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Révélations sur l’Ukraine et les morts de Maïdan, vacuité des grands médias
Publié le 

27 novembre 2017

Temps de lecture : 4 minutes
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Révélations sur l’Ukraine et les morts de Maïdan, vacuité des grands médias

C’est bien connu : les médias officiels ne censurent pas, jamais, rien. Tout au contraire, ils sont les garants de la liberté de la presse et d’expression. Les sauveurs permanents de la démocratie. Rembobinez ! Derrière ce décor de carton-pâte, ces médias pratiquent une forme de censure dont ils sont les spécialistes : on passe sous silence, comme ailleurs on passe à tabac. La preuve par le traitement du massacre de la place Maïdan, plus de 80 morts en février 2014.

Entre eux, ils s’appellent « les grands médias » ou bien les « prin­ci­paux » médias. Dénom­i­na­tions amu­santes, tant au vu de la baisse de leur audi­ence réelle que de celle de leur véri­ta­ble influ­ence. Ils demeurent cepen­dant grands en ter­mes de coûts annuels pour cha­cun des con­tribuables français. Les pré­ten­dus « grands médias » osent même par­fois se dénom­mer « vrais » (sic !) médias. Médi­a­tisent-ils tou­jours quelque chose, à part entre eux ? Dans ce milieu con­san­guin, se pos­er cette sim­ple ques­tion c’est déjà som­br­er dans l’hérésie. Les médias offi­ciels ont leur sto­ry­telling. Et out­re le fait de se penser encore « grands », ce sto­ry­telling repose sur la croy­ance par exem­ple en un lec­torat véri­ta­ble pour les jour­naux papi­er, lequel se serait déplacé du papi­er juste­ment vers le web. Les jour­naux offi­ciels du régime qui vivent large­ment des sub­ven­tions de l’État comptent main­tenant plus les clics que les lecteurs, con­fon­dant du coup les derniers avec les pre­miers. Le con­texte est déjà pathé­tique en soi. Ce n’est pour­tant pas le plus grave.

Les médias officiels ? Silence assourdissant

Le plus fâcheux est que ces médias revendi­quant leur sérieux et leur légitim­ité sont sou­vent pris la main dans le sac de ce que le site Les Crises, au sous-titre évo­ca­teur d’« espace d’autodéfense intel­lectuelle », créé par Olivi­er Berruy­er, appelle des « No News ». De quoi s‘agit-il ? Dans un univers médi­a­tique offi­ciel qui pré­tend tra­quer les « Fake News » au sein des médias pen­sant autrement, on croise sou­vent des infor­ma­tions tron­quées ou bien des infor­ma­tions par­tielles qui ne sont jamais com­plétées mais plutôt vite retirées des écrans. Surtout si l’information dev­enue com­plète devait con­tredire telle ou telle con­cep­tion offi­cielle­ment admise comme étant le vrai. D’autres fois, c’est pire : cer­taines infor­ma­tions sont passées sous silence. Cette pra­tique con­cer­nait hier les événe­ments des guer­res de l’ex-Yougoslavie, elle se développe main­tenant au sujet de la Russie (cha­cun aura remar­qué que le pou­voir poli­tique russe tir­erait nom­bre des ficelles du monde, sinon toutes) et de con­flits tels que ceux d’Ukraine, de Crimée et du Don­bass. Nos médias offi­ciels ne pra­tiquent pas la Fake News, affir­ment-ils sou­vent sans rire. Ils choi­sis­sent en effet plus fréquem­ment de ne pas informer du tout quand une infor­ma­tion va à l’encontre des thès­es des­tinées à édu­quer le pub­lic. L’occurrence la plus récente de ce genre de pra­tiques ? Des infor­ma­tions au sujet du mas­sacre de Maï­dan occultées dans un silence assour­dis­sant par l’ensemble de la com­mu­nauté médi­a­tique con­san­guine .

