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Retronews, la B.N.F. revient avec talent sur les fausses nouvelles

29 juin 2018

Temps de lecture : 3 minutes
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Retronews, la B.N.F. revient avec talent sur les fausses nouvelles

Temps de lecture : 3 minutes

La bien-pensance libérale-libertaire a créé le terme fake news. D’abord pour se consoler d’évènements politiques qui ne seraient pas arrivés (le Brexit, l’élection de Trump, le changement politique en Italie) si le peuple avait été bien informé et non égaré par les fausses nouvelles. Ensuite et surtout pour censurer à tout va afin que de tels faits regrettables ne se reproduisent pas.

Un numéro de la let­tre Retronews de la Bib­lio­thèque Nationale de France du 25 juin 2018 nous rap­pelle que le phénomène des fauss­es nou­velles, bobards, bouteil­lons ne date pas d’hier. En 1800 la Clef du cab­i­net des sou­verains glo­sait :

« … le nou­vel­liste qui veut se dis­tinguer ne doit dire que des men­songes d’une util­ité réelle, et dont les effets ne puis­sent jamais devenir nuis­i­bles. La patrie vient-elle d’essayer quelque revers ? a‑t-on per­du une bataille ? Le nou­vel­liste patri­ote et éclairé ne tait pas un fait déjà con­nu, mais il accom­pa­gne son réc­it de cir­con­stances qui en dimin­u­ent l’impression.
Nous avons cédé, dira-t-il, le champ de bataille, il est vrai ; mais l’ennemi a fait une perte plus con­sid­érable que la nôtre, et il est per­du sans ressource, s’il obtient encore une sem­blable vic­toire. Se piquer d’être exact et sincère dans les rela­tions des mal­heurs récents, c’est faire un étrange abus de la fidél­ité his­torique, et se mon­tr­er mau­vais citoyen. »

En 1849 le min­istre de l’intérieur de l’époque, Jules Dufau­re prend des mesures :

« Jusqu’à ce jour, nos lois n’avaient point prévu, par une dis­po­si­tion spé­ciale et pré­cise, la pub­li­ca­tion ou repro­duc­tion de nou­velles fauss­es, de pièces fab­riquées ou men­songères, lorsque cette pub­li­ca­tion ou cette repro­duc­tion est faite de mau­vaise foi ou dans le but de trou­bler la paix publique.
Depuis quelques mois ces détesta­bles expé­di­ents ont été trop sou­vent employés ; on a pub­lié ou repro­duit de pré­ten­dues dépêch­es télé­graphiques, des let­tres fauss­es ou ren­fer­mant des détails men­songers et calom­nieux, cher­chant ain­si à soulever la haine con­tre le gou­verne­ment et à fomenter des séditions. »

S’attirant deux ans plus tard l’ironie du Jour­nal de Saint Quentin :

« En quoi con­siste une nou­velle fausse ? Une sim­ple erreur de fait, comme il en échappe néces­saire­ment à tous les jour­naux, con­stitue-t-elle un délit ? […]
La repro­duc­tion du bruit le plus insignifi­ant, le plus étranger à tout intérêt poli­tique, le plus inno­cent aux yeux du pub­lic sera-t-elle coupable aux yeux de l’autorité ? »

Un rap­pel utile pour nos autorités qui veu­lent, comme la pétil­lante min­istre de la cul­ture Françoise Nyssen, chang­er les men­tal­ités en util­isant les médias du ser­vice pub­lic payés par la redevance.

L’article com­plet et bien illus­tré de Pierre Ancery se trou­ve ici.