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Clémence Allezard

Journaliste et défenseur des droits LGBT

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 9 octo­bre 2019

Clemence Allezard est journaliste et co-présidente de l’association des journalistes LGBT. La journaliste se revendique lesbienne (et non pas pansexuelle comme l’a affirmé fautivement Vice). D’où son engagement rapidement pris en faveur des minorités sexuelles.

Après une brève col­lab­o­ra­tion au site Cul­tures & Croy­ances en tant que mod­éra­trice de la rubrique « Actu­al­ité – Inter­na­tion­al » en 2013, elle rejoint l’équipe de France Cul­ture. A par­tir de 2014 elle par­ticipe à la mati­nale de l’été puis à l’émission « Cul­ture Monde ». Elle milite effec­tive­ment par ailleurs pour les groupes LGBT. C’est à ce titre qu’elle devient en 2018 avec Clé­ment Giu­liano co-prési­dente de l’AJL, l’Association des Jour­nal­istes LGBT créée en 2013 pour militer en faveur d’ « un meilleur traite­ment des ques­tions LGBT dans les medias ».

Très active sur Twit­ter, elle y dénonce les « déra­pages homo­phobes » éventuels des médias, quelle que soit leur couleur religieuse ou poli­tique. Elle dénonce ain­si en 2017 Le Figaro pour avoir pub­lié une pub­lic­ité du col­lec­tif En Marche pour la Vie qui dénonçait les pres­sions exer­cées sur les femmes pour avorter, et en 2018 La Croix pour avoir fait la pub­lic­ité de la Manif pour tous.

Son posi­tion­nement est celui du fémin­isme inter­sec­tion­nel, qui souhaite met­tre en lumière l’intersection entre dif­férents types de dis­crim­i­na­tions : sex­isme et racisme, racisme et homo­pho­bie, etc…

Formation

Elle étudie à Sci­ence Po Aix-en-Provence, où elle obtient un Mas­ter de Jour­nal­isme Poli­tique à l’International.

Parcours professionnel

Elle rejoint en décem­bre 2013 l’équipe du site Cul­tures & Croy­ances en tant que mod­éra­trice de la rubrique « Actu­al­ité – Inter­na­tion­al ». Son intérêt pour les représen­ta­tions de l’I­ran en Occi­dent la pousse à rejoin­dre le site créé par des musul­mans ahmadis désireux de favoris­er l’œcuménisme et le dia­logue inter­re­ligieux. Elle s’y intéresse déjà occa­sion­nelle­ment à des sujets fémin­istes, comme l’IVG.

Elle arrive à Paris en 2014. La même année, com­mence sa car­rière de jour­nal­iste radio avec un pre­mier poste chez France Cul­ture, où elle par­ticipe à la mati­nale de l’été. A par­tir de sep­tem­bre, elle prend en charge l’émission « Cul­ture Monde ». Elle y réalise plusieurs doc­u­men­taires et reportages sur le fémin­isme, avec notam­ment des biogra­phies de femmes célèbres (Monique Wit­tig, Clé­men­tine Delait…), mais aus­si des enquêtes sur les grands thèmes du jour, avec par exem­ple une émis­sion dédiée au genre.

La jour­nal­iste, aupar­a­vant cen­trée sur les ques­tions de poli­tique inter­na­tionale, se tourne en effet pro­gres­sive­ment vers des sujets plus mil­i­tants. Ce tour­nant est mar­qué par son adhé­sion à l’Association des Jour­nal­istes LGBT, l’AJL, dont elle devient co-prési­dente en 2018.

Elle signe ain­si quelques arti­cles engagés, sur des média mil­i­tants comme Komi­tid, « site d’informations dédié aux ques­tions qui touchent les per­son­nes LGBT+ », et sur des média plus clas­siques comme Straté­gies.

Parcours militant

Clé­mence Allezard se définit elle-même comme les­bi­enne et mil­i­tante LGBT. Elle fait en effet par­tie de l’AJL, l’Association des Jour­nal­istes LGBT créée en 2013 pour militer en faveur d’ « un meilleur traite­ment des ques­tions LGBT dans les medias », dont elle est co-prési­dente aux côtés de Clé­ment Giu­liano depuis 2018.

A ce titre, elle par­ticipe chaque année à l’organisation des « OUT d’or », une céré­monie de remise de prix récom­pen­sant la vis­i­bil­ité LGBT qu’organise l’association, mais égale­ment à de nom­breux évène­ments mil­i­tants, con­férences inter­na­tionales et regroupe­ments les­bi­ens divers.

