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Le CSA gêné par une campagne contre l’avortement

4 août 2014

Temps de lecture : 2 minutes
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Le CSA gêné par une campagne contre l’avortement

4 août 2014

Temps de lecture : 2 minutes

Si en règle générale la promotion de la « diversité » ne lui pose aucun problème, le CSA a été interpellé par un clip de sensibilisation à la trisomie 21.

Inti­t­ulé Chère future maman, le mes­sage dif­fusé sur cer­taines chaînes a déjà été vu plus de 5 mil­lions de fois sur Youtube. Il s’adresse aux futures mères por­teuses de l’anom­alie chro­mo­somique et entend les ras­sur­er. « Chère future maman, n’aie pas peur, ton enfant pour­ra faire beau­coup de choses », nous dis­ent les inter­venants, eux-mêmes atteints du syn­drome de Down.

Mais cela n’a pas été du goût du CSA, qui a réa­gi après avoir reçu « des plaintes de téléspec­ta­teurs ». Dans un com­mu­niqué, les Sages sont inter­venus auprès de M6, D8 et Canal+ pour leur sig­ni­fi­er que ce clip « ne pou­vait être inséré au sein des écrans pub­lic­i­taires (…) puisqu’en s’adressant à une future mère, sa final­ité peut paraître ambiguë et ne pas sus­citer une adhé­sion spon­tanée et con­sen­suelle ». De plus, mal­heur suprême, « il était soutenu par les asso­ci­a­tions Coor­down, Les amis d’Éléonore et la fon­da­tion Jérôme-Leje­une, fon­da­tion dont la voca­tion est notam­ment la lutte con­tre l’avortement ».

Dans une tri­bune pub­liée sur le site du Figaro, Jean-Frédéric Pois­son, le prési­dent du Par­ti chré­tien-démoc­rate a estimé qu’« il est dif­fi­cile de trou­ver, de la part d’un organ­isme offi­ciel, cen­sé opér­er la régu­la­tion et main­tenir l’équili­bre, une réponse aus­si car­ré­ment à côté de la plaque, et aus­si faiblarde sur le plan juridique ». « L’homme mod­erne est gêné par toute forme de faib­lesse, et prend d’in­nom­brables pré­cau­tions pour qu’au­cune ne se retrou­ve sous ses yeux », a souligné le député des Yve­lines avant d’ac­cuser le CSA d’avoir réa­gi dans l’in­térêt de ses « amis au pou­voir ». Et ce dernier de rap­pel­er au Con­seil que, « si vous deviez rép­ri­man­der toutes les chaînes de télévi­sion et de radio au motif qu’elles ne devraient pas dif­fuser des émis­sions “qui ne sont pas sus­cep­ti­bles de provo­quer une adhé­sion spon­tanée”, je vous laisse imag­in­er les coupes claires qu’il faudrait opér­er dans toutes les grilles de pro­grammes ».

La Fon­da­tion Jérôme Leje­une a égale­ment réa­gi en esti­mant que le choix du CSA visait à « lim­iter la lib­erté d’ex­pres­sion » et en déclarant que cette déci­sion soulig­nait « l’aveuglement des pou­voirs publics en France, depuis longtemps pays leader de l’élimination des enfants tri­somiques avant leur nais­sance (96%) ».

Dans une mise au point, le gen­darme de l’au­dio­vi­suel explique qu’il « n’a nulle­ment enten­du gên­er » la dif­fu­sion du clip à la télévi­sion car il a « con­staté que ce mes­sage présente un point de vue posi­tif sur la vie des jeunes tri­somiques et encour­age la société à œuvr­er à leur inser­tion et à leur épanouisse­ment ». Pour autant, les Sages ont rap­pelé que « son inser­tion au sein d’écrans pub­lic­i­taires était inap­pro­priée » car « ce mes­sage était sus­cep­ti­ble de trou­bler en con­science des femmes qui, dans le respect de la loi, avaient fait des choix de vie per­son­nelle dif­férents »

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