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Presse écrite : 5 milliards d’euros de subventions

5 mars 2013

Temps de lecture : 2 minutes

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Presse écrite : 5 milliards d’euros de subventions

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Presse écrite : 5 milliards d’euros de subventions

5 mars 2013

Le rapport public annuel 2013 de la Cour des comptes publié ces jours-ci estime les aides directes et indirectes accordées à la presse écrite entre 2009 et 2011 à… 5 milliards d’euros !

Au terme des états généraux de la presse con­vo­qués par Nico­las Sarkozy en 2008, un plan d’aide à la presse écrite avait été décidé pour la péri­ode 2009–2011 qui avait con­duit à un dou­ble­ment des dépens­es de l’État en faveur de la presse écrite.

La presse béné­fi­cie en effet d’aides directes : aides à la dif­fu­sion (trans­port postal, portage, réduc­tions de tarif SNCF, etc.), aides au plu­ral­isme, aides à la mod­erni­sa­tion (finance­ment des abon­nements jeunes 18–24 ans, aides aux dif­fuseurs, etc.), développe­ment des ser­vices et des entreprises…

Mais elle béné­fi­cie égale­ment d’aides indi­rectes : sub­ven­tion Poste pour dis­tri­b­u­tion de la presse en zone peu dense, investisse­ment pub­lic­i­taire dépen­sé par l’État, exonéra­tion de charges sociales pour les col­por­teurs, déduc­tion for­faitaire de frais pro­fes­sion­nels de 7600 euros par an pour les jour­nal­istes, etc… et surtout taux « super réduit » !

Les Français l’ignorent le plus sou­vent mais la presse est en effet soumise à un taux de TVA par­ti­c­ulière­ment léger puisqu’il est de… 2,1%. A côté du « taux nor­mal » à 19,6% applic­a­ble à la plu­part des biens et des ser­vices ven­dus, et à côté du « taux réduit » (5,5 ou 7%) réservé aux pro­duits de pre­mière néces­sité, il existe un taux dit « super réduit » à 2,1% dont béné­fi­cient les ventes de presse écrite… mais non les médias présents sur Inter­net, soumis, eux, au taux de 19,6%.

« Sur la péri­ode 2009–2011, le plan d’aide s’est donc traduit par plus de 450 mil­lions d’euros de dépens­es budgé­taires sup­plé­men­taires. En prenant en compte le coût de l’avantage du taux de TVA à 2,1% par rap­port au taux nor­mal de TVA à 19,6%, le total cumulé des aides directes et indi­rectes accordées au secteur de la presse écrite sur cette même péri­ode peut être estimé à 5 mil­liards d’euros », écrit la Cour des comptes sans ambigüité.

Sachant que le chiffre d’affaire glob­al du secteur de la presse est de 9,6 mil­liards par an, soit env­i­ron 30 mil­liards sur trois ans, les aides représen­tent ain­si 18% de ce chiffre d’affaire, ce que Ben­jamin Dor­mann avait du reste déjà cal­culé dans son excel­lent livre Ils ont acheté la presse (Jean Picol­lec, 2012).

Au vu de ce chiffre, la ques­tion qui se pose est la suiv­ante : de quelle marge de lib­erté dis­pose-t-on pour cri­ti­quer celui qui nous nour­rit ? La défi­ance des Français vis-à-vis de la presse, qui ne fait que s’accroître, apporte un élé­ment de réponse…

Crédit pho­to : TouN via Wiki­me­dia (cc)

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