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Un journal allemand d’extrême-gauche souhaite la disparition de l’Allemagne

29 juillet 2016

Temps de lecture : 3 minutes

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Un journal allemand d’extrême-gauche souhaite la disparition de l’Allemagne

Un journal allemand d’extrême-gauche souhaite la disparition de l’Allemagne

[Pre­mière dif­fu­sion le 11 mars 2016] Red­if­fu­sions esti­vales 2016

Suite à des incidents « xénophobes » en Saxe, un article du TAZ ne voit plus qu’une solution : la dissolution de l’Allemagne, « un pays dont plus personne n’a besoin en ce bas monde ».

Le TAZ (Tageszeitung = Quo­ti­di­en) est un jour­nal d’extrême-gauche fondé en 1979 sur le mod­èle de Libéra­tion. À la dif­férence que c’est une coopéra­tive indépen­dante appar­tenant à quelques mil­liers d’actionnaires et jouis­sant, grâce à son tirage à 60 000 exem­plaires, d’un bon équili­bre financier. Philip Mein­hold est quant à lui un écrivain d’extrême-gauche né à Berlin-Ouest en 1971. L’incident de Claus­nitz a don­né à ce dernier l’occasion de fournir, dans un arti­cle pub­lié il y a quelques jours, son appré­ci­a­tion de la sit­u­a­tion de l’Allemagne et de son avenir.

Claus­nitz, un petit vil­lage sax­on de moins de 2 000 habi­tants au sud de Dres­de, à quelques kilo­mètres de la fron­tière tchèque, n’avait jusqu’ici guère défrayé la chronique depuis sa fon­da­tion dans le cadre des défrichages de la Ger­ma­nia Slav­i­ca au 12ème siè­cle. C’est désor­mais chose faite depuis le 18 févri­er 2016. Ce jour-là en effet, un bus rem­pli de migrants « répar­tis » dans un foy­er créé ad hoc en ce lieu per­du a été blo­qué par une foule de mécon­tents qui ont empêché pen­dant 2 heures les intrus de sor­tir de leur véhicule pour rejoin­dre leur héberge­ment, procla­mant « Wir sind das Volk » (Le peu­ple, c’est nous) et « Aus­län­der ’raus » (Les étrangers dehors). La police fédérale a dû inter­venir pour les dégager.

Cet inci­dent filmé et dif­fusé entre autres sur YouTube a déclenché une vague d’indignations dans les médias, les réseaux soci­aux et les milieux poli­tiques autorisés. Mais un arti­cle signé Philip Mein­hold paru dans le TAZ à cette occa­sion illus­tre par­faite­ment le gouf­fre qui se creuse pro­gres­sive­ment entre l’ouest et l’est de l’Allemagne à la lumière de l’invasion migratoire.

Sous le titre « Débar­ras­sons-nous de ce peu­ple de crétins ! », Mein­hold tire les con­clu­sions suiv­antes de la crise : « Nul dans le monde n’a besoin de ce pays ». Il lance donc « un man­i­feste en faveur de l’éradication de l’Allemagne » très raisonnable­ment argu­men­té ain­si : les Alle­mands seraient en effet un « peu­ple de dépravés moraux » et « de petits bour­geois et d’indics » « dévoré par l’envie et la bassesse » cher­chant à « com­penser leurs com­plex­es d’infériorité par des rêves de grandeur nationale ». Un pays qui sur la carte de l’Europe est « comme si quelqu’un avait vomi en son milieu, une longue flaque puante ». Un « peu­ple sans humour » « qui con­fond le sens du rythme avec la marche au pas » et dont « le quo­tient intel­lectuel ne dépasse pas celui d’une soupe aux petits pois », ce qui explique son pen­chant pour les émis­sions de télévi­sion débiles.

Les ver­tus alle­man­des ? L’assiduité, la fidél­ité, la dis­ci­pline et la pro­preté, la ponc­tu­al­ité, l’obéissance aveu­gle et le sens de l’ordre ? Des qual­ités tout juste bonnes « à exploiter un camp de con­cen­tra­tion », d’ailleurs « la seule activ­ité ayant vrai­ment, comme on le sait, procuré de la sat­is­fac­tion et sus­cité de la pas­sion chez les Alle­mands ». On n’aura rarement vu une telle haine de soi à l’œuvre…

Devant ce con­stat tout en mesure, les con­clu­sions très sen­sées de Mein­hold coulent de source : « On ne peut que se deman­der pourquoi la mesure de dénaz­i­fi­ca­tion appliquée à Dres­de en févri­er 1945 par les alliés (anéan­tisse­ment de la ville par un bom­barde­ment incen­di­aire ayant fait plus de 20 000 vic­times, NDLR) n’a pas été éten­due à tout le pays » !

Ce texte inouï aurait évidem­ment valu à son auteur une com­paru­tion immé­di­ate pour « pub­li­ca­tion de pro­pos diffam­a­toires ou insul­tants, qui incit­erait à la dis­crim­i­na­tion, à la haine, ou à la vio­lence con­tre une per­son­ne ou un groupe de per­son­nes en rai­son de leur lieu d’origine, de leur eth­nie ou absence d’ethnie, de la nation­al­ité ou d’une reli­gion spé­ci­fique » s’il n’avait pas con­cerné les Alle­mands, c’est-à-dire un peu­ple européen, ici grossière­ment car­i­caturé et stig­ma­tisé dans des amal­games d’une incroy­able out­rance. La règle jurispru­den­tielle claire voulant que les lois dites « antiracistes » s’appliquent… de façon sys­té­ma­tique­ment arbi­traire et dis­crim­i­na­toire en fonc­tion de l’origine eth­nique, raciale, religieuse, poli­tique des groupes visés. C’est-à-dire en violant grossière­ment les notions d’égalité de tous devant la loi voulus par les principes démoc­ra­tique… et ceux énon­cés dans le droit antiraciste que l’on est cen­sé appliquer.

Le fort cli­vage qui oppose l’ouest et l’est de l’Europe par rap­port à la crise des migrants, coupe le pays en deux entre ex-Alle­magne de l’ouest et ex-Alle­magne de l’est. Pegi­da et l’opposition à l’implantation des migrants sont beau­coup plus fortes et/ou beau­coup plus décom­plexées à l’est qu’à l’ouest.

Philip Mein­hold, certes né plus tard, est resté dans l’état d’esprit des gauchistes alle­mands de 1968, qui furent à l’origine de la Frac­tion Armée Rouge et de la bande à Baad­er. Ces petits-fils de bour­geois, usufruitiers du mir­a­cle économique, du plein emploi, d’un niveau de vie appré­cia­ble, d’une lib­erté envi­able et des acquis démoc­ra­tiques de la loi fon­da­men­tale alle­mande – la Grundge­setz, ne rêvaient alors que d’une chose : bal­ay­er l’enfer de la RFA pour le rem­plac­er par le par­adis sovié­tique. Les Alle­mands de l’est, qui vivaient à cette même époque très con­crète­ment ce fameux par­adis, n’ont évidem­ment pas vrai­ment les mêmes sou­venirs. Et cela explique qu’ils sont net­te­ment moins prêts que leurs com­pa­tri­otes de l’ouest à brad­er la lib­erté si récem­ment acquise au nom des slo­gans du « mul­ti­cul­tur­al­isme ». D’autant que les dis­cours de pro­pa­gande irénique qui accom­pa­g­nent ce nou­veau « monde meilleur » leur rap­pel­lent furieuse­ment ceux qu’ils ont enten­dus pen­dant quar­ante ans de RDA…

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