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Fake news : « Les grands médias ont toujours été les premiers à relayer les mensonges d’État », selon Alain de Benoist

14 janvier 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Fake news : « Les grands médias ont toujours été les premiers à relayer les mensonges d’État », selon Alain de Benoist

L’Observatoire du journalisme revient régulièrement sur le faux procès des « fausses nouvelles », une manœuvre qui vise en réalité à imposer au public un véritable Index qui n’ose pas dire son nom. Nous reproduisons ci-dessous un entretien du philosophe Alain de Benoist sur le sujet via nos confrères bretons de Breizh-Info.

Breizh Info : Que vous inspirent les déc­la­ra­tions d’Emmanuel Macron sur le pro­jet de loi con­tre les « fake news » ?

Alain de Benoist : On pense évidem­ment à Orwell, mais on ne peut pas se borner à dénon­cer les men­aces sup­plé­men­taires que va faire peser sur la lib­erté d’expression la mise en œuvre de ce nou­veau dis­posi­tif de cen­sure. Il faut aus­si s’interroger sur la notion même de fake news – de « fausse nou­velle » si l’on préfère la langue française au sabir améri­cain. Or, Macron se révèle ici d’une éton­nante naïveté, à moins qu’il ne s’agisse seule­ment de mau­vaise foi.

Il sem­ble en effet s’imaginer que les « nou­velles » sont soit vraies, soit fauss­es. On aimerait que ce soit si sim­ple ! En matière d’information, la vérité est qu’il n’y a pas de vérité (absolue). L’information objec­tive n’existe pas : elle est tou­jours le reflet de la sub­jec­tiv­ité de qui la four­nit. Il y a seule­ment des jour­nal­istes qui s’efforcent d’être hon­nêtes, et d’autres qui ne le sont pas. À côté de la « fausse nou­velle » man­i­feste, rel­e­vant d’une véri­ta­ble dés­in­for­ma­tion, une nou­velle peut être faussée, tron­quée, biaisée. La place qu’on lui donne, la façon dont on rap­porte les faits, les titres employés jouent égale­ment. Un exem­ple sim­ple : quand la presse fait l’éloge de l’éditeur Paul Otchakovsky-Lau­rens, qui vient de mourir, en rap­pelant les noms des écrivains qu’il a lancés et soutenus, sans jamais citer celui de Renaud Camus, qui est l’auteur dont il a pub­lié le plus grand nom­bre de livres, peut-on dire que l’information est objec­tive ? Il y a des men­songes par omis­sion.

N’oublions pas non plus que les grands médias, qui se flat­tent aujourd’hui de « décoder » les fake news chez les autres, ont tou­jours été les pre­miers à relay­er les men­songes d’État, des « armes de destruc­tion mas­sives » de Sad­dam Hus­sein jusqu’au pré­ten­du « charnier » de Timisoara. Et que dire des délires antiruss­es qui fer­ont bien­tôt attribuer à Pou­tine la respon­s­abil­ité des dérè­gle­ments cli­ma­tiques ?

Dans une société nor­male, c’est au lecteur de se faire une opin­ion en lisant des choses con­tra­dic­toires. On ne peut pas lui mâch­er par avance la besogne en lui dis­ant ce qui est digne de con­fi­ance (selon quels critères ?) et ce qui ne l’est pas. Ou bien alors, comme dans 1984, il faut tout de suite instituer un min­istère de la Vérité – ce dont nous ne sommes d’ailleurs pas très loin. À l’heure où tant de nos con­tem­po­rains s’emploient à ne pas voir ce qu’ils voient, on pour­rait aus­si s’interroger sur le statut du réel dans la société post­mod­erne. « Dans le monde réelle­ment ren­ver­sé, dis­ait Guy Debord, le vrai est un moment du faux ».

La suite sur breizh-info.com

Crédit pho­to : Fred­er­ick Burr Opper via Wikimé­dia (cc)

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