Accueil E Veille médias E Charles Alloncle accuse Xavier Niel de vouloir l’intimider : la paparazzade de trop ?

Charles Alloncle accuse Xavier Niel de vouloir l’intimider : la paparazzade de trop ?

9 juin 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

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Pub­liées par Paris Match, les pho­tos de Charles Allon­cle avec sa col­lab­o­ra­trice avaient déclenché une séquence médi­a­tique express. Mis hors de cause par le déon­to­logue de l’Assemblée, le député UDR accuse désor­mais Xavier Niel d’avoir par­ticipé à une opéra­tion d’intimidation.

L’affaire avait d’abord été présen­tée comme un pos­si­ble man­que­ment déon­tologique. Elle ressem­ble de plus en plus à une opéra­tion de désta­bil­i­sa­tion qui s’est retournée con­tre ses pro­mo­teurs sup­posés. Charles Allon­cle, rap­por­teur UDR de la com­mis­sion d’enquête sur l’audiovisuel pub­lic, accu­sait ce 7 juin Xavier Niel d’avoir joué un rôle dans la cir­cu­la­tion de pho­tos volées le mon­trant avec sa col­lab­o­ra­trice par­lemen­taire. Il dénonce une « traque » jusqu’à son domicile.

Une insinuation vite relayée, puis dégonflée

Le 21 mai, Paris Match pub­li­ait deux clichés du député dans les rues de Paris avec sa col­lab­o­ra­trice Shéhérazade Khan­dani, présen­tée comme « sa com­pagne ». L’allusion est lourde puisque, selon la loi de 2017 sur la con­fi­ance dans la vie poli­tique, un par­lemen­taire ne peut employ­er son con­joint, son parte­naire de Pacs ou son concubin.

La séquence s’emballe. L’information est reprise par de nom­breux médias, com­men­tée poli­tique­ment. La prési­dente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, saisit dès le lende­main le déon­to­logue Rémi Schen­berg. Mais le 28 mai, Le Parisien révèle ses con­clu­sions : « ni mariage, ni Pacs, ni con­cu­bi­nage ». Le déon­to­logue établit l’absence de man­que­ment aux oblig­a­tions du député et de sa col­lab­o­ra­trice. Yaël Braun-Pivet suit ses recom­man­da­tions et ne réu­nit pas le bureau de l’Assemblée pour envis­ager des sanctions.

Autrement dit, le soupçon qui avait jus­ti­fié l’emballement médi­a­tique s’effondre. Restent les méth­odes de fila­ture, des pho­tos pris­es jusqu’aux abor­ds du domi­cile du député, puis une pub­li­ca­tion aux con­séquences poli­tiques immé­di­ates. Charles Allon­cle a depuis engagé des pour­suites con­tre Paris Match.

Mediapart rouvre le dossier Niel

Le 5 juin, Medi­a­part, média qui n’est pas sus­cep­ti­ble d’être accusé d’accointance avec Charles Allon­cle, apporte un nou­v­el élé­ment décisif. Selon le média, Xavier Niel aurait injec­té 3,7 mil­lions d’euros dans Bes­tim­age, l’agence de Michèle Marc­hand, dite « Mimi », spé­cial­iste des paparaz­zades. Surtout, le mil­liar­daire aurait reçu et fait cir­culer les pho­tos visant Charles Allon­cle avant leur pub­li­ca­tion dans Paris Match.

La nuance est impor­tante : Medi­a­part n’affirme pas que Xavier Niel aurait com­man­dité la fila­ture ou organ­isé lui-même la prise des clichés. Mais le con­texte rend l’affaire par­ti­c­ulière­ment sen­si­ble. Quelques semaines plus tôt, le fon­da­teur de Free, égale­ment cofon­da­teur de Medi­awan, avait été audi­tion­né dans une ambiance très ten­due par la com­mis­sion d’enquête sur l’audiovisuel pub­lic. Il avait alors accusé Charles Allon­cle d’avoir trans­for­mé les travaux par­lemen­taires en « cirque ».

Une question démocratique

Cette fois, c’est Allon­cle qui accuse le mil­liar­daire mécon­tent d’avoir util­isé « ses moyens financiers et médi­a­tiques » pour l’intimider. La for­mule est rude, mais la ques­tion qu’elle pose est légitime et intè­gre tou­jours un peu plus les hommes d’affaires aux polémiques, à un an de l’élection présidentielle.

Rodolphe Cha­la­mel

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