Sur son fil Tweet­er, elle épin­gle régulière­ment les pub­li­ca­tions qu’elle juge « homo­phobes » dans les média, avec par exem­ple son Tweet repris dans un arti­cle des Inrock­upt­ibles sur le sujet, « @Le_Figaro QUE FOUT UNE PUB CONTRE L’IVG DANS VOTRE JOURNAL », lorsque le media avait pub­lié le 12 jan­vi­er 2017 une pub­lic­ité du col­lec­tif En Marche pour la vie. On peut égale­ment citer la con­damna­tion du jour­nal, pour­tant théorique­ment catholique, La Croix pour avoir joint à un numéro un tract en faveur de la Manif pour Tous. Le tweet de Clé­mence Allezard « Vrai­ment @LeCroix ? Un tract de la Manif pour tous – de la pro­pa­gande homo­phobe – inséré/e dans votre jour­nal ? Pas de souci déon­tologique ? Ou est-ce là la posi­tion offi­cielle du jour­nal ? Con­tre la #PMApourToutes, pour le mépris de miliers d’enfants 1de familles homo­parentales ? » est ain­si relayé dans un arti­cle d’Anne Sog­no pour TéléObs pub­lié le 7 sep­tem­bre 2018.

C’est elle qui a présen­té dans les médias les résul­tats de l’enquête menée par 17 jour­nal­istes de l’association mil­i­tante sur les dis­crim­i­na­tions dans les émis­sions de TV à grande audi­ence. Durant un mois, les mil­i­tants auraient vision­né des séquences et recen­sé plus de 55 séquences jugées « prob­lé­ma­tiques » pour les droits et l’image des femmes, des per­son­nes LGBT, etc. L’absence de pro­pos dis­crim­i­na­toires est elle aus­si imputée par Clé­mence Allezard par une autre forme de dis­crim­i­na­tion, puisqu’elle explique que « si on n’a pas remar­qué de séquences les­bo­phobes, c’est parce qu’il n’y a tout sim­ple­ment pas de les­bi­ennes sur les plateaux, ce qui relève aus­si de la les­bo­pho­bie. »

Au moment de la vague #Metoo, elle prend posi­tion via une tri­bune pub­liée dans Medi­a­part le 9 jan­vi­er 2018 avec d’autres per­son­nal­ités et jour­nal­istes con­tre la tri­bune « pour la lib­erté d’importuner » signée entre autres par Cather­ine Deneuve et qui défendait face au « puri­tanisme » du néo-fémin­isme à l’origine du hash­tag la libéra­tion sex­uelle du fémin­isme de mai 68. Le texte de la péti­tion signée par Clé­mence Allezard est emblé­ma­tique du mou­ve­ment inter­sec­tion­nel qui com­mence à s’imposer en France et qui fait se rejoin­dre le com­bat fémin­iste et les com­bats des dif­férentes minorités. Cette nou­velle étape du fémin­isme cri­tique la généra­tion passée comme étant un fémin­isme de classe, réservé à quelques femmes blanch­es et aisées. La tri­bune « pour la lib­erté d’importuner » est ain­si décrite comme écrite « par des femmes majori­taire­ment blanch­es et bour­geois­es (qui n’emploient pas l’écriture inclu­sive) ». A l’occasion de cette péti­tion, Clé­mence Allezard se décrit elle-même dans la liste des sig­nataires comme « jour­nal­iste et mil­i­tante LGBT ».

Elle prend égale­ment parole dans les médias, avec par exem­ple une inter­view pub­liée le 11 févri­er 2019 le sur le média LGBT Komi­tid, à l’occasion de la Ligue du LOL pour réclamer « des embauch­es de femmes et de minorités aux postes à respon­s­abil­ité ».

Ce qu’elle gagne

Non con­nu.

Sa nébuleuse

Ingrid Ther­wath : diplômée de Sci­ence Po Paris et de l’université de Cam­bridge, jour­nal­iste à Cour­ri­er Inter­na­tion­al, elle est spé­cial­iste de l’Inde. Elle enseigne par ailleurs le jour­nal­isme d’opinion à Sci­ences Po Paris. Mem­bre de l’AJL, c’est elle qui accom­pa­gne Clé­mence Allezard lors de sa vis­ite au Cen­tre de For­ma­tion des Jour­nal­istes en 2018.

