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Quotidien vs. LFI : quand la révolution médiatique dévore ses enfants

27 juin 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

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Après une séquence ten­due entre Raphaël Arnault et un reporter de Quo­ti­di­en, la guerre est désor­mais ouverte entre le talk-show de TMC et LFI. La mort de Quentin Der­anque sem­ble avoir trans­for­mé une vieille défi­ance en rup­ture, au risque de frag­ilis­er les deux protagonistes.

Ils partageaient au moins un adver­saire : le Rassem­ble­ment nation­al. Cela ne suff­i­sait déjà pas à faire de Quo­ti­di­en et de La France insoumise des alliés. Depuis l’affaire Quentin Der­anque, leurs escar­mouch­es ont pris l’allure d’un règle­ment de comptes où cha­cun soupçonne l’autre d’avoir trahi le bon camp.

Raphaël Arnault met le feu aux poudres

Le 21 juin, l’ambiance devrait être à la fête au con­cert « con­tre le racisme » organ­isé par LFI place de la République. Le reporter Paul Mois­son inter­roge Raphaël Arnault sur la poli­ti­sa­tion de la Fête de la musique, son retour pub­lic et ses liens passés avec la Jeune Garde. Le député de Vau­cluse, habil­lé dans un style à mi-chemin entre le camp­ing et la fash­ion week, choisit la con­tre-attaque : « Ça ne vous dérange pas trop, à Quo­ti­di­en, qu’on se mobilise con­tre l’extrême droite ? »

De retour en plateau, Jean-Michel Aphatie rap­pelle qu’« un homme est mort » et juge que la scène peut ren­forcer « l’effroi » sus­cité par LFI. Paul Gas­nier qual­i­fie, lui, de « pitoy­able » la présence d’Arnault aux côtés de Jean-Luc Mélen­chon. Les députés Thomas Portes et Antoine Léau­ment répliquent dans la foulée sur X, le sec­ond com­para­nt ironique­ment le reporter de Quo­ti­di­en à Jor­dan Flo­rentin, directeur de Fron­tières.

Assassinat de Quentin Deranque, le point de non-retour ?

La brouille est anci­enne : l’émission de Yann Barthès avait déjà immor­tal­isé le fameux « La République, c’est moi ! » de Jean-Luc Mélen­chon en 2018. Mais la mort du jeune Quentin Der­anque, agressé à Lyon en févri­er 2026, a changé la nature du con­flit. Un col­lab­o­ra­teur de Raphaël Arnault a été mis en exa­m­en pour com­plic­ité d’homicide volon­taire et un ancien col­lab­o­ra­teur pour homi­cide volontaire.

Le député, absent des lieux, n’a pas été mis en cause judi­ci­aire­ment. Mais il reste poli­tique­ment rat­trapé, ayant cofondé l’organisation crim­inelle antifas­ciste « Jeune Garde ».

LFI, dans sa stratégie de con­tre-attaque, répond sou­vent aux ques­tions embar­ras­santes par la mise en accu­sa­tion du jour­nal­iste. Au risque de se met­tre à dos une rédac­tion ran­cu­nière. Quo­ti­di­en, de son côté, glisse volon­tiers du reportage au tri­bunal moral, avec des chroniqueurs qui aiment autant com­menter les con­sciences que les faits. La révo­lu­tion médi­a­tique com­mence alors à dévor­er ses enfants.

Une rupture à haut risque

Jean-Luc Mélen­chon pré­tend vouloir, depuis plusieurs mois, « con­tourn­er le par­ti des médias ». Les troupes mélen­chon­istes rap­pel­lent sou­vent à l’ordre les médias, notam­ment publics, qui ne s’alignent pas sur leur nar­ratif poli­tique. Mais jouer la carte anti­sys­tème n’est pas sans risque. Pour LFI, devenir une cible récur­rente du pro­gramme pen­dant la prési­den­tielle et s’aliéner une émis­sion capa­ble de réu­nir près de deux mil­lions de téléspec­ta­teurs revient à se couper d’une par­tie du pub­lic qu’elle espère con­va­in­cre. En l’occurrence, des blancs CSP + de gauche, peu ou prou le pro­fil qu’on pou­vait voir dans la mobil­i­sa­tion très pâle du soir de la fête de la musique.

Pour Quo­ti­di­en, le dan­ger est inverse. Déjà très engagé con­tre le RN, le talk-show pour­rait, en con­cen­trant ses coups sur LFI, appa­raître comme le ser­vice après-vente du macro­nisme. À force de délivr­er des brevets de respectabil­ité, l’émission pour­rait bien finir par incar­n­er le prob­lème qu’elle croit analyser.

Olivi­er Frèrejacques

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