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Barrot-Fedorova : le 14 juillet « annexé » par la « propagande russe » ?

15 juillet 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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À la veille du 14 juil­let, Jean-Noël Bar­rot a vio­lem­ment attaqué Xenia Fedoro­va sur BFMTV et RMC. Le min­istre des Affaires étrangères a accusé la chroniqueuse de CNews, ex-patronne de RT France, d’« annex­er la mémoire nationale française au réc­it du Krem­lin ». L’échange s’est embrasé sur X, révélant les ten­sions autour de l’engagement français pour l’Ukraine.

La « pro­pa­gande du Krem­lin » a‑t-elle trou­blé la fête du 14 juil­let ? Jean-Noël Bar­rot est en tout cas mon­té au créneau la veille, alors qu’il était invité d’Apolline de Mal­herbe sur BFMTV et RMC. Le chef de la diplo­matie française a en effet fustigé les pro­pos de la chroniqueuse de CNews Xenia Fedoro­va, ex-direc­trice de RT France.

« Je suis éton­né qu’elle soit invitée sur les ondes français­es », a‑t-il pour­suivi, s’attaquant à demi-mot à CNews, avant d’ajouter : « Évidem­ment, nous vivons dans un État de droit où cha­cun est libre de dire ce qu’il pense, [mais] l’Arcom a été saisie. »

Le duel s’est aus­sitôt pro­longé sur X, trans­for­mant une con­tro­verse médi­a­tique en séquence diplo­ma­tique à haute visibilité.

Le cal­en­dri­er n’a rien d’anodin. La France a accueil­li la « Coali­tion des volon­taires » pour l’Ukraine, avec près de 500 mil­i­taires issus des pays mem­bres. L’exécutif entend ain­si affich­er sa sol­i­dar­ité avec Kiev et sa capac­ité à entraîn­er ses parte­naires européens.

Une « annexion médiatique » selon Barrot

Jean-Noël Bar­rot a pour­suivi son réquisi­toire, accu­sant Fedoro­va d’« annex­er la mémoire nationale française au réc­it du Krem­lin », en réponse à une tri­bune de cette dernière pub­liée dans le JDD le 11 juil­let. La chroniqueuse écrivait notam­ment que le 14 juil­let n’était ni « une céré­monie européenne » ni « une parade de l’OTAN ».

« La ques­tion est sim­ple : jusqu’où veut-on entraîn­er la France dans cette guerre ? », a rétorqué celle-ci sur X, avant d’ajouter : « Si l’on veut que ce con­flit devi­enne aus­si le sien, qu’on le dise claire­ment aux Français. »

Il n’en fal­lait pas plus pour déclencher une nou­velle tor­nade. Par­mi de nom­breux autres chroniqueurs hos­tiles à Moscou, Jean-Michel Aphatie est par­venu, en un seul mes­sage, à dénon­cer « l’incroyable arro­gance de Fedoro­va » et à met­tre en cause trois présen­ta­teurs vedettes de CNews.

Jean-Jacques Bour­din postait quant à lui : « Com­ment se fait-il que Xenia Fedoro­va soit encore en France ? Jean-Noël Bar­rot a‑t-il si peu de courage ? Je ne sup­porte pas qu’on insulte la France. »

Les appels au ren­voi de la jeune femme se mul­ti­plient en effet par­mi ses détracteurs numériques depuis qu’elle est la cible d’une intense cam­pagne médi­a­tique. Le Monde a révélé en avril que l’administration française lui avait accordé en 2024 une carte de rési­dent val­able dix ans, sans qu’aucune mesure d’éloignement ait depuis été annoncée.

De quoi gên­er l’exécutif. Le min­istre de l’Intérieur, Lau­rent Nuñez, avait jus­ti­fié cette posi­tion sur France Inter au nom des lib­ertés français­es : la France, expli­quait-il en sub­stance, n’envoie pas ses opposants « au goulag ». Les eurodéputés macro­nistes ont quant à eux appelé la Com­mis­sion européenne à la sanc­tion­ner. Car si elle n’est pas exclue du ter­ri­toire, Xenia Fedoro­va peut au moins l’être du champ de la parole autorisée.

Sur le dossier ukrainien, les voix dis­cor­dantes restent mar­ginales. Une étude de l’OJIM révélait, le 2 juil­let dernier, les déséquili­bres man­i­festes sur France Info et LCI.

Une cible utile pour le narratif de l’exécutif ?

Après neuf ans de macro­nisme, la chroniqueuse est, dans l’absolu, un bouc émis­saire com­mode, bien plus facile à dénon­cer que les frac­tures sociales, le déclasse­ment budgé­taire ou les impass­es stratégiques du pays. Le pou­voir déplace ain­si le débat sur un ter­rain qu’il maîtrise : celui de la con­fronta­tion médi­a­tique. Elle per­met d’occuper les antennes tout en désig­nant d’un coup deux enne­mis tout trou­vés — Moscou et les médias de Vin­cent Bolloré.

Pri­or­ité à la mise en scène plutôt qu’à la red­di­tion de comptes.

Olivi­er Frèrejacques

Voir aus­si : Apoplex­ie dans les médias dom­i­nants : le JD News appelle à renouer avec la Russie

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