Observatoire du journalisme (OJIM)

Konbini, le média woke par excellence, change de main

La rédaction de l'OJIM 27 mars 2026 Temps de lecture : 3 min
Konbini, vers le naufrage financier ?
Konbini, vers le naufrage financier ?

Konbini et Le Gorafi, tous deux rachetés par le même groupe, traversent une période agitée. Après un plan de licenciement massif qui a décimé un quart de la rédaction de Konbini malgré les promesses du repreneur, le média « woke » passe sous le contrôle majoritaire d’Alexandre Yazdi, patron de Voodoo, géant français du jeu vidéo mobile et propriétaire de BeReal. Une opération qui intervient alors que Le Gorafi lance son édition papier.

Une rédaction saignée en quelques mois

Moins d’un an après son rachat par DC Company en février 2024, la rédaction a été sévèrement touchée. Dès janvier 2025, la Société des journalistes a dénoncé un plan de licenciement économique collectif touchant un quart de l’effectif. Huit personnes ont finalement été poussées vers la sortie, dont sept femmes, ce qui a porté un coup rude à la parité et à la « diversité » tant vantée par le média.

Pourtant, au moment de l’acquisition, Geoffrey La Rocca (fondateur de DC Company) s’était engagé à ne procéder à aucune réduction d’effectifs. Promesse non tenue. Les journalistes ont également critiqué l’absence du directeur de la rédaction de l’époque, David Creuzot, lors des réunions clés sur l’avenir de ce qu’il qualifiait de « grande famille ». Les fondateurs historiques Lucie Beudet et David Creuzot ont d’ailleurs quitté les commandes peu après.

Des motifs économiques qui laissent sceptiques

Officiellement, ces coupes s’expliquent par des revenus publicitaires insuffisants et la nécessité de préserver la rentabilité. Pourtant, les projections financières pour 2025 étaient présentées comme optimistes, ce qui a renforcé les doutes. Pour beaucoup au sein de la rédaction, ces licenciements masquaient surtout une volonté de reprise en main éditoriale. Konbini, connu pour sa ligne très à gauche et particulièrement clivante, ne parvenait pas à élargir son audience. Des tensions internes ont même été évoquées, avec des sujets retoqués par la rédaction au propriétaire.

Voir aussi : Konbini, bientôt fini ?

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Dans un communiqué du 9 janvier 2025, la société des journalistes du pure-player a indiqué qu’un plan massif de licenciement avait poussé un quart de la rédaction vers la sortie.

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Un nouveau propriétaire issu de la French Tech

Aujourd’hui, un nouveau chapitre s’ouvre. Ce jeudi 19 mars, Alexandre Yazdi, patron de Voodoo – le géant français du jeu vidéo mobile –, est entré en négociations exclusives pour prendre le contrôle majoritaire de DC Company. Le groupe détient Konbini, le site satirique Le Gorafi, ainsi que les médias féministes Herstory (ex-Les Éclaireuses) et C’est Qui La Boss.

Yazdi n’est pas un nouvel arrivant : il était déjà investisseur de longue date dans la structure. L’opération est officiellement présentée comme une « nouvelle phase de développement » visant à créer « un modèle de médias innovant, durable et indépendant », en combinant l’expertise technologique de Voodoo et BeReal avec le savoir-faire de Geoffrey La Rocca.

Voodoo, créée en 2013, affiche un chiffre d’affaires de 778 millions de dollars en 2025 et s’est diversifiée avec le réseau social ado Wizz et le rachat de BeReal pour 500 millions d’euros en 2024. De son côté, DC Company revendique 8 milliards de vues en 2025.

Le Gorafi profite de l’annonce pour lancer son premier mensuel papier : un format de 16 pages envoyé directement chez les abonnés à partir du 31 mars.

Voir aussi : Konbini, infographie (avant rachat)

Infographie : Konbini
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Infographie : Konbini

Créé en 2008 par David Creuzot et Lucie Beudet, Konbini s'est imposé comme le média préféré de la génération Z, avec un format tout vidéo décliné sur les réseaux sociaux et 30…

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Que va devenir Konbini ?

En clair : après avoir saigné sa rédaction et vu ses promesses s’envoler, Konbini passe sous la coupe d’un entrepreneur issu de la French Tech jeu vidéo et réseaux sociaux. Le média « engagé » et clivant va-t-il devoir se recentrer pour survivre ? Ou est-ce simplement le début d’une nouvelle ère avec un propriétaire qui pourrait vouloir faire un peu de ménage ?

La suite promet d’être instructive…

Jean-Charles Soulier

L'auteur
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