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Presse : la marmite syndicale prête à exploser

26 septembre 2014

Temps de lecture : 2 minutes
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Presse : la marmite syndicale prête à exploser

La restructuration de la filière d’impression et la création de filiales pour les services supports dans les groupes de presse, promet une fin d’année chaude socialement. La Filpac CGT est aux premières loges.

Si les organ­i­sa­tions patronales (SPQN) et syn­di­cales (Fil­pac CGT, FO, CFDT) ont signé courant juil­let un accord de méth­ode sur la réforme de l’im­primerie de presse à l’échelle de l’Hexa­gone, le marathon de négo­ci­a­tions s’an­nonce mus­clé. A rai­son d’une réu­nion par semaine, cha­cune des par­ties table raisonnable­ment sur 12 à 18 mois de dis­cus­sions pour par­venir à un con­sen­sus. Pour une fois unie, les deux branch­es de la Fil­pac CGT, le Syn­di­cat des imprimeries parisi­ennes (SIP) et le Syn­di­cat général du livre et de la com­mu­ni­ca­tion écrite (SGLCE) ont bien l’in­ten­tion de peser de tout leur poids. Aux édi­teurs, ils deman­dent d’in­ve­stir dans la mod­erni­sa­tion de l’outil indus­triel afin d’amélior­er la qual­ité des jour­naux papi­er qui représen­terait encore 80% du CA. À l’État, les syn­di­cats récla­ment claire­ment des mesures d’ac­com­pa­g­ne­ment social et un ren­force­ment des aides à la presse. À par­tir du début du mois d’oc­to­bre, des AG auront lieu dans les groupes de PQN et de PQR. Des grèves seraient d’ores et déjà pro­gram­mées. La CGT sait en effet qu’elle a peu de chance d’être enten­due.

Au vu de la baisse des tirages des quo­ti­di­ens, l’ensem­ble des acteurs, privé et pub­lic, s’ac­corde sur la néces­sité de réduire dras­tique­ment le parc indus­triel, notam­ment en région parisi­enne. La nou­velle min­istre de la cul­ture et de la com­mu­ni­ca­tion, Fleur Pel­lerin, a claire­ment indiqué, dès son entrée en fonc­tion en août, que la majorité des sub­ven­tions iraient à l’avenir dans les fil­ières inno­vantes, numériques essen­tielle­ment. Or une diminu­tion du nom­bre d’im­primeries de presse ferait inévitable­ment fon­dre les effec­tifs du Livre CGT, ultra-majori­taire dans ces usines.

Le pro­jet de cer­tains groupes de presse de regrouper leurs ser­vices “sup­ports” (compt­abil­ité, paie, RH, achats) au sein de fil­iales exis­tantes ou spé­ciale­ment créées est l’autre point chaud de la ren­trée. Aux édi­tions Amau­ry (Le Parisien, L’Équipe) comme au Monde, l’ob­jec­tif est dou­ble. Il s’ag­it en pre­mier lieu d’amélior­er les syn­er­gies, et donc la pro­duc­tiv­ité, entre ces ser­vices actuelle­ment séparés. Les sor­tir du périmètre des titres aura aus­si pour con­séquence de tro­quer l’a­van­tageuse con­ven­tion col­lec­tive de la presse pour des textes moins généreux sociale­ment (Syn­tec notam­ment). Chez Amau­ry, où 120 salariés seraient con­cernés, les négo­ci­a­tions doivent repren­dre sur ce point courant novem­bre avec le syn­di­cat majori­taire, FO. Au Monde, le pro­jet, qui impacte 300 per­son­nes, n’a pas encore été présen­té, mais il sus­cite déjà la franche hos­til­ité des syn­di­cats du groupe.

Pho­to : man­i­fes­ta­tion pour les retraites à Paris, octo­bre 2011. © fil­pac cgt

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