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Saint-Louis des Invalides : une profanation occultée par les médias

7 juin 2019

Temps de lecture : 3 minutes

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Saint-Louis des Invalides : une profanation occultée par les médias

Saint-Louis des Invalides : une profanation occultée par les médias

Cachez cette profanation que nous ne saurions voir ! Les médias mainstream ont brillé par leur silence sur les événements survenus le 22 mai 2019 en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, et sur leurs conséquences, malgré l’émotion qu’ils ont suscité au sein de l’institution militaire, alertée par Internet et ses réseaux sociaux.

Un lieu chargé de sens

Le lieu n’est pas anodin. La cathé­drale Saint-Louis des Invalides, dans laque­lle sont exposés nom­bre de trophées sai­sis à l’ennemi lors des cam­pagnes napoléoni­ennes ou sous Charles X, et notam­ment des dra­peaux ottomans cap­turés lors des con­quêtes colo­niales, pos­sède une forte charge sym­bol­ique pour les mil­i­taires. Les derniers sacre­ments y ont en effet été ren­dus à beau­coup de pres­tigieux anciens com­bat­tants, et les cer­cueils de nom­breux sol­dats morts pour la France y ont reposé à l’occasion des hom­mages nationaux qui leur étaient ren­dus solen­nelle­ment dans la cour des Invalides. Ce fut récem­ment le cas des deux officiers mariniers du com­man­do Hubert, les maîtres prin­ci­paux Cédric de Pier­re­pont et Alain Berton­cel­lo, tombés au champ d’honneur lors d’un assaut don­né au Burk­i­na Faso, afin de libér­er plusieurs otages occi­den­taux que leurs ravis­seurs con­dui­saient vers les mains islamistes.

L’appel islamique à la prière, psalmodié depuis la chaire de la cathédrale

Or, sans que le diocèse des armées, util­isa­teur exclusif des lieux pour l’exercice du culte, en ait été infor­mé, la cathé­drale a été util­isée le 22 mai par l’ambassade du Koso­vo à Paris, avec l’accord des pou­voirs publics. Il s’agissait, pour com­mé­mor­er l’anniversaire des 20 ans de la fin de l’intervention mil­i­taire occi­den­tale au Koso­vo, de don­ner un con­cert de Karl Jenk­ins, inti­t­ulé « L’homme armé, messe pour la paix ».

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Au-delà du seul texte de ce con­cert, c’est la mise en scène choisie par les artistes venus spé­ciale­ment du Koso­vo, où les Serbes ortho­dox­es ont été épurés et ont vu la plu­part de leurs lieux de culte pro­fanés après 1999, qui pose prob­lème. L’appel islamique à la prière a en effet été psalmod­ié depuis la chaire qui sur­plombe l’ensemble de la cathé­drale, repro­duisant ain­si au détail près le geste accom­pli par les Ottomans à Sainte Sophie, lors de la prise de Con­stan­tino­ple en 1453, juste après y avoir mas­sacré le clergé orthodoxe.

Silence médiatique

Sept jours ont tout d’abord été néces­saires, avant que les faits, dif­fusés par une vidéo sur les réseaux soci­aux puis relayés le 29 mai sur le site Fdes­ouche, soient finale­ment portés à la con­nais­sance du diocèse aux armées compte-tenu des nom­breux témoignages reçus ce jour-là. Le 29 au soir, faisant part de son incom­préhen­sion et face à l’émotion qui se man­i­fes­tait déjà dans la com­mu­nauté mil­i­taire, le diocèse aux armées pub­li­ait un com­mu­niqué annonçant, dans des ter­mes laconiques, qu’une prière de répa­ra­tion serait pronon­cée, en réponse à cette pro­fa­na­tion, par l’évêque aux armées le jeu­di 30 mai à 11 heures lors de la messe de l’ascension. Silence des médias nationaux.

Silence égale­ment des prin­ci­paux relais, sur Inter­net et les réseaux soci­aux, du monde mil­i­taire et de ses petits secrets, à com­mencer par Jean-Dominique Merchet, dont notre arti­cle du 10 mai 2019 soulig­nait déjà les ambigüités. Ni la vidéo de l’appel à la prière, pour­tant large­ment dif­fusée sur inter­net, ni la prière de répa­ra­tion pronon­cée par l’évêque aux armées n’ont été relayées.

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Une tribune signée par 131 militaires, toujours dans le silence des médias

Il a fal­lu attein­dre le 29 mai au soir pour que l’omerta médi­a­tique subisse enfin un bref coup de griffe, sur LCI, le temps d’un bil­let d’humeur, suc­cinct mais com­plet, pronon­cé à l’antenne par Vin­cent Her­vou­et. Cette incur­sion télévisée fut sans lende­main, alors que la messe de répa­ra­tion du diocèse aux armées était loin d’avoir apaisé les esprits échauf­fés chez les mil­i­taires… Le 1er juin, le site Boule­vard Voltaire pub­li­ait ain­si une tri­bune signée par 70 « officiers et sous-officiers » pour sig­ni­fi­er le mécon­tente­ment et la stupé­fac­tion des armées face à cet évène­ment sans précédent.

La presse nouvelle grande muette ?

Valeur Actuelles a relayé ce rebondisse­ment dans un arti­cle pub­lié le 3 juin, alors que le nom­bre de sig­nataires de la tri­bune de Boule­vard Voltaire atteignait déjà une cen­taine de noms. Dans l’intervalle, le 31 mai, lec­torat chré­tien oblige, le jour­nal La Croix avait pub­lié un arti­cle soulig­nant la vive émo­tion sus­citée par les évène­ments, mais en ten­tant d’en lim­iter la portée par l’indication que ce con­cert avait déjà été joué par le passé dans d’autres églis­es, sans toute­fois pré­cis­er que ce ne fut cer­taine­ment pas avec la même mise en scène.

À la date du 4 juin, la liste des sig­nataires de la tri­bune de Boule­vard Voltaire, qui n’a cessé d’augmenter depuis sa pub­li­ca­tion ini­tiale, regroupait 131 noms, dont 119 officiers supérieurs, par­mi lesquels on comp­tait 46 officiers généraux dont un général d’armée, 9 généraux de corps d’armée, un vice-ami­ral et un com­mis­saire général de pre­mière classe. Ce n’est pas rien ! Pour­tant le silence assour­dis­sant de la plu­part des rédac­tions sur ce sujet con­duit à se deman­der si l’armée ne vient pas de céder à la presse son surnom de « grande muette », con­fir­mant ain­si que la charte de déon­tolo­gie jour­nal­is­tique reste l’objet, en fonc­tion des sujets, d’interprétations fort variables.

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