Maïdan ? Des témoignages qui devraient faire l’ouverture et la Une des principaux médias

Et dont aucun pour­tant ne par­le. Le 20 novem­bre 2017, le site Les Crises pub­lie la vidéo d’un reportage dif­fusé cinq jours plus tôt sur la chaîne de télévi­sion ital­i­enne Canale 5, dans une émis­sion qui est l’équivalent d’Envoyé Spé­cial en France. L’émission revient sur le mas­sacre du Maï­dan et donne la parole à des témoins pour le moins impor­tants : des snipers faisant par­tie de ceux qui ont tiré sur les gens à Maï­dan. Des hommes qui ont per­pétré le mas­sacre. Offi­cielle­ment, du 18 au 20 févri­er 2014 une cen­taine de per­son­nes avaient été tuées à Kiev, en Ukraine, place Maï­dan, dans ce qui a été appelé « la révo­lu­tion de la dig­nité », sur ordre du gou­verne­ment pro-russe. Des événe­ments ayant con­duits à la des­ti­tu­tion du prési­dent Vik­tor Ianoukovitch, la plu­part du temps qual­i­fié d’« autori­taire » par les « démoc­ra­ties » occi­den­tales. C’est du reste pourquoi en 2015 l’anniversaire de cette des­ti­tu­tion et la com­mé­mora­tion du mas­sacre ont été célébrés par la représen­ta­tion d’une pièce de théâtre de l’incontournable Bernard-Hen­ri Lévy, célèbre com­bat­tant de tous les fronts de la lib­erté (de ses amis) de l’Ukraine à la Libye. Les événe­ments de Maï­dan sont loin d’être anodins : ils ont entraîné la crise de la Crimée et la guerre du Don­bass (ici la thèse offi­cielle), en plus de provo­quer un change­ment poli­tique insta­ble en Ukraine. « Autori­taire », le prési­dent Ianoukovitch est con­sid­éré comme respon­s­able de l’ouverture du feu sur les civils man­i­fes­tant con­tre lui en févri­er 2014. C’est la thèse offi­cielle, retenue par les médias tout aus­si offi­ciels jusqu’à aujourd’hui. Sauf que le reportage de Canale 5 donne la parole à des tireurs qui ont tué des man­i­fes­tants ce jour-là et qui affir­ment avoir ouvert le feu « à la demande de l’opposition et pour semer le chaos ». Autrement dit, pour provo­quer la des­ti­tu­tion de Ianoukovitch, à la faveur d’un drame provo­quant une émo­tion sinon mon­di­ale du moins européenne, et per­me­t­tant à toutes les bonnes con­sciences occi­den­tales d’en appel­er à la lutte con­tre la bar­barie etc. Dans ces cas-là, le nom de BHL sur­git tou­jours à un moment ou un autre. Selon leur pro­pre témoignage, les snipers seraient géorgiens et auraient été entraînés par des spé­cial­istes améri­cains. Notons que l’auteur du reportage, Gian Mica­lessin, est un jour­nal­iste et reporter de guerre expéri­men­té et réputé pour son indépen­dance.

Des fake news aux no news

Un reportage sérieux dif­fusé sur une chaîne de télévi­sion tout aus­si sérieuse et dans une émis­sion par­faite­ment légitime et offi­cielle, reportage remet­tant en cause la thèse offi­cielle con­cer­nant l’un des événe­ments les plus dra­ma­tiques s’étant déroulé en Europe depuis le début du siè­cle, lais­sant peut-être sup­pos­er l’existence d’une manip­u­la­tion et d’un coup d’État, si tout cela est avéré il y a plus qu’un scoop et a min­i­ma néces­sité de reportage inter­ro­gatif. Et que croyez-vous qu’il advint cepen­dant ? No News comme le dit Les Crises. Aucun grand média français ne s’est fait l’écho de cette infor­ma­tion, sans aucun doute par souci de lib­erté de la presse et de l’information comme de défense de la démoc­ra­tie. De quoi se sen­tir médi­a­tique­ment en sécu­rité et bien infor­mé. D’autant que la « lutte » sem­ble con­tin­uer sous forme de cen­sure des GAFA. Il est vrai qu’en France seul le média russe Sput­nik a évo­qué les révéla­tions du reportage au sujet de Maï­dan. Fer­mez le ban, et ouvrez le bal de la démoc­ra­tie ? Mais laque­lle ?

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo Canale 5. DR

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"Le partage, c'est le secret du bonheur."

Sylvain Augier, reporter, animateur de radio et de télévision