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Pub­lié le 18 janvier 2015 | Éti­quettes : , , ,

Un ancien de Charlie dénonce la « surenchère » de Charb

Après l'apparente unité nationale et journalistique suite à la mort des dessinateurs de Charlie Hebdo, les lignes commencent à s'effriter.

Dans L'Obs, Delfeil de Ton, dessinateur de l'hebdomadaire, revient sur ses souvenirs de ses anciens camarades. Mais autant dire que cet ancien de Hara-Kiri et cofondateur de Charlie n'a pas choisi de faire dans le consensuel mielleux.

« Je sais, ça ne se fait pas », prévient-il d'entrée. Car ce qu'il a à dire au sujet de Charb ne risque pas de plaire à tout le monde. S'il reconnaît qu'il fut « un gars épatant », il était également « une tête de lard ». Et Delfeil de lui reprocher d'avoir renchéri lors de la deuxième affaire des caricatures de Mahomet, en 2011 : « Il était le chef. Quel besoin a-t-il eu d'entraîner l'équipe dans la surenchère ? »

Et de rappeler qu'il avait, par cette provocation, « fait mettre en état de siège » les ambassades françaises dans les pays musulmans et fait « déployer toutes nos polices dans nos villes ». « Il fallait pas le faire mais Charb l'a refait », regrette-t-il avant de s'en prendre à la caricature de Mahomet publiée en septembre 2012, où l'on voyait le prophète de l'islam nu, à quatre pattes avec une étoile sur l'anus. « Tournez-le dans tous les sens, en quoi est-ce drôle, spirituel ? », s'interroge-t-il.

Furieux de cette publication à contre-courant de l'émotion générale, Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, a envoyé à Matthieu Pigasse, actionnaire de L'Obs, un texto incendiaire où il décrit son « immense déception » et dénonce « un papier polémique et fielleux » publié alors que « Charb n'est pas encore enterré ».

Patron de L'Obs, Matthieu Croissandeau a, de son côté, assumé cette décision. « Dans un numéro sur la liberté d'expression, il m'aurait semblé gênant de censurer une voix, quand bien même elle serait discordante. D'autant qu'il s'agit de la voix d'un des pionniers de cette bande », s'est-il justifié.

Voir notre infographie de Matthieu Pigasse

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