil­i­tant engagé con­tre l’islamisme en France, à l’heure où de nom­breux médias et acteurs poli­tiques dénonçaient « l’entrisme » des mou­ve­ments islamistes dans les institutions.

Dans son livre, il indique avoir d’abord rejoint la réserve citoyenne de l’Éducation nationale créée par la min­istre en place Najat Val­laud-Belka­cem après la vague d’attentats de 2015 et 2016 pour « pro­mou­voir les valeurs de la République ».

Il a depuis été sol­lic­ité pour inter­venir dans des for­ma­tions de préven­tion de la rad­i­cal­i­sa­tion des­tinées à des pro­fesseurs, des con­seillers prin­ci­paux d’éducation et des chefs d’établissement, où il les ini­ti­ait à détecter les pre­miers signes de radicalisation.

En 2019, il crée une asso­ci­a­tion, la Caisse sociale, dont l’objectif est de « per­me­t­tre à tout un cha­cun d’exercer tous ses droits en matière de presta­tions sociales.

Depuis 2022, il milite pour le rap­a­triement des femmes et enfants de dji­hadistes retenus en Syrie.

En 2020, il adhère à l’association Anti­cor (une asso­ci­a­tion de lutte anti­cor­rup­tion fondée en 2002).

En 2024, il fonde Vigie Lib­erté, une asso­ci­a­tion regroupant des juristes, des avo­cats et des uni­ver­si­taires engagés dans la défense des lib­ertés publiques. Il annonce le 18 juin 2026 « la pre­mière vic­toire au fond » de son organ­i­sa­tion, con­tre un arrêté de la pré­fec­ture du Doubs autorisant l’usage de caméras aéro­portées par la gen­darmerie pour une durée de 3 mois.

Il l’a dit

« Moi, je me défi­nis en France comme 100 % français (…) mais sans oubli­er mes orig­ines. », CNews, 21 mai 2026.

« Les Français ont une jus­tice admin­is­tra­tive à deux vitesses sous les yeux. », CNews, 6 mai 2026.

« Les Français ne font pas assez d’enfants, tan­dis que le pays accueille des chiffres records au titre de l’immigration. », CNews, 10 mai 2025.

« Israël mène un com­bat pour sa survie. », CNews, 17 avril 2026.

Ils ont dit

« Un jeune juriste roubaisien d’origine kabyle engagé con­tre l’islamisme », devenu une « arme » de Valérie Pécresse con­tre les extrêmes, y com­pris Éric Zem­mour », Le Figaro, 10 octo­bre 2022.

« Il est un juriste de Roubaix aux con­vic­tions laïques, pris en étau entre les com­mu­nau­taristes qui lui reprochent son com­bat con­tre l’islamisme et les iden­ti­taires d’extrême droite », Mar­i­anne, 21 févri­er 2022

« (…) CNews est si rad­i­cale qu’elle choque même en interne. Au point qu’un chroniqueur de la chaîne a dis­crète­ment saisi l’Arcom. », Medi­a­part, 10 juin 2026.

« Mer­ci à mon ami Amine Elbahi pour le com­bat qu’il mène depuis si longtemps. », Marine Le Pen (In Je ne me tairai pas, 2022).

« Mes­dames et messieurs, savez-vous que vos impôts finan­cent par­fois des asso­ci­a­tions islamiques, à cause de la com­pro­mis­sion de vos élus ? Je salue le courage d’Amine Elbahi qui nous le révèle. », Éric Zem­mour (in Je ne me tairai pas, 2022).

Mus­sa A.

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