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Dominique Albertini

Spécialiste (dépassionné) du FN

Dans le domaine en pleine ascension des « spécialistes de l’extrême droite », nous pouvons chaque semaine sur un plateau télévisé découvrir un nouvel « expert » : Dominique Albertini qui officie au journal Libération où il est en charge du Front national. Il tranche par le sérieux de ses analyses et son travail, bien loin des militants qui se cachent derrière une « expertise » parfois très orientée politiquement. Albertini appartient à cette nouvelle génération de journaliste en charge de l’extrême droite bien plus « propre sur elle » que l’ancienne, sans parcours politique clivé ou engagement criant. À l’instar du Front National, la presse en charge de l’extrême-droite aurait-elle, elle aussi, effectuée une forme de dédiabolisation ?

Formation

Bac­calau­réat Sci­en­tifique en poche, Dominique Alber­ti­ni fait ses études à l’Institut d’Études Poli­tiques de Paris (Sci­ences Po) ou il décroche son mas­ter en 2010. Durant ses études, il se for­mera au droit, à l’économie mais égale­ment aux sci­ences sociales.

Parcours professionnel

2007

Dominique Alber­ti­ni par­ticipe au tra­vail social de l’association « Un Techo para Chile » (Un toit pour le Chili). Une asso­ci­a­tion lut­tant con­tre la pau­vreté au Chili, con­stru­isant des maisons, et met­tant en place des pro­grammes de réin­ser­tion sociale. Dominique Alber­ti­ni par­ticipe alors à la con­struc­tion de maisons et donne des cours d’anglais.

2008

Il décroche un CDD au ser­vice com­mu­ni­ca­tion de la com­pag­nie COFACE (La Com­pag­nie française d’assurance pour le com­merce extérieur). Dominique Alber­ti­ni rédi­ge alors des com­mu­niqués et arti­cles pour le jour­nal interne de la com­pag­nie.

2009

Dominique Alber­ti­ni effectue un stage au ser­vice Economie du jour­nal 20 Min­utes, il y rédi­ge des arti­cles. Cette même année, il sera égale­ment sta­giaire à Rue89 (tou­jours au ser­vice Économie), mais égale­ment à l’AFP (au ser­vice poli­tique cette fois-ci où il rédi­ge les dépêch­es), et à l’Express (ser­vice Société où il rédi­ge des arti­cles pour le mag­a­zine et le site inter­net).

2010

Dominique Alber­ti­ni est pigiste pour 24Ore, un organe de presse quo­ti­di­en région­al Corse. Il suit alors les affaires judi­ci­aires. Il com­mentera notam­ment le procès des per­son­nes ayant soutenues la cav­ale d’Yvan Colon­na, mil­i­tant indépen­dan­tiste corse con­damné pour l’assassinat du préfet Claude Éri­gnac, com­mis le 6 févri­er 1998 à Ajac­cio. Dominique Alber­ti­ni suiv­ra égale­ment le procès d’Antonio Fer­rara, fig­ure du grand ban­ditisme français.

Cette même année, il pige pour le Jour­nal Du Dimanche, et com­mence à écrire sur l’extrême-droite.

Dominique Alber­ti­ni décroche un CDD pour la pré­pa­ra­tion des 4ème Assis­es inter­na­tionales du Jour­nal­isme, le ren­dez-vous annuel des pro­fes­sion­nels de l’information. Son rôle con­sis­tera alors à inviter les inter­venants et organ­is­er des con­férences.

2011

Dominique Alber­ti­ni rejoint le jour­nal Libéra­tion, il s’occupe alors des sujets économiques pour le site inter­net du jour­nal.

2013

Avec David Doucet (Les Inrocks), il écrit une His­toire du Front Nation­al (Tal­landi­er). Un livre qui à l’inverse de tant d’autres ne relate pas la vie de Jean-Marie Le Pen mais retrace l’histoire du par­ti poli­tique qu’il a fondé.

2014

Dominique Alber­ti­ni est affec­té à la rubrique trai­tant des sujets de l’extrême-droite et notam­ment du Front Nation­al pour Libéra­tion. Cette même année, il est au ser­vice Web du jour­nal Libéra­tion.

Comme son con­frère David Doucet, Dominique Alber­ti­ni est l’un des rares jour­nal­istes à se ren­dre à la céré­monie annuelle des Bobards d’Or, céré­monie durant laque­lle sont récom­pen­sés les jour­nal­istes les plus « mal­hon­nêtes » avec dif­férents prix.

Publications

Histoire du Front national, éditions Tallandier, 2013.

His­toire du Front nation­al, édi­tions Tal­landi­er, 2013.

His­toire du Front nation­al, édi­tions Tal­landi­er, 2013.

En 2014, le livre est revu et aug­men­té à l’occasion d’une nou­velle impres­sion.

Parcours militant

En 2014, le site pro-Mélen­chon « Obser­va­toire de la pro­pa­gande et des inep­ties anti-Mélen­chon » affirme que Dominique Alber­ti­ni « n’a sa carte dans aucun par­ti ».

Il a dit

« Le Front Nation­al a une dynamique qui est pro­pre, elle est soutenue de manière extrême­ment forte par l’abstention et le nom­bre crois­sant de français qui veu­lent croire qu’en votant FN c’est encore croire en la poli­tique », sur la chaine LCP, 2013.

