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Pub­lié le 27 août 2019 | Éti­quettes : , ,

Un jour en France avec Le Parisien. Deuxième partie

Dans son édition du 23 au 29 août 2019, Marianne donnait à lire un article au sujet de l’assassinat du vendeur de kebab Fares par un malien à Noisy-le-Grand. L’article ne cachait pas les origines des personnes impliquées. Un cas intéressant qui permet de saisir le réel de ce qu’est aujourd’hui la France. Un second exemple, qui est un peu un contre-exemple, avec le quotidien Le Parisien.

Du halal à Gagny

Dans son édition du 22 août 2019, Le Parisien se fait l’écho d’un conflit opposant un commerçant ayant « une certaine notoriété » et la mairie de Gagny, en Seine-Saint-Denis. Le titre : « Gagny : la boucherie halal indésirable sur l’avenue commerçante ». En soi, c’est déjà une prise de position, le quotidien pouvant très bien proposer un autre titre, comme par exemple : « Une boucherie halal sur l’avenue principale de Gagny pourquoi faire ? ». D’évidence, le fait de manger « halal » n’entrant pas dans les habitudes des Français et des Européens, Le Parisien pouvait interroger le pourquoi d’une telle boucherie, au moins, mais aussi en indiquer le caractère à priori exotique sur le territoire français. Ce n’est pas le cas, le ton de l’article étant globalement favorable à la boucherie halal concernée.

Plusieurs éléments notables sont à relever dans cet article :

  • Si la boucherie demeure fermée, alors que tout est prêt écrit le journaliste, « le rideau de fer reste baissé », « la faute à un conflit entre la municipalité et le gérant », ce dernier étant nommé. Il porte comme prénom Omar.
  • Omar est largement mis en avant, la parole lui est beaucoup donnée (en français) et l’article respire la sympathie à son égard, la faute semblant plutôt incomber à une mairie soupçonnée sans que cela soit réellement affirmé d’un possible peu de goût pour la culture musulmane. C’est que Omar est « un entrepreneur à succès avec quatre autres boucheries en activité à Paris, Clichy-sous-bois et au Kremlin Bicêtre ». Un créateur d’emplois, c’est probable, et sans doute ouvert à la diversité extra-européenne lors des recrutements.
  • Omar a en effet eu l’autorisation d’acheter ce local et de faire des travaux mais il a commencé ces derniers avant d’y être autorisé et surtout avait omis de signaler que la boucherie est halal… Un mode de fonctionnement, concernant les relations avec les autorités, directement importé des pays dits en développement. Omar a menti, semble-t-il, en parlant d’une « boucherie traditionnelle ». Notons qu’il y a déjà une boucherie halal à quelques mètres. C’est donc le tribunal administratif qui va trancher. Il n’est pas aisé de se comprendre entre cultures et le mot « traditionnel » prête à confusion.

Il est remarquable que Le Parisien, à l’instar de Marianne, indique maintenant les prénoms des personnes impliquées dans ce genre d’affaires, quotidiennes sur le territoire, qui montrent que le fameux « vivre ensemble » est en fait un vivre en conflit permanent, du fait de cultures qui, étant toutes pleinement respectables, ont simplement à se déployer chacune dans leurs aires civilisationnelles respectives. Concernant la culture islamique, Gagny peut apparaître comme extérieure à l’aire civilisationnelle musulmane : aux dernières nouvelles, ce n’est pas une fake news.

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