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Pub­lié le 15 décembre 2018 | Éti­quettes : , ,

France Télévisions : les économies demandées multipliées par trois ?

Contre toute attente, Delphine Ernotte a sauvé sa place à la tête de France Télévisions. Il faut dire que malgré une fronde de la base elle fait pleinement partie de l’hyperclasse mondialisée dont Emmanuel Macron est le héraut , et donne régulièrement des signes de conformisme obéissant comme sa chasse « aux hommes blancs de plus de 50 ans ». Néanmoins elle doit faire face à des injonctions contradictoires, notamment du fait de la dégradation continue de l’état des finances publiques.

De 160M€ à 400M€

Ainsi, les économies demandées à France Télévisions, officiellement de 160 millions d’euros, devraient être démultipliées. « Ce sera bien au-delà des 160 millions d'euros d'économies réclamés au moment où France Télévisions décide de fermer des chaines. Ce seront 160 millions d'euros + 150 millions d'euros de redéploiement [en faveur d’investissements] plus des glissements, le tout devant tourner autour de 400 millions d’euros.  Ça veut dire des coupes sur les programmes évidement. L’année dernière, l’effort demandé de 46 millions à France télévisions a bien porté sur les programmes et bien sûr atterri sur la création. Il va y avoir une réduction du périmètre – 3 chaînes au lieu de 5 –  la suppression d'une chaîne destinée aux enfants donc par conséquent une réduction de la qualité et de l'attractivité des programmes. A partir de là on va demander aux Français d'élargir la contribution à l'audiovisuel public !? », expliquait ainsi le député UDI Frédérique Dumas lors de l’émission l’Invitée des Echos le 21 novembre dernier.

Liquidation de France Ô

Résultat, l’entreprise économise tous azimuts. Sur les frais de mission par exemple, traités désormais pour les « voyageurs d’affaires et les professionnels nomades » de France Télévisions par l’application américaine Concur… qui aura accès aux comptes bancaires du salarié, dénonce la CGC-Médias. Ou la fin du lissage du forfait jour (deux repas et un découcher) pour économiser quelques ruisseaux qui à la fin, espèrent-on, feront une grosse rivière.

Chez France O, promise à la disparition d’ici 2020, la liquidation annoncée tourne au règlement de comptes syndical entre soutiens et opposants à la direction – expliqué dans le numéro 912 de la lettre la Morasse (octobre 2018). « La rentrée est venue pour France Ô. Une rentrée déprimante pour la chaîne de l’Outre-mer contrainte de rédiger la chronique de sa mort annoncée. Un climat pesant, déprimant pour les 400 salariés de l’établissement de Malakoff. Le SGJ-FO a pesé sur les débats, avec ses moyens, démontrant aux collègues que la vraie voix de FO n’était ni dans l’accompagnement ni dans le soutien à toutes les directions de l’entreprise. […] La direction de France Télévisions réfléchirait à un plan « sans départs contraints » mais, à l’étude, il y aurait une rupture conventionnelle collective « obligatoire » pour des dizaines de salariés de Malakoff. […] Pourquoi se gêner, quand certains pieds nickelés « permanents » spécialisés dans l’accompagnement participatif n’attendent que ça pour montrer leur talent de négociateurs ou plutôt de liquidateurs agissant sous couvert de prise en compte des « difficultés de l’entreprise ». Ambiance…

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Claude Chollet
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