Accueil | Actualités | Médias | Dieudonné, internet et les médias
Pub­lié le 2 janvier 2014 | Éti­quettes :

Dieudonné, internet et les médias

Dans un entretien accordé au site belge Femmes de chambre, l’humoriste Dieudonné s’est exprimé à propos des médias, en pleine polémique autour de ses spectacles et du geste de la « quenelle ».

Dans un « Complément d’enquête », France 2 diffusait récemment un extrait du dernier spectacle de Dieudonné. Dans cet extrait, on entendait l’humoriste regretter à demi-mot « les chambres à gaz » pour le cas du journaliste Patrick Cohen – qui avait, il y a quelques mois, placé Dieudonné sur sa « liste noire » en le qualifiant, parmi d’autres, de « cerveau malade ».

Un passage, bien qu’humoristique, qui a déclenché une vive polémique dans les médias jusque dans la sphère politique. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, envisage même de faire interdire les spectacles de Dieudonné pour « trouble à l’ordre public ». À l’image des propos d’Alain Jakubowicz, qui estimait, à propos de Dieudonné, que « de toute façon, les médias l’ont condamné : la justice devra suivre ! », l’humoriste constate que « la pression qui est mise sur les magistrats est énorme ».

C’est dans ce contexte que l’humoriste s’exprime par le biais d’internet. Tout d’abord, il rappelle le caractère illégal de la diffusion de l’extrait de son spectacle : « L’extrait de France 2 sur lequel se base cette histoire est frauduleux. L’objet du « délit » est un vol revendiqué d’images auquel ils font dire ce qu’ils veulent. J’ai confié l’affaire à mes avocats et ne vois pas comment je pourrais être condamné pour ça. »

« Non seulement ces médias de l’ancien système s’effondrent mais en plus, ils sont fiers de leurs méthodes de voyous. Si je faisais la moitié du quart de ce que fait France 2 en volant des images, j’aurais déjà le parquet de Paris sur le dos ! », ajoute-t-il. Depuis quelques temps, ce dernier n’accorde plus aucun entretien aux médias traditionnels. Il estime n’avoir « plus aucun intérêt à les aider dans leur entreprise. Mes salles de spectacle sont pleines ; je communique avec des millions de personnes grâce à d’autres réseaux. Pour moi, ils n’existent plus : je n’ai aucune raison de collaborer avec eux. Donc, quand ils viennent me voir, ils passent au guichet comme les autres. »

Le trublion continue, par ses propres moyens, son petit bonhomme de chemin. Et ce dernier estime pouvoir largement se passer du système médiatique pour assurer sa promotion et communiquer. « Il y a quelques années mes vidéos postées sur Youtube faisaient 100 000 ou 200 000 vues ; aujourd’hui, on dépasse le million voire plus de deux millions. En termes de visibilité, je dépasse donc certaines émissions du service public », se vante-t-il.

Pour Dieudonné, « le seul journalisme qui vaille aujourd’hui est celui d’Internet. Il faut évidemment le professionnaliser pour qu’il devienne une activité normale et rentable pour ceux qui fournissent ce travail. C’est en train de se mettre en place même si c’est un peu long. Lorsque cet objectif sera atteint, je pense que ça va libérer beaucoup de journalistes du joug de ces rédacteurs en chef qui ne sont que des marionnettes du système en place. »

Au-delà des polémiques, le cas Dieudonné est-il une leçon d’indépendance vis-à-vis du système médiatique ?

Lire aussi : Radio France attaque Dieudonné en justice

Ce contenu a été financé par les donateurs de l'OJIM

Ce portrait a été financé par les donateurs de l'OJIM

Aider l'Observatoire du journalisme, c’est contribuer au développement d’un outil indépendant, librement accessible à tous et à votre service.

Notre site est en effet entièrement gratuit, nous refusons toute publicité et toute subvention - ce sont les lecteurs/donateurs qui assurent notre indépendance. En donnant 100 € vous financez un portrait de journaliste et avec l'avantage fiscal de 66% ceci ne vous coûte que 33 €. En donnant 200 € vous financez un dossier. Vous pouvez régler par CB, par PayPal, par chèque ou par virement. Rejoignez les donateurs de l'Ojim ! Nous n'avons pas d'autres sources de financement que nos lecteurs, d'avance merci pour votre soutien.

Suivez-nous sur les réseaux sociaux