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<span class="dquo">«</span> Discrimination » : l’ARCOM met CNews en demeure, la liberté de débattre en ligne de mire

9 janvier 2026

Temps de lecture : 3 minutes
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« Discrimination » : l’ARCOM met CNews en demeure, la liberté de débattre en ligne de mire

Temps de lecture : 3 minutes

« Discrimination » : l’ARCOM met CNews en demeure, la liberté de débattre en ligne de mire

Pub­liée fin décem­bre au Jour­nal offi­ciel, une mise en demeure de l’ARCOM vise CNews après deux séquences con­sacrées à l’immigration et à l’islam. Le régu­la­teur invoque un risque d’« encour­age­ment » de com­porte­ments dis­crim­i­na­toires. La chaîne, elle, se retrou­ve à nou­veau som­mée de cadr­er le débat en direct.

La déci­sion de l’autorité éta­tique illus­tre une ten­sion récur­rente : com­ment con­cili­er, sur une antenne d’information en con­tinu, la con­fronta­tion d’idées, par­fois bru­tales, et des oblig­a­tions de maîtrise édi­to­ri­ale dont l’ARCOM fait une lec­ture de plus en plus exigeante. Dans un con­texte de ten­sion entre médias publics et privés et alors que l’ARCOM épluche les con­tenus des médias de la sphère Bol­loré, cette nou­velle mise en demeure s’inscrit dans une bataille plus vaste.

Deux séquences, un même reproche : l’absence de « recadrage » suffisant

L’ARCOM fonde sa mise en demeure sur deux extraits pré­cis. Le 29 jan­vi­er 2025, dans « La Grande Inter­view », le maire de Romans-sur-Isère, Marie-Hélène Tho­raval, relie des attaques au couteau à un « car­ac­tère cul­turel » et à des auteurs non « Français de souche », évo­quant un lien avec « l’islam ». Pour le régu­la­teur, la séquence pose prob­lème notam­ment parce qu’elle n’aurait sus­cité « aucune réac­tion » de l’animatrice, Sonia Mabrouk. L’édile avait déjà été, indi­recte­ment, con­cernée par une mise en cause de la chaîne sur sai­sine de RSF pour avoir trop traité le meurtre de Thomas à Crépol.

Deux­ième épisode : le 20 mars 2025, dans « Moran­di­ni Live », le jour­nal­iste Jor­dan Flo­rentin (média Fron­tières) évoque des immi­grés comme des « mass­es » et par­le de « grand rem­place­ment ». L’ARCOM estime que la con­tra­dic­tion en plateau a été « insuff­isante » et reproche au présen­ta­teur, Jean-Marc Moran­di­ni, d’avoir « pris le par­ti » de l’invité.

Une mise en demeure n’est pas une sanction… Mais un avertissement lourd

Sur l’échelle d’intervention de l’ARCOM, la mise en demeure est un cran au-dessus de la mise en garde et ouvre la voie, en cas de récidive, à une procé­dure pou­vant aboutir à une sanc­tion financière.

Dit autrement : le régu­la­teur ne con­damne pas (encore) mais trace une ligne rouge et place l’éditeur sous sur­veil­lance ren­for­cée, exerçant ain­si une pres­sion d’ordre édi­to­r­i­al sur les jour­nal­istes de la chaîne.

C’est aus­si là que se cristallise la cri­tique, côté CNews et de ses sou­tiens : la police du « bon recadrage » en direct peut, à force, encour­ager l’autocensure et trans­former le débat en exer­ci­ce sous con­trainte, surtout lorsqu’il s’agit de sujets explosifs (insécu­rité, immi­gra­tion, reli­gion) que l’actualité impose déjà aux rédactions.

Un bras de fer ancien entre CNews et le régulateur

Cette mise en demeure s’ajoute à une série de con­tentieux plus anciens.

En novem­bre 2024, l’ARCOM a infligé 100 000 euros d’amende après la dif­fu­sion, sans con­tra­dic­tion suff­isante, d’une affir­ma­tion présen­tant l’avortement comme « pre­mière cause de mor­tal­ité dans le monde », et 50 000 euros pour la reprise d’allégations jugées erronées sur des « par­ents musul­mans » lors d’un voy­age sco­laire.

Plus large­ment, la pres­sion sur l’ARCOM s’est accrue depuis 2024, notam­ment sur le ter­rain du plu­ral­isme, avec un dur­cisse­ment des règles de con­trôle décidé l’été 2024.

Rodolphe Cha­la­mel

Voir aus­si : On ne les arrête plus : Canal + lance « CNews Prime » et « Europe 1 TV »