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European data journalism network : un grossiste en politiquement correct subventionné par la Commission européenne

9 octobre 2018

Temps de lecture : 3 minutes

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European data journalism network : un grossiste en politiquement correct subventionné par la Commission européenne

European data journalism network : un grossiste en politiquement correct subventionné par la Commission européenne

Connaissez-vous l’« European data journalism network » (EDJN) ? Peut-être pas. Ce ne serait pas étonnant compte tenu de sa vocation : alimenter les médias en contenu. Nous avions présenté brièvement en juillet 2017 une partie de la politique de l’UE « en faveur du journalisme ». Nous avons voulu en savoir plus.

L’objet de ce réseau est présen­té sur son site : « Le Réseau européen de data jour­nal­isme est une plate­forme indépen­dante d’ac­tu­al­ité basée sur les don­nées sur les affaires européennes. (…). Elle vise à fournir aux médias européens et au-delà des infor­ma­tions et des con­tenus fiables et rigoureux et une assis­tance tech­nique, et à fournir au pub­lic des out­ils édi­to­ri­aux de qual­ité pour mieux com­pren­dre l’Eu­rope ».

Les membres

Par­mi la ving­taine de mem­bres de ce réseau, on compte 2 titres français, Ouest-France (en dif­fi­culté) et Alter­na­tives Économiques. Autant le mag­a­zine économique a un tirage con­fi­den­tiel, autant le quo­ti­di­en région­al a une audi­ence impor­tante. Ouest-France exerce une sorte de mag­istère moral dans l’ouest de la France, avec une ligne édi­to­ri­ale pro-insti­tu­tions européennes et pro-migrants.

La ligne éditoriale de la plateforme

La « plate­forme » ali­mente en con­tenu plusieurs médias, qui peu­vent piocher dans sa base doc­u­men­taire. Les dif­férentes rubriques sont classées sous forme de sections.

Pre­mier éton­nement, les prin­ci­pales préoc­cu­pa­tions des français pour les élec­tions européennes – l’immigration, le ter­ror­isme, l’emploi, selon un sondage LCP-Har­ris Inter­ac­tive – n’y fig­urent pas.

On trou­ve par con­tre dif­férentes rubriques con­sen­suelles dédiées à l’environnement, la cul­ture et loisirs, la sci­ence et l’innovation, l’économie, etc.

Dans la sec­tion Jus­tice et sécu­rité, peu fournie (2 arti­cles), aucun arti­cle n’est con­sacré au ter­ror­isme. Ce qui ne manque pas d’étonner compte tenu du car­ac­tère trans­frontal­ier des atten­tats qu’ont con­nu de nom­breux pays européens (France, Bel­gique, Alle­magne, Grande Bre­tagne, etc…). On apprend par con­tre que « l’Europe n’est pas un endroit sûr pour les jour­nal­istes ». On ne saura pas si l’Europe est un lieu sûr pour…les Européens.

La sec­tion Société est une des plus fournies. Plusieurs arti­cles sont dédiés aux minorités (religieuses, eth­niques, sur le marché du tra­vail et le marché de l’emploi). Des minorités qui seraient en butte à des obsta­cles et dis­crim­i­na­tions de toutes sortes. Ain­si, selon une étude du Pew Research Cen­ter (améri­cain), « les musul­mans ont été la prin­ci­pale cible du har­cèle­ment de la part des par­tis poli­tiques nation­al­istes ».

Dans un autre arti­cle, il est indiqué que mal­gré « l’in­flu­ence gran­dis­sante des mou­ve­ments et des par­tis poli­tiques racistes  » en Europe, « la xéno­pho­bie est plutôt en recul dans les villes ».

L’article à ce sujet, qui est un résumé d’une enquête menée par la Com­mis­sion européenne, ne nous indique pas quels sont les par­tis poli­tiques « racistes ». Un terme expédi­tif et diffamant très prob­a­ble­ment util­isé pour qual­i­fi­er des par­tis poli­tiques opposés à l’immigration mas­sive voulue par la Com­mis­sion Européenne. Une insti­tu­tion dont un de ses mem­bres assène que « l’immigration est la « nou­velle norme ». « L’Europe va avoir besoin de 6 mil­lions d’immigrés », affir­mait Dim­itris Avramopou­los, com­mis­saire européen aux migra­tions en mars 2017 égale­ment à la Tri­bune de Genève.

On ne trou­ve par con­tre pas un mot dans la rubrique société sur l’essor du rad­i­cal­isme islamique dans les dif­férents pays européens, dont la France. Le phénomène n’est peut-être pas assez con­sen­suel et terni­rait sans doute les ori­en­ta­tions pro-immi­gra­tion de la plateforme.

La sec­tion Migra­tion est une col­lec­tion de pon­cifs en faveur de l’ouverture des fron­tières. L’immigration qui explose en France, comme le démon­tre une récente enquête de Valeurs actuelles ? Un mirage selon l’EDJN. « La “crise des migrants” est avant tout poli­tique ». L’explication ? « En fait, elle a été engen­drée par une mau­vaise ges­tion poli­tique ».

Un autre arti­cle, d’Alternatives Économiques cette fois, veut nous con­va­in­cre que le mirage d’une immi­gra­tion «  de masse » pour s’installer sur le Vieux Con­ti­nent « ne résiste pas aux chiffres ». Puisque l’on vous dit qu’il s’agit unique­ment d’une per­cep­tion erronée et de mal­adress­es politiciennes…

Le repli com­mu­nau­taire qui est vis­i­ble dans la rue ? L’assimilation est freinée car « les immi­grés sur les marchés du tra­vail européens sont sys­té­ma­tique­ment désa­van­tagés, en fonc­tion notam­ment de leur pays d’o­rig­ine ». Pas un mot par con­tre sur le con­texte de chô­mage de masse et la moin­dre qual­i­fi­ca­tion des pri­mo-arrivants par rap­port aux nationaux.

On aura com­pris qu’entre les ori­en­ta­tions alter­mon­di­al­istes d’Alternatives économiques et de cen­tre gauche ten­dance Delors de Ouest France, il y a suff­isam­ment de con­ver­gences (en faveur de l’immigration, des insti­tu­tions européennes) pour met­tre en com­mun du con­tenu. Arti­cle après arti­cle se des­sine une vision assez binaire avec d’un côté des par­tis poli­tiques « racistes » et « nation­al­istes » en pro­gres­sion, des patrons qui ne recru­tent pas mas­sive­ment les nou­veaux venus aux postes les plus qual­i­fiés et des migrants qu’il faut accueil­lir en masse et qui ne deman­dent qu’à s’insérer. Une vision en phase avec celle de la Com­mis­sion européenne.

Une insti­tu­tion qui sub­ven­tionne à hau­teur de 975 000 euros l’EDJN, peut-on lire sur son site. Un sou­tien par­mi d’autres aux médias con­formes aux ori­en­ta­tions poli­tiques des bureau­crates européens, comme nous le soulignions déjà l’année dernière.

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