Clé­ment Giu­liano : il tra­vaille régulière­ment avec Clé­mence Allezard et prend parole avec la jour­nal­iste dans les média en tant que co-prési­dente de l’AJL. Rédac­teur en chef adjoint chez AEF Sécu­rité Glob­ale, média pro­fes­sion­nel en ligne des­tiné aux élites déci­sion­nelles, il est spé­cial­iste des ques­tions de sécu­rité, et notam­ment de l’actualité par­lemen­taire et poli­cière sur ces ques­tions.

Elle l’a dit

« Toutes les opin­ions ne se valent pas : une opin­ion réac­tion­naire de LMPT ne vaut pas celle d’une con­cernée », dans un arti­cle d’Emeline Amétis pour Vice, « Ces jeunes LGBT ori­en­tent les luttes de demain », pub­lié le 29 juin 2018.

« Toute l’année on pointe les failles du traite­ment médi­a­tique des ques­tions LGBT. Là, l’idée c’est d’être dans le posi­tif : on veut saluer le tra­vail de con­sœurs et con­frères lors d’une soirée fes­tive et engagée. C’est impor­tant de se faire du bien, aus­si. L’année a été une fois de plus très dure pour nous. Notam­ment avec les débats sur la PMA, phago­cytés par La Manif pour Tous (LMPT). Alors si on peut pass­er une soirée fes­tive ensem­ble, c’est mieux. », dans un arti­cle d’Emeline Amétis pour Vice, « Ces jeunes LGBT ori­en­tent les luttes de demain », pub­lié le 29 juin 2018.

« A l’heure actuelle, la télévi­sion légitime par ses représen­ta­tions la péren­nité d’un sys­tème dis­crim­i­na­toire et oppres­sif. Notre but est donc de don­ner des out­ils aux jour­nal­istes et patrons de chaîne pour qu’ils changent leurs com­porte­ments et n’alimentent plus un ter­rain hos­tile aux minorités. » dans un arti­cle d’Anaïs Moran pour Libéra­tion pub­lié le 20 décem­bre 2017.

Au sujet de la Ligue du LOL: « De voir qu’ils ont écrasé des minorités, que leur social­i­sa­tion est passé par de l’humiliation des minorités et des femmes et qu’ils aient pu se coopter, ça n’est pas quelque chose que l’on décou­vre. On sait que c’est comme ça que fonc­tionne la société et il n’y a pas de rai­son que les rédac­tions échap­pent à ça. On sait que le patri­ar­cat fonc­tionne comme cela. On con­nait cette sol­i­dar­ité mas­cu­line qui se base sur une cul­ture de l’humiliation et de mas­culin­ité tox­ique. On sait que c’est comme ça que fonc­tionne la société et il n’y a pas de rai­son que les rédac­tions échap­pent à ça. Mais il est vrai que l’ampleur du cyber­har­cèle­ment nous a sidéré.e.s. » dans une inter­view pub­liée le 11 févri­er 2019 dans Komi­tid.

Sur l’expression « lob­by LGBT » : « Non, il n’y a pas de lob­by LGBT. L’idée de “lob­by” a une con­no­ta­tion péjo­ra­tive, avec des groupes de pres­sion qui men­a­cent la démoc­ra­tie. Cette expres­sion est util­isée pour faire peur. En l’employant, on par­le quand même de minorités dis­crim­inées qui s’organisent pour défendre leurs intérêts. On ne passe pas une semaine sans recenser des actes homo­phobes, les­bo­phobes, trans­pho­bes… Les asso­ci­a­tions LGBT n’ont pas d’intérêts privés, il n’y a pas d’argent en jeu. Quand on con­nait la sit­u­a­tion finan­cière des asso­ci­a­tions LGBT, c’est drôle. C’est en somme une expres­sion anx­iogène, avec l’idée que, comme pour les lob­bys de multi­na­tionales, le lob­by LGBT men­ac­erait la démoc­ra­tie et la cohé­sion sociale en cédant à des égoïsmes indi­vidu­els. Évidem­ment, les asso­ci­a­tions LGBT veu­lent faire pres­sion sur des gou­verne­ments, pas avec de l’argent mais pour leurs droits. » dans un arti­cle de Pros­per Dou pub­lié le 18 avril 2018 sur Slate.

Pho­to : © Clemence Allezard

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