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Plans sociaux en masse : hécatombe dans la presse écrite

22 avril 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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Depuis décem­bre 2025, près de 1 000 postes ont été sup­primés dans la presse écrite française. Sur les seize dernières années, ce sont plus de 10 500 emplois qui ont dis­paru, selon une étude de Tren­deo. Mag­a­zines et quo­ti­di­ens régionaux sont frap­pés de plein fou­et et le pire est encore à craindre.

Depuis décem­bre 2025, les acteurs de la presse écrite (mag­a­zine et régionale prin­ci­pale­ment) ont annon­cé la sup­pres­sion d’environ 1 000 emplois.

Sur une péri­ode plus longue (depuis 2009), une étude de Tren­deo pub­liée mi-avril 2026 recense env­i­ron 10 500 emplois détru­its dans la presse écrite (11 685 sup­pres­sions pour seule­ment 1 216 créations).

Presse magazine : les plans les plus lourds

Le groupe Pris­ma Media (numéro un de la presse mag­a­zine : Cap­i­tal, Géo, Femme actuelle, Voici, Télé-Loisirs, etc.) : prévoit de sup­primer 261 postes sur env­i­ron 650, soit près de 40 % des effec­tifs. Il s’agit de la troisième vague de départs en deux ans. Le plan a été offi­cial­isé fin mars 2026 et a provo­qué un fort émoi dans la profession.

Chez CMI France (Elle, Mar­i­anne, Franc-Tireur, etc., détenu par Daniel Křetín­ský), ce sont 132 postes qui sont men­acés dans les rédac­tions et la régie pub­lic­i­taire, soit env­i­ron 30 % des effectifs.

Les autres titres nationaux con­cernés sont Bayard (La Croix, presse jeunesse comme Okapi, J’aime lire, etc.) avec 59 sup­pres­sions de postes, soit 5 % des effec­tifs, Le Par­ti­c­uli­er (Groupe Figaro) avec un plan de 12 départs sur 36 salariés, et La Vie (Groupe Le Monde) avec la pos­si­ble sup­pres­sion de 8 postes sur 64 via une rup­ture con­ven­tion­nelle collective.

En out­re, du côté des Édi­tions Croque Futur, com­prenant Chal­lenges, Sci­ences et Avenir, La Recherche ; l’arrivée du nou­v­el action­naire Bernard Arnault pose un risque de départs mas­sifs via une clause de ces­sion déclenchée par le change­ment d’actionnaire. Une grève heb­do­madaire a été votée pour défendre l’indépendance.

Enfin, La Tri­bune (pro­priété de Rodolphe Saadé) sup­prime la total­ité des 56 postes de rédac­tion (37 tit­u­laires + 19 pigistes) dans le cadre d’un rap­proche­ment avec BFM Busi­ness (avec promesse de 32 reclassements).

La presse quotidienne régionale n’est pas épargnée non plus

Le groupe Cen­tre France (La Mon­tagne, Le Pop­u­laire du Cen­tre, La République du Cen­tre, etc.) annonce 152 postes sup­primés sur 1 600, soit env­i­ron 10 % des effec­tifs. C’est le six­ième plan en dix ans. Il entraîn­era la fer­me­ture de trois agences locales. Sur ces 152 postes, 30 étaient déjà vacants (non rem­placés) et 122 cor­re­spon­dent à de nou­veaux départs.

  • Ouest-France, jour­nal le plus lu en France, annonce 30 départs et Sud Ouest sup­prime 53 emplois.
  • Le groupe Nice-Matin (pro­priété de Xavier Niel) prévoit 58 licen­ciements économiques prin­ci­pale­ment sur des postes tech­niques (rota­tivistes).
  • Viamé­dia (fil­iale pub­lic­i­taire du groupe Télé­gramme) sup­prime 17 emplois.
  • Le groupe EBRA (Le Dauphiné libéré, L’Est répub­li­cain, Les Dernières Nou­velles d’Alsace, etc.) pré­pare un plan d’économies (non encore chiffré ni offi­cial­isé au moment de l’article).

Même les agences de presse sont touchées

L’Agence France-Presse (AFP) est con­fron­tée à un plan d’économies impor­tant (6 mil­lions d’euros prévus en 2026, puis 10 à 12 mil­lions par an à par­tir de 2027). Ces plans se traduisent par une dégra­da­tion des con­di­tions de tra­vail, une réduc­tion de la cou­ver­ture de prox­im­ité (surtout en région) et une men­ace sur la qual­ité de l’information.

Plusieurs voix (syn­di­cats, his­to­riens des médias, obser­va­toires) soulig­nent un risque de « tsuna­mi » si la fil­ière ne se trans­forme pas rapi­de­ment. Les caus­es prin­ci­pales évo­quées sont :

  1. la chute des ventes papi­er et de la dif­fu­sion (exem­ples : –9 % pour Paris Match, –5,9 % pour Le Point, etc. en 2025) ;
  2. la con­cur­rence des réseaux soci­aux et des géants du web sur l’attention et la publicité ;
  3. le retard accu­mulé dans la tran­si­tion numérique pour cer­tains groupes.

Un arti­cle du Monde note égale­ment des appels à un accom­pa­g­ne­ment lég­is­latif de l’État con­tre le « pil­lage » des con­tenus par l’IA et une cri­tique de l’immobilisme gou­verne­men­tal sur les pro­jets de loi relat­ifs à l’information.

En résumé, l’accélération bru­tale des restruc­tura­tions touche à la fois les grands groupes mag­a­zine, la presse régionale et cer­tains titres nationaux, avec un impact cumulé très lourd sur l’emploi et sur le mail­lage ter­ri­to­r­i­al de l’information.

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