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De l’urgente nécessité qu’il y a de former les journalistes au combat au sabre et à l’épée

3 octobre 2023

Temps de lecture : 3 minutes
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De l’urgente nécessité qu’il y a de former les journalistes au combat au sabre et à l’épée

Temps de lecture : 3 minutes

Le titre vous intrigue et à raison. Il s’agit de l’épilogue d’un ouvrage de Bernard Lugan, Éloge du duel, l’honneur au-dessus de la vie. Nous ne pouvons résister au plaisir de publier en bonnes feuilles (avec l’autorisation de l’éditeur), des extraits de ce dernier chapitre du livre.

Au-delà du style de bret­teur, de l’aspect plaisant voire bur­lesque de la propo­si­tion, celle-ci met le doigt sur une blessure, celle du manque de courage des jour­nal­istes (pas tous bien enten­du, mais une jolie majorité) des médias de grand chemin. Con­formisme, entre-soi, esprit mou­ton­nier et par­fois déla­teur, arrê­tons-nous là. Oui, un peu d’escrime au sabre ou à l’épée pour­rait remet­tre plus droites les colonnes vertébrales et — qui sait — même con­forter les cerveaux et les cœurs.

Un extrait de l’épilogue :

« Le nom­bre des duels bais­sa à par­tir du XXème siè­cle. En France, le dernier duel mor­tel eut lieu le 16 novem­bre 1903 et il se déroula sur l’île de la Grande Jat­te à Lev­al­lois-Per­ret, entre un avo­cat et un com­merçant. Le pre­mier accu­sait le sec­ond d’être l’amant de sa femme ; le robin tua le marc­hand d’un coup d’épée. Au lende­main du sec­ond con­flit mon­di­al, le duel dis­parut qua­si­ment puisque, de 1945 à nos jours, nous comp­tons seule­ment trois rencontres.
Tout au con­traire de l’esprit du temps qui voit, hélas, s’éteindre la noble pra­tique du duel, j’ai ten­té de mon­tr­er dans ce livre que trois grandes raisons mili­tent pour son rétab­lisse­ment en matière de diffama­tion ou d’injure par voie de presse :
1°) Alléger le tra­vail des juges alour­di par des affaires en défini­tive subalternes.
2°) Respon­s­abilis­er ces « jour­nal­istes » qui fouil­lent les latrines à la recherche de quoi rédi­ger leurs arti­cles de fich­es de police. Or, ils ne sup­por­t­ent jamais les con­séquences de leurs écrits ou de leurs pro­pos puisqu’ils sont défendus par des avo­cats sol­dés par leurs employeurs, lesquels acquit­tent à leur place les éventuelles amendes.
3°) Sup­primer des procé­dures coû­teuses, laborieuses et en défini­tive inutiles, étant don­né qu’aucune pub­lic­ité n’est don­née aux juge­ments ren­dus et que les con­damna­tions ne sont jamais à la hau­teur du préju­dice subi.
Dans ce type d’affaires, la Jus­tice étant finale­ment impuis­sante, le duel appa­raît donc comme ayant à la fois une valeur directe­ment répara­trice portée par une ver­tu haute­ment péd­a­gogique, car seule sus­cep­ti­ble de faire com­pren­dre à cer­tains por­teurs de la carte de presse qu’il y a des lim­ites à ne pas dépasser.
Voilà pourquoi, afin de sen­si­bilis­er d’une manière « con­crète » les futurs jour­nal­istes à la « retenue », une mesure urgente serait d’introduire dans leur cur­sus des cours oblig­a­toires et naturelle­ment élim­i­na­toires d’escrime ».

Suit une let­tre au min­istre de l’Éducation nationale (copie au Garde des Sceaux) du Prési­dent de l’Association pour le rétab­lisse­ment du duel en matière de presse (ARDMP). Une mesure qui per­me­t­trait de « désen­gorg­er en amont les salles de rédac­tion emplies de nom­bre de fats pré­somptueux ». Et qui serait créa­trice d’emplois dans les salles d’armes offrant d’utiles oppor­tu­nités pro­fes­sion­nelles à la jeunesse.

Nous ne sauri­ons trop con­seiller à nos lecteurs de soutenir l’ARDMP dans son juste com­bat et surtout de lire le bien rob­o­ratif opus de l’auteur.

Bernard Lugan, Éloge du duel, l’honneur au-dessus de la vie, 2023, La nou­velle librairie, 145P, 17€.

Voir aus­si : Le jour­nal­isme de déla­tion pro­gresse chaque jour