La mort annoncée des photographes régionaux

Le magazine « La Côte-d’Or j’adore », édité par le Conseil Général du département dans le but de promouvoir ce dernier et de stimuler le tourisme, ne prend même plus la peine de se doter de photographies régionales pour sa couverture.

L’an dernier, la couverture du magazine touristique affichait une jeune femme d’origine tchèque. La photographie avait été achetée sur la base d’images en ligne Fotolia, qui facture en général de 1,50 à 60 euros l’image. Cette année, la jeune fille présente en couverture n’est pas plus côte-dorienne que la précédente : elle est Russe ! L’image a, cette fois-ci, été achetée sur le site Shutterstock. Pour un magazine qui est censé mettre en avant l’identité régionale et les habitants de la Côte-d’Or, l’anecdote est déconcertante…

Les Pyrénées-Orientales avaient fait de même pour leur carte de vœux 2013. Censée mettre en avant les « talents » de la région, la brochure affichait des personnes russes, allemandes, italiennes…

Un comportement des Conseils Généraux assez critiquable lorsqu’on connaît la situation d’extrême précarité des photographes français. Ces derniers, déjà touchés par la crise de la presse, se voient ainsi concurrencés par des bases d’images en ligne bien plus abordables pour les médias et même, visiblement, pour l’État et ses représentations régionales.

Pour lutter contre cette précarité et dénoncer ces actions, une association s’est créée : PAJ –Photographes, Auteurs, Journalistes. Celle-ci « est une association de photographes, d’auteurs et de journalistes qui éprouvent (…) de plus en plus de difficultés à vivre de leur profession ». Elle entend « rencontrer les acteurs économiques et les décideurs politiques afin de les informer de la précarisation précipitée de (leur) profession susceptible d’entraîner sa disparition ».

Leur site internet
www.paj-photographe-auteur-journaliste.org

Crédit photo : capture d’écran site cotedor-tourisme.com