Accueil E Veille médias E Le double jeu de Matthieu Pigasse : socialiste en France et trumpiste aux États-Unis

Le double jeu de Matthieu Pigasse : socialiste en France et trumpiste aux États-Unis

28 mai 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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Matthieu Pigasse, ban­quier et patron de médias (Radio Nova, Les Inrock­upt­ibles), se pose en France en farouche opposant à l’« extrême droite » et à Don­ald Trump, qu’il fait com­bat­tre sans relâche dans ses titres. Pour­tant, selon le Wall Street Jour­nal, sa banque Cen­ter­view Part­ners a obtenu de l’administration Trump le con­trat de restruc­tura­tion de la dette vénézuéli­enne (150 mil­liards de dol­lars), décroché après une soirée privée à la Mai­son-Blanche. Un man­dat très lucratif obtenu grâce à ses réseaux au sein du pou­voir trump­iste et ses anci­ennes rela­tions avec Chávez et Maduro. 

C’est une infor­ma­tion du Wall Street Jour­nal. Le quo­ti­di­en améri­cain révélait le 26 mai que la banque d’affaires améri­caine Cen­ter­view Part­ners a obtenu par l’entremise de Matthieu Pigasse, respon­s­able du bureau français, le con­trat de restruc­tura­tion de dette du Venezuela. Cette nou­velle, en apparence sur­prenante, ne l’est pas.

Matthieu Pigasse : un banquier spécialisé dans les dettes des États

En effet, dans notre por­trait, nous rap­pe­lions que Matthieu Pigasse tra­vail­lait déjà sur la ges­tion de la dette publique en 1994 au sein de Bercy. Ensuite, c’est à la banque Lazard que Math­ieu Pigasse a été chargé du con­seil aux États et en par­ti­c­uli­er du recou­vre­ment des dettes sou­veraines. Ain­si a‑t-il rené­go­cié au tour­nant des années 2000 la dette de l’Argentine puis celles de l’Irak et de la Grèce.

Le patron de Radio Nova pos­sède donc a pri­ori le pro­fil idéal pour gér­er la restruc­tura­tion de la dette du Venezuela. La sur­prise, c’est que l’attribution de ce con­trat s’est faite après la pro­jec­tion privée du doc­u­men­taire à la gloire de Mela­nia Trump à la Mai­son-Blanche, le 24 jan­vi­er dernier… à laque­lle a par­ticipé Matthieu Pigasse. Avec le boxeur Mike Tyson ou encore Tim Cook, le patron d’Apple. 

Pourfendeur de la droite… sauf en affaires

En clair, Cen­ter­view Part­ners via Matthieu Pigasse a passé un deal avec Don­ald Trump pour obtenir le con­trat vénézuélien. Pour­tant, Matthieu Pigasse est aux antipodes de Don­ald Trump : dans un tweet au print­emps 2025, le ban­quier traitait implicite­ment Trump de raciste en fustigeant un pro­jet de Lau­rent Wauquiez, qui pro­pose « d’enfermer les OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon ».

Exem­ple par­mi tant d’autres dans les médias de la Pigassphère : un sketch de Radio Nova le 13 mai dernier, un chroniqueur se déguise en 47ᵉ prési­dent des États-Unis, traite ce dernier de « pédocrim­inel » qui a « touché » Mela­nia quand elle était « enfant » puis « l’a épousée ».

Ses attaches historiques et profondes avec le Venezuela

Bien sûr, l’actionnaire des Inrock­upt­ibles se donne un ver­nis insoumis sur les plateaux télé. Mais quand il s’agit de restruc­tur­er la dette du Venezuela, éval­uée à 150 mil­liards de dol­lars, et donc d’engranger des béné­fices records (des dizaines de mil­lions d’honoraires selon Paris Match), Matthieu Pigasse vir­erait-il soudaine­ment à droite ? Plus de doute : son enne­mi, ce n’est cer­taine­ment pas la finance.

Pré­ci­sions d’importance : si l’ex de Lazard a décroché ce con­trat lucratif, c’est grâce à son con­tact dans l’administration Trump : Mauri­cio Claver-Carone, ancien envoyé spé­cial de Trump pour l’Amérique latine. La prox­im­ité de Matthieu Pigasse avec l’un des pro­duc­teurs du doc­u­men­taire « Mela­nia », l’Argentin Fer­nan­do Sulichin, a égale­ment joué en sa faveur. Toute­fois, le fac­teur déter­mi­nant dans le choix de Math­ieu Pigasse est surtout sa rela­tion de longue date avec la prési­dente par intérim Del­cy Rodríguez et sa con­nais­sance du Venezuela. En effet, Matthieu Pigasse a ren­con­tré pour la pre­mière fois Hugo Chavez en 2011 au moment où « le bar­il de pét­role » s’effondre et « les investis­seurs se cara­p­atent ». Il s’occupera des finances du Venezuela pen­dant 15 ans, même après la mort de Chavez aux côtés de Maduro. Aujourd’hui, ce dernier est empris­on­né au Met­ro­pol­i­tan Deten­tion Cen­ter à Brook­lyn, mais Matthieu Pigasse, lui, con­tin­ue de gér­er dans l’ombre les finances du pays cham­pi­on des réserves de pét­role. Cette fois, ce sera pour son suzerain américain.

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