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Alain de Greef, initiateur de « L’esprit Canal », est mort

1 juillet 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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Alain de Greef, initiateur de « L’esprit Canal », est mort

« L’esprit Canal », c’est lui. Emblématique directeur des programmes de Canal+, Alain de Greef est mort lundi 29 avril des suites d’un cancer.

Sa car­rière dans l’au­dio­vi­suel a débuté en 1971. À l’époque, fraîche­ment sor­ti de l’In­sti­tut des hautes études ciné­matographiques (Idhec, aujour­d’hui Fémis), il rejoint l’ORTF comme chef mon­teur, puis Antenne 2 en 1974.

Sur la 2, il ren­con­tre Pierre Les­cure et monte l’émis­sion « Les Enfants du rock ».

En 1984, il par­ticipe au lance­ment de Canal+, une chaîne privée qui se donne pour voca­tion de « bris­er les codes » et revendique une lib­erté de ton supérieure aux trois autres chaînes, toutes publiques.

Alain de Greef dirige tout d’abord la pro­duc­tion, avant d’être nom­mé par Les­cure à la direc­tion des pro­grammes. « En toute lib­erté, il peut enfin don­ner libre cours à sa con­cep­tion de la télévi­sion, où les émis­sions ne sont pas for­matées et soumis­es à la sanc­tion de l’audience », écrit Le Monde.

C’est dans cet état d’e­sprit qu’il lance les pro­grammes phares de la chaîne, et ô com­bi­en sym­bol­iques de l’e­sprit Canal, tels que « Nulle Part Ailleurs », « Les Guig­nols de l’in­fo », « Groland » ou encore « Les Deschiens ». Par ailleurs, il repère et propulse des artistes comme Jamel Deb­bouze, Jules-Edouard Mous­tic et Benoît Poelvo­orde.

La provo­ca­tion est son pain quo­ti­di­en. Avec cette arme de destruc­tion mas­sive qu’est Canal+, il passe au crible de la déri­sion tout ce qu’il vom­it : l’or­dre moral et poli­tique, l’Église, les insti­tu­tions, les Français de souche, for­cé­ment beaufs et racistes… « Alain de Greef avait com­pris depuis longtemps que la société avait besoin de sa part de chaos et qu’il était néces­saire de bous­culer ses règles à tra­vers la télévi­sion », se réjouit encore Le Monde. En 2001, il est viré de la chaîne, avec Pierre Les­cure, après son rachat par Viven­di.

En retrait du monde médi­a­tique, il ne se privera pas pour autant de cri­ti­quer la télévi­sion. Pour preuve, en novem­bre 2014 dans un entre­tien accordé au jour­nal Le Monde, il s’en prend aux actuels dirigeants de Canal+ ain­si qu’aux « experts en mar­ket­ing » qui con­duisent la chaîne à de nom­breuses « dérives ». Surtout, il se dit navré de voir des émis­sions comme « Le Grand Jour­nal » inviter des per­son­nal­ités comme Nadine Mora­no ou Éric Zem­mour. « C’est comme voir un odieux graf­fi­ti sur une toile de Ver­meer ! », se lamen­tait-il.

En 2005, après la sor­tie d’un livre sur le monde de la télévi­sion, Vous regardez trop la pub­lic­ité, il déclare au site L’In­ter­naute que « la vie est man­i­feste­ment trop courte » et qu’il « repar­ti­rait bien pour un tour ». À présent qu’il est bel et bien par­ti, il reste à souhaiter que « l’esprit Canal » le suive au plus vite dans la tombe…

Voir notre dossier : « L’esprit Canal : derrière la dérision, le fanatisme »

Crédit pho­to : DR

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