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Likes sur X, panique à Libé : Musk accusé de booster les identitaires français avant 2027

26 juin 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

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Alors que la prési­den­tielle 2027 se pro­file, Elon Musk est accusé d’avoir « boosté » des fig­ures iden­ti­taires comme Thaïs d’Escufon et Erik Teg­nér en partageant leurs pub­li­ca­tions. Der­rière ces alertes sur une sup­posée ingérence étrangère se cache surtout une bataille de pou­voir : celle du con­trôle de l’information numérique face à un influ­enceur aux préférences coupables.

« Musk lance sa cam­pagne d’influence sur la prési­den­tielle française », s’inquiétait le 21 juin Raphaël Grably, jour­nal­iste à BFMTV, en relayant plusieurs inter­ac­tions du mil­liar­daire avec des per­son­nal­ités français­es. Tris­tan Mendès France com­plé­tait aus­sitôt le tableau : « Musk, accéléra­teur de l’extrême droite française ». 48 heures plus tard, ce sont Maxime Macé et Pierre Plot­tu de Libé’ qui repre­naient en sub­stance le même dis­cours anx­iogène : « Elon Musk booste les influ­enceurs d’extrême droite français ».

240 millions de followers

En cause : des partages de con­tenus d’identitaires français. Celle (le 18 juin) du directeur de la revue Fron­tières, Erik Teg­nér, con­damné à six mois de prison avec sur­sis à la suite d’une enquête de son mag­a­zine. Puis ceux de Thaïs d’Escufon, à trois repris­es (les 18, 20 et 21 juin), celle-ci ayant été aus­si con­damnée à 1000 euros d’amende pour « injure publique » visant des migrants. La mil­i­tante évo­quait dans l’une de ses vidéos la « per­sé­cu­tion » visant Jean-Eudes Gan­nat, con­damné à trois mois de prison avec sur­sis pour avoir filmé des migrants afghans dans le Maine-et-Loire. « Wow », a sim­ple­ment com­men­té Musk – une ingérence donc, pour les indignés médiatiques.

Le pro­prié­taire de X est selon Libé l’« influ­enceur d’extrême droite le plus suivi au monde avec ses 240 mil­lions de fol­low­ers ». Ce dernier post a d’ailleurs atteint plus de 250 000 likes et plus de 16 mil­lions de vues en quelques heures.

Mais bien sûr, l’accusation n’arrive pas de nulle part. La gauche médi­a­tique ne décou­vre nulle­ment Elon Musk. Depuis le rachat de Twit­ter, le rétab­lisse­ment du compte de Don­ald Trump et l’assouplissement de la mod­éra­tion, les protes­ta­tions visant le patron de X sont légion. D’ailleurs, une vague de départs sur X avait d’ailleurs eu lieu le 20 jan­vi­er 2025, jour de l’intronisation du nou­veau prési­dent améri­cain. Par­mi les man­i­fes­tants numériques : Le Monde et Libé. « Quo­ti­di­en » de Yann Barthès l’avait annon­cé bien avant, en novem­bre 2023, dès le rachat de la plate­forme par Musk.

De l’entrepreneur visionnaire à l’oligarque trumpiste

En août 2024, Musk avait inter­viewé Trump en live sur X. Thier­ry Bre­ton, alors com­mis­saire européen, lui avait adressé une let­tre ouverte pour lui rap­pel­er ses oblig­a­tions au sein de l’UE au nom du Dig­i­tal Ser­vices Act. Mais le patron de X n’est pas qu’un influ­enceur, il est aus­si la pre­mière for­tune mon­di­ale. En 2024, il ne s’est pas con­tenté d’exprimer une préférence pour Don­ald Trump : il a dépen­sé près de 260 mil­lions de dol­lars en faveur de sa cam­pagne et d’organisations républicaines.

Sa par­tic­i­pa­tion à la nou­velle admin­is­tra­tion améri­caine, à tra­vers le DOGE chargé de réduire les dépens­es publiques, a achevé de trans­former son image. Il le quit­tera rapi­de­ment, en mai 2026, après s’être dis­puté avec le Prési­dent. Ils se rabi­bocheront toute­fois quelques mois plus tard.

Musk, le « Tech Lord »

Reste que l’entrepreneur autre­fois célébré pour Tes­la et SpaceX est désor­mais présen­té comme un « oli­gar­que », un pro­pa­gan­diste « raciste » dont le bras tech­nologique du trump­isme (bras bien sûr ten­du depuis l’investiture du Prési­dent). Les attaques por­tent désor­mais sur presque tous les aspects de son activité.

Musk est accusé d’avoir trans­for­mé X en machine à dés­in­for­ma­tion, d’amplifier les con­tenus de droite, de banalis­er les dis­cours haineux et de met­tre son algo­rithme au ser­vice de ses préférences poli­tiques : « Une étude pub­liée dans la pres­tigieuse revue sci­en­tifique Nature, en févri­er, mon­tre, par ailleurs, que l’algorithme de X tend à ori­en­ter le posi­tion­nement poli­tique et idéologique de ses util­isa­teurs vers l’extrême droite », rap­porte Libé. Une étude qui a été cri­tiquée, l’expérience ayant notam­ment été menée en recru­tant des util­isa­teurs volon­taires (5 000), ce qui a pu intro­duire un biais de sélec­tion (de per­son­nes de fait intéressées par la politique).

Une intervention politique désormais assumée

C’est sûr, Elon Musk s’enthousiasme pour cer­taines élec­tions. En Alle­magne, il a explicite­ment appelé à vot­er pour l’AfD l’année passée, reçu Alice Wei­del lors d’un entre­tien dif­fusé sur X et par­ticipé par vidéo à un rassem­ble­ment élec­toral du par­ti. Au Roy­aume-Uni, il a défendu Tom­my Robin­son et mul­ti­plié les attaques con­tre le gou­verne­ment tra­vail­liste. En France, il a dénon­cé l’inéligibilité de Marine Le Pen et relayé plusieurs per­son­nal­ités classées à droite ou à l’extrême droite.

C’est cette accu­mu­la­tion qui nour­rit aujourd’hui l’idée d’une inter­ven­tion dans la prési­den­tielle de 2027.

Bien sûr, la con­cen­tra­tion d’un tel pou­voir politi­co-numérique trou­ble la poli­tique française. Mais il entre avant tout en con­flit direct avec le pou­voir politi­co-médi­a­tique actuel dans l’Hexagone. Et l’indignation qu’il provoque demeure néan­moins sélec­tive. Barack Oba­ma avait offi­cielle­ment soutenu Emmanuel Macron quelques jours avant le sec­ond tour de 2017. La French-Amer­i­can Foun­da­tion organ­ise depuis des décen­nies la mise en réseau de futurs respon­s­ables français et améri­cains. Peu s’en sou­ci­aient alors.

Idem quand Meta asso­ci­ait fact-check­ing, poli­tiques de diver­sité et mod­éra­tion restric­tive des con­tenus con­ser­va­teurs : cette ori­en­ta­tion était générale­ment présen­tée comme une forme de respon­s­abil­ité sociale, beau­coup plus rarement comme une ingérence idéologique. L’influence privée améri­caine n’a pas com­mencé avec X. Elle devient sim­ple­ment beau­coup plus inquié­tante pour cer­tains lorsqu’elle ne penche plus du côté attendu.

Olivi­er Frèrejacques

Voir aus­si : Meurtre de Louis, bat­tu à mort dans un guet-apens : com­ment la famille a brisé l’omerta médiatique

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