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Mort du journaliste Stéphan Villeneuve à Mossoul

23 juin 2017

Temps de lecture : 3 minutes
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Mort du journaliste Stéphan Villeneuve à Mossoul

23 juin 2017

Temps de lecture : 3 minutes

Le reporter d’images français Stéphan Villeneuve, âgé de 48 ans, est mort lundi 19 juin 2017 à Mossoul des suites de l’explosion d’un engin artisanal explosif (IED) dans les rues de Mossoul. Son fixeur, Bakhtiyar Addad, un journaliste kurde habitué à travailler avec les médias français, est décédé aussi, tandis que deux autres journalistes français – Véronique Robert, qui travaillait elle aussi pour Envoyé Spécial, et Samuel Forcy (Le Figaro, Télérama, Les Inrocks) ont été blessés et sont soignés dans un hôpital militaire américain en Irak.

Fils de Bernard Vil­leneuve, admin­is­tra­teur du SPQN (Syn­di­cat de la presse quo­ti­di­enne nationale) et ancien directeur du Matin de Paris et de La Tri­bune, Stéphan Vil­leneuve a com­mencé par faire des études à la Sor­bonne, puis a été recruté à l’a­gence CAPA à la demande de son père, révèle Hervé Cha­balier, fon­da­teur de l’a­gence, au Figaro : « Son père m’avait demandé de le pren­dre à Capa pour lui don­ner envie de faire quelque chose. Il a appris le méti­er en gravis­sant les éch­e­lons. Il était bon. Dès qu’il a com­mencé à filmer, il a voulu aller dans les endroits dif­fi­ciles ». Il reste grand reporter à CAPA de 1988 à 2005, puis prend son indépen­dance en devenant free lance.

Il cou­vre la chute du mur de Berlin, mais aus­si la plu­part des ter­rains de guerre, la Bosnie, le Koso­vo, l’I­rak – il fait avec Gré­goire Deni­au un doc­u­men­taire inti­t­ulé Dans la four­naise iraki­enne en 2004 – les con­flits africains, la Syrie – où il fait un nou­veau doc­u­men­taire, Vie de guerre à Alep, en 2013 – ou encore le Yémen. Un de ses reportages réal­isés fin 2011 dans ce pays est dif­fusé dans l’Ef­fet papil­lon sur Canal + le 8 jan­vi­er 2012. Il a aus­si réal­isé des reportages pour l’émis­sion 24 heures sur la chaîne cryptée.

En 2014, Stéphan Vil­leneuve avait réal­isé un des pre­miers doc­u­men­taires sur l’E­tat Islamique : Daech, nais­sance d’un état ter­ror­iste. Jérôme Fri­tel, coréal­isa­teur du doc­u­men­taire dis­ait de lui au Figaro qu’il : « était tout sauf un jour­nal­iste de salle de rédac­tion. Il con­sid­érait que pour com­pren­dre, il fal­lait aller sur le ter­rain. Il avait une empathie naturelle, un don pour le con­tact avec les gens, qui fai­sait de lui un reporter hors pair ». Au Parisien, Jérôme Fri­tel con­fie que « ce qui l’in­téres­sait, ce n’é­tait pas le “boum boum”, ce qui l’in­téres­sait c’é­tait les humains, les gens qui subis­sent la guerre. C’é­tait un grand sen­si­ble ».

À Mossoul où il était arrivé le 19 juin, il tra­vail­lait pour #5bis pro­duc­tions. Son rédac­teur-chef Nico­las Jail­lard affirme à son sujet à France Info qu’il était « un jour­nal­iste qui aimait racon­ter la guerre ». Dans les colonnes du Parisien, il met l’ac­cent sur la sen­si­bil­ité et l’at­tache­ment de celui-ci à la beauté de l’im­age : « C’é­tait un pho­tographe Stephan au départ, donc il avait un regard par­ti­c­uli­er, énor­mé­ment de sen­si­bil­ité avec les gens ». L’ensem­ble des proches et col­lègues du jour­nal­iste insis­tent sur sa pru­dence et son grand pro­fes­sion­nal­isme sur le terrain.

Sur le plan privé, Stéphan Vil­leneuve a lais­sé der­rière lui « un clan famil­ial extrême­ment soudé », selon Jérôme Fri­tel. Il était mar­ié pour la sec­onde fois avec Sophie, et avait qua­tre enfants – deux jumeaux, Luna et Cor­to, du pre­mier mariage – ils passent actuelle­ment leur bac, et deux filles âgées de 5 et 9 ans, Anna et Bian­ca, du sec­ond. Pas­sion­né de lec­tures et de moto, il aimait les Harley-David­son et par­tait en voy­age une fois l’an avec une bande de motards. À l’ap­proche de la cinquan­taine, il restait surtout un pas­sion­né du jour­nal­isme de ter­rain, un car­ac­tère fort, « sur le ter­rain, 100 % jour­nal­iste et quand il était à Paris, 100 % avec sa famille » qui vivait sa vie et son méti­er avec intensité.

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