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Thaïs d’Escufon condamnée pour « injure publique » visant les migrants

21 juin 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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L’influenceuse et mil­i­tante poli­tique Thaïs d’Escufon a été con­damnée ce jeu­di 18 juin pour « injure publique à rai­son de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la reli­gion » à 1 000€ d’amende. Cette con­damna­tion aurait pu aller jusqu’à de la prison ferme. Réc­it d’un emballe­ment médi­a­tique et d’une jus­tice implacable.

Thaïs d’Escuffon fait appel. Son avo­cat, Me Loïc Ler­ate, estime que les pro­pos tenus par la jeune influ­enceuse sont « dépourvus d’intention injurieuse » et « s’inscrivaient dans un débat d’intérêt général dont le tri­bunal a du reste recon­nu l’existence, dans le strict cadre de la lib­erté d’expression et de l’article 10 de la Con­ven­tion européenne des droits de l’homme ».

La militante échappe à la prison ferme

Le pro­cureur de la République avait req­uis qua­tre mois de prison ferme con­tre elle, pour avoir déclaré sur BFM TV le 18 décem­bre 2023 que « le prin­ci­pal dan­ger pour les femmes sont les hommes immi­grés africains, noirs et arabes ». Elle échappe donc au pire, mais la 17ᵉ cham­bre cor­rec­tion­nelle du tri­bunal judi­ci­aire de Paris l’a toute­fois con­damnée à 1000 euros d’amende.

La mil­i­tante « n’a pas voulu heurter qui que ce soit, sim­ple­ment décrire une réal­ité que vivent beau­coup de Français­es », a‑t-elle déclaré au micro de Radio Cour­toisie ce ven­dre­di 19 juin. Elle a depuis 72 heures mobil­isé ses réseaux (elle est suiv­ie par 130 000 per­son­nes sur X), appelant à la soutenir finan­cière­ment pour pay­er ses frais d’avocats.

Voir aus­si : Men­ace sur la presse iden­ti­taire : Erik Teg­nér con­damné pour avoir enquêté sur le « busi­ness migratoire »

Quelques mots puis la tempête

Tout avait donc com­mencé sur le plateau de BFM Sto­ry. Au cours de l’émission, le cas et le témoignage de Claire Géron­i­mi, 26 ans, vio­lée dans le hall de son immeu­ble par un ressor­tis­sant cen­trafricain sous oblig­a­tion de quit­ter le ter­ri­toire, sont soulevés. Thaïs d’Escufon, anci­enne porte-parole de Généra­tion iden­ti­taire (qui a elle-même été vic­time d’une agres­sion sex­uelle par un migrant tunisien), dénonce alors entre deux com­men­taires une sur­représen­ta­tion des étrangers dans les vio­lences sex­uelles, chiffres offi­ciels du min­istère de l’Intérieur à l’appui.

Face à la mil­i­tante du mou­ve­ment Osez le fémin­isme Vio­laine de Fil­ip­pis-Abate, la jeune influ­enceuse fustigea de sur­croît l’abandon des femmes par les « asso­ci­a­tions de gauche » lorsque les vic­times sont blanch­es et les agresseurs extra-européens. Le but selon elle ? Ne pas stig­ma­tis­er davan­tage des pop­u­la­tions immi­grées qui le seraient déjà.

En quelques instants, les réac­tions d’indignation fusent sur les réseaux soci­aux, la séquence est sig­nalée à l’ARCOM, puis à la DILCRAH. Les élus de La France insoumise, dont Fari­da Amrani, sig­na­lent dans la foulée à la jus­tice ces « pro­pos intolérables » :

La judiciarisation de la parole publique

En réac­tion au procès, L’Humanité a vive­ment cri­tiqué les dis­cours « nauséabonds sur la jus­tice cor­rompue, l’État com­plo­teur et les mag­is­trats biaisés » qui « remet­tent en cause la légitim­ité de la jus­tice et l’État de droit ».

C’est cer­tain : cette affaire relance un débat plus large sur la place de la lib­erté d’ex­pres­sion dans la démoc­ra­tie française. Dans l’Hexagone, la for­mu­la­tion d’un diag­nos­tic poli­tique ou d’un sen­ti­ment face aux phénomènes migra­toires expose à la vin­dicte des réseaux soci­aux et à de poten­tielles pour­suites pénales, sous cou­vert de « pro­tec­tion con­tre les dis­cours de haine ».

La fron­tière entre l’ex­pres­sion d’une opin­ion, même bru­tale ou polémique, et l’in­frac­tion pénale se réduit. C’est la troisième con­damna­tion visant la mou­vance iden­ti­taire en dix jours :

Le 10 juin dernier, le mil­i­tant iden­ti­taire Jean-Eudes Gan­nat était con­damné par le tri­bunal cor­rec­tion­nel d’Angers à trois mois de prison avec sur­sis pour injure publique et provo­ca­tion à la haine raciale. Il avait pub­lié en novem­bre 2025 une vidéo sur ses réseaux, fil­mant des réfugiés afghans près d’un super­marché, en com­men­tant : « Marre de vivre avec les cousins des Tal­ibans jusqu’au fin fond de nos campagnes ».

Ce 18 juin, c’est le directeur de la pub­li­ca­tion du mag­a­zine Fron­tières, Erik Teg­n­er, qui a été con­damné par le tri­bunal de Bobigny à six mois de prison avec sur­sis pour divul­ga­tion de don­nées per­son­nelles à la suite d’une enquête visant les avo­cats spé­cial­isés en droit migratoire.

Des déci­sions judi­ci­aires à ajouter bien sûr à celle de l’Arcom, qui s’est ingérée le 16 juin dans la ligne édi­to­ri­ale d’un média privé, en visant le manque de plu­ral­isme de CNews. Avant la bataille élec­torale de 2027, la parole médi­a­tique est-elle déjà cadenassée ?

Antho­ny Marinier

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