« À l’origine du Front nation­al, il y a deux sources prin­ci­pales. D’une part, le mou­ve­ment Ordre nou­veau, qui regroupait surtout des jeunes. Leur idéolo­gie restait assez vague, mais c’était des nation­al­istes rad­i­caux, qui se plaçaient eux-mêmes en oppo­si­tion à l’extrême-droite des généra­tions précé­dentes – anciens col­lab­o­ra­teurs, par­ti­sans de l’Algérie Française… perçus, en gros, comme des ringards », site L’Entente, 2014.

« Le Maréchal con­serve sans doute quelques fidèles au Front Nation­al, mais cette ten­dance n’a claire­ment plus le vent en poupe. Son chant du cygne fut l’entrisme mené dans les années 2000 par des mil­i­tants de l’Œuvre Française », site L’Entente, 2014.

« Jean-Marie Le Pen n’a jamais pu se dédouan­er des accu­sa­tions d’antisémitisme à son encon­tre, sans doute parce qu’il ne l’a jamais voulu. Il a au con­traire entretenu ces soupçons, par goût de la provo­ca­tion autant que par cal­cul poli­tique », site L’Entente, 2014

« Le FN est un par­ti qui se veut ni de droite, ni de gauche. Repren­dre des élé­ments lex­i­caux issus de la cul­ture de gauche (république, laïc­ité…) est un moyen de don­ner corps à ce posi­tion­nement. Il per­met aus­si de semer le trou­ble chez l’adversaire, con­tester la “laïc­ité” s’avérant plus dif­fi­cile que de con­damn­er la stig­ma­ti­sa­tion des musul­mans », site L’Entente, 2014.

« Après avoir été taxé de gauchisme par les élus Les Répub­li­cains, le FN amende sa ligne pour ras­sur­er les milieux économiques en vue de la prési­den­tielle », Libéra­tion, 2015.

En 2015, Dominique Albertini se rendra à la cérémonie des Bobards d’Or, à cette occasion dans l’article qu’il consacrera à cet événement il glissera un mot sur l’OJIM :

«“La bataille cul­turelle, c’est tou­jours un peu d’actualité”, sourit Claude Chol­let. Cet ex-cadre du Grece — insti­tu­tion phare de la Nou­velle droite — a passé trente ans dans l’industrie phar­ma­ceu­tique. En 2012, il a lancé l’Observatoire des jour­nal­istes et de l’information médi­a­tique (Ojim). D’allure très pro­fes­sion­nelle, le site dis­sèque les médias et ceux qui les font à tra­vers des enquêtes, des por­traits et des info­gra­phies. Le ton se veut neu­tre, et c’est par petites touch­es que se dévoile son affil­i­a­tion idéologique — Chol­let revendi­quant l’étiquette “pop­uliste”. Comme Le Gal­lou, l’homme invoque des mod­èles de gauche dans sa lutte con­tre la “pen­sée unique” : le com­mu­niste ital­ien Anto­nio Gram­sci, l’écrivain bri­tan­nique George Orwell. L’Ojim affiche pour­tant une bien­veil­lance toute par­ti­c­ulière envers les idol­es de la droite rad­i­cale — comme Éric Zem­mour, qual­i­fié de “bril­lant jour­nal­iste poli­tique” incar­nant “une cer­taine idée du jour­nal­isme à la française”, Libéra­tion, 2015.

« Si ses adver­saires moquent sa car­rure de videur, Var­don est un mil­i­tant intel­li­gent et chevron­né. Offi­cielle­ment, l’homme n’est plus mem­bre du Bloc iden­ti­taire ; il y con­serve néan­moins assez d’influence pour appa­raître comme un dirigeant offi­cieux du mou­ve­ment », Libéra­tion, 2015.

« Si les méth­odes diver­gent, le Bloc iden­ti­taire et le FN se rejoignent ain­si sur le refus de l’immigration, de “l’islamisation”, et sur la cri­tique du “mon­di­al­isme”», Libéra­tion, 2015.

Ils ont dit

« Un par­ti poli­tique, struc­ture tech­nique, froide, informe, peut-il être le per­son­nage d’un livre ? L’histoire du Front nation­al “prou­ve que oui”. La for­ma­tion poli­tique fondée par Jean-Marie Le Pen, “un par­ti pas comme les autres”, pos­sède des ressorts bien plus romanesques que ses con­cur­rents. Et David Doucet et Dominique Alber­ti­ni, les deux auteurs de cet ouvrage paru aux édi­tions Tal­landi­er, ont magis­trale­ment su ren­dre 40 ans de vie publique en 343 pages hale­tantes. Leur exploit ? Ren­dre archi vivante l’histoire d’une organ­i­sa­tion, sans que le rythme ne s’estompe, en ne se con­tentant pas de rédi­ger la biogra­phie de Jean-Marie Le Pen, héros (lit­téraire) par­mi les héros », Tug­dual Denis, L’Express, 2014.

Sa nébuleuse

David Doucet. Tug­dual Denis, jour­nal­iste au ser­vice poli­tique de L’Express. Olivi­er Faye, jour­nal­iste au jour­nal Le Monde en charge de l’extrême-droite. Luc Peil­lon, jour­nal­iste économique pour Libéra­tion. Lau­rent de Boissieu, jour­nal­iste poli­tique à La Croix.

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM

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