Le loup et le petit chaperon rouge : Google fait les yeux doux aux éditeurs de presse

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Google et son ami le renard Facebook aiment les petits chaperons rouges, pardon les journalistes. D’ailleurs, ils financent et dominent le principal congrès européen de journalisme qui se tient chaque printemps en Italie. Google a financé (pour une somme inconnue et un cahier des charges inconnu aussi) le Decodex du Monde. Google propriétaire de YouTube renforce la censure sur cette plateforme d’hébergement de vidéos. Google (avec Facebook) pompe les ressources publicitaires des médias. Mais Google veut sauver les éditeurs avec un nouveau programme.

Le baiser qui tue ou la corde qui soutient le pendu

Google avait déjà un programme de financement des médias en France, un programme pour les médias dominants bien entendu. Mais Google veut faire plus, toujours plus, toujours mieux. Avec son projet européen DIN (Digital News Initiative) le loup veut aider les petits journalistes chaperons rouges à survivre. Comment ? En « facilitant les abonnements et la fidélisation des abonnés ». Pour une modique commission (on parle de 5 à 10%) la société américaine mettra à disposition ses puissants outils technologiques. Google suscribe permettrait une hausse des souscriptions et une meilleure gestion des abonnements.

Bien entendu Google connaîtra dans le détail les nouveaux abonnés recrutés par ce moyen. Bien entendu Google suivra les contenus des nouveaux abonnés afin qu’ils bénéficient d’un fil de résultats personnalisés. Toutes ces précieuses données renforceront la banque de données du géant californien, qui pourra les utiliser pour les vendre à ses clients dans le déroulement de leurs stratégies commerciales.

Si certains groupes de presse comme le Figaro sont méfiants et soupçonnent une « opération de com », d’autres éditeurs comme le groupe Les Échos/Le Parisien sont enthousiastes. Pauvres chaperons rouges, nul ne voit le chasseur qui les sauvera de leur prédateur tant celui ci est bien déguisé sous les habits de la gentille grand-mère. Bien déguisé et tellement plus riche que le chaperon rouge avec ses guenilles chaque jour un peu plus abîmées. Qui mangera qui ? Encore un doute ?