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Pourquoi la députée LFI Sophia Chikirou, ancienne directrice de la webtélé Le Media, va être jugée pour « escroquerie »

24 janvier 2026

Temps de lecture : 5 minutes
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Pourquoi la députée LFI Sophia Chikirou, ancienne directrice de la webtélé Le Media, va être jugée pour « escroquerie »

Temps de lecture : 5 minutes

Pourquoi la députée LFI Sophia Chikirou, ancienne directrice de la webtélé Le Media, va être jugée pour « escroquerie »

La députée LFI Sophia Chikirou, can­di­date à la mairie de Paris, va être jugée à par­tir du 12 mai 2026 par la 13e cham­bre du tri­bunal cor­rec­tion­nel de Paris pour « escro­querie », au préju­dice du site d’ac­tu­al­ité « Le Média ». On vous explique le détail de cette affaire qui remonte à 2018.

L’affaire traine depuis « près de dix ans ». La date de l’épilogue est enfin con­nue. Selon une infor­ma­tion de l’AFP, la députée Sophia Chikirou, can­di­date LFI à la mairie de Paris, va être jugée le 12 mai prochain pour « escro­querie » en juil­let 2018 au préju­dice du site d’actualité Le Média, dont elle a assuré le lance­ment et – un temps – la direction.

Risques financiers et politiques

Selon un rap­port d’enquête de la brigade finan­cière, que Le Monde a pu con­sul­ter, les faits reprochés à la proche de Jean-Luc Mélen­chon sont graves : elle va en effet être jugée par la 13ᵉ cham­bre du tri­bunal cor­rec­tion­nel de Paris et risque désor­mais jusqu’à cinq ans de prison et 375 000 euros d’amende, ain­si qu’une peine d’inéligibilité.

Voir aus­si : Le Média : les perqui­si­tions chez Sophia Chikirou et Mélen­chon relan­cent la crise de la web-télé

Tentatives de « tromper la banque Crédit du Nord »

Selon la source judi­ci­aire con­sultée par l’AFP, Sophia Chikirou est soupçon­née d’avoir « ten­té à plusieurs repris­es de tromper la banque Crédit du Nord » au préju­dice de la société de pro­duc­tion Le Média.

Pour com­pren­dre l’affaire, revenons quelques années en arrière. Jan­vi­er 2018. Dans la foulée de la cam­pagne prési­den­tielle de Jean-Luc Mélen­chon, Sophia Chikirou, le psy­ch­an­a­lyste Gérard Miller et le pro­duc­teur Hen­ri Poulain lan­cent Le Media, webtélé d’extrême gauche « alter­na­tive » dont l’objectif revendiqué est de combler le manque dont souf­fre la « gauche pro­gres­siste » dans l’univers audiovisuel.

Éloigné « du mod­èle économique et idéologique dom­i­nant », Le Média se définit alors comme (accrochez-vous) : « indépen­dant », « coopératif », « col­lab­o­ratif », « plu­ral­iste », « cul­turel et fran­coph­o­ne », « human­iste et antiraciste », « fémin­iste », « écol­o­giste et progressiste ».

L’aventure est ain­si lancée mais très vite de nom­breuses fric­tions vien­nent brouiller les ondes : à des audi­ences qui pati­nent et un mod­èle économique dys­fonc­tion­nel s’ajoute le com­porte­ment prob­lé­ma­tique de Sophia Chikirou, jugée tox­ique, insul­tante et bru­tale dans son management.

Voir aus­si : Col­lecte de fonds de la dernière chance : Le Média à la peine

Vol de chèques

Au bout de quelques mois à peine, celle qui était pour­tant l’initiatrice du pro­jet se retrou­ve pro­gres­sive­ment poussée dehors. Le 4 juil­let 2018, Sophia Chikirou démis­sionne de l’entreprise de presse Le Média (EDPLM) avant de se voir retir­er ses fonc­tions à la tête de la société de pro­duc­tion Le Média (SDPLM) le 24 juil­let 2018.

« Ce départ se fait aus­si sur fond de con­flit financier. Sophia Chikirou réclame le paiement d’une fac­ture de 67 146 euros, adressée le 13 juil­let 2018 à la SDPLM par sa société per­son­nelle, Medi­as­cop, pour des presta­tions cen­sées avoir été réal­isées au prof­it du Média », ajoute Le Monde. Esti­mant cette demande sans objet, « la nou­velle direc­tion de l’entreprise s’oppose au règlement ».

Notre affaire com­mence donc ici. Car c’est à par­tir de là que la ten­ta­tive d’escroquerie – pour laque­lle Sophia Chikirou va être jugée – prend place.

« Le 27 juil­let 2018, alors qu’elle n’est plus prési­dente de la SDPLM, Sophia Chikirou sol­licite par cour­riel le Crédit du Nord, la banque de l’entreprise, pour qu’elle fasse un vire­ment de 67 146 euros à sa société Medi­as­cop. L’établissement refuse, « faute de fonds suff­isants sur le compte de la SDPLM », nous informe Le Monde.

Mais pas de quoi désarçon­ner la désor­mais députée LFI qui va réitér­er sa demande dès le lende­main – en vain – avant de se ren­dre dans les locaux du Média et de vol­er, « sous l’effet de la colère », deux « for­mules de chèques » dans l’intention de pay­er ce qu’elle estime lui être dû. Pré­cisons, comme le souligne Le Monde, que les deux chèques n’ont jamais été encais­sés en banque.

« Au nom de l’intérêt public »

C’est donc pour ces faits que Sophia Chikirou va désor­mais être jugée en mai prochain, et ce mal­gré l’accord trou­vé entre Le Média et Sophia Chikirou en juin 2021 ayant abouti au retrait de leurs plaintes croisées.

« En droit français, la sig­na­ture d’un accord entre les par­ties est sans effet sur une procé­dure pénale en cours. « Le par­quet a pour mis­sion de deman­der l’application de la loi au nom de l’intérêt pub­lic », nous apprend Le Monde.

Sophia Chikirou est donc aujourd’hui accusée : de s’être présen­tée comme prési­dente de la société Le Média – alors qu’elle « n’avait plus cette qual­ité » ; et d’avoir demandé des vire­ments – et d’avoir « sous­trait fraud­uleuse­ment deux for­mules de chèque », résume l’AFP.

Auprès de l’AFP, l’intéressée – désor­mais can­di­date à la mairie de Paris – s’est évidem­ment offusquée de cette déci­sion, jugeant l’affaire « éminem­ment poli­tique » et n’ayant pour but « que de salir et gên­er sa cam­pagne ». Et d’ajouter sur X : « Le par­quet de Paris a sen­ti une oppor­tu­nité pour enquêter et me coller des accu­sa­tions infamantes. Mal­gré une débauche de moyens pour enquêter, il n’a pas jugé utile, pen­dant six ans, de me faire juger […] Peu lui importe en réal­ité de faire jus­tice, il s’ag­it surtout de nuire à ma campagne. »

Notons enfin, comme le rap­pelle le Huff­Post, que Sophia Chikirou est égale­ment inquiétée dans un autre dossier. Cette dernière a en effet été mise en exa­m­en en sep­tem­bre 2024, notam­ment pour… « escro­querie aggravée » sur les comptes de cam­pagne 2017 de Jean-Luc Mélen­chon. Des accu­sa­tions qu’elle conteste.

Lorelei Ban­charel

Sophia Chikirou à la man­i­fes­ta­tion du 22 novem­bre 2025 à Paris con­tre les vio­lences sex­istes, sex­uelles et de genre. Pho­to : Wyslijp16 (CC BY 4.0 / Wikimedia).

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