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Des plumes et du goudron, quand Marianne parodie certains journalistes

9 février 2019

Temps de lecture : 3 minutes

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Des plumes et du goudron, quand Marianne parodie certains journalistes

Des plumes et du goudron, quand Marianne parodie certains journalistes

L’image des médias et des journalistes est tout simplement désastreuse et souvent auto-entretenue par un comportement tout aussi désastreux. Ce qui est bien entendu injuste car il y a une minorité importante de journalistes consciencieux, honnêtes, professionnels, loyaux avec l’information et leurs lecteurs. Il y a aussi hélas une forte majorité qui recopie les infox de l’AFP ou des confrères du Decodex, qui se complait dans l’entre soi arrogant (« ceux qui nous critiquent sont ceux qui clopent et qui roulent au diesel », pour imiter un ministre en exercice) ou geignard (« pourquoi personne ne nous aime On fait de notre mieux »). La rédaction de Marianne s’est amusée à faire une typologie des mauvais journalistes dans son numéro daté du 25 janvier 2019. Quelques extraits savoureux.

Le journaliste politique ou l’inconvénient de se croire un puissant

Il est le mieux infor­mé de la place de Paris… con­traire­ment à ses lecteurs. Et pour cause moins il bal­ance et plus il en sait…. Il ne sait plus si la thèse des trois droites en France est de René Rémond ou de Ray­mond Aron, à moins que ce ne soit Ray­mond Rémond ?

Le « social justice warrior » ou le redresseur de tordus

Ne choi­sis­sez pas entre « il » ou « elle », vous com­met­triez un infâme sac­rilège, optez pour « iel ». Iel peu­ple désor­mais toutes les rédac­tions et est prêt.e à tout pour dénon­cer les injus­tices les plus révoltantes : le hijab n’est pas encore autorisé à l’école pri­maire, l’humour « sex­iste » pas encore inter­dit par le gou­verne­ment, le Haut Com­mis­sari­at aux stig­ma­ti­sa­tions con­tre les pein­tres dal­toniens pas encore créée.

Le Fact checker ou le « vrai » fossoyeur

Il ne sort jamais de sa rédac­tion. Pas besoin : …la vérité n’est pas ailleurs sur le ter­rain, mais sur le Web acces­si­ble en quelques clics. …Mais retenir une sta­tis­tique plutôt qu’une autre, n’est ce pas déjà sub­jec­tif ? Un jour, le robot qui n’aura aucun mal à rem­plac­er cet obsédé des tableurs Excel saura sans doute aus­si répon­dre à cette question.

La rédac’chef de féminin ou la vendue aux marques en Louboutin

Pour le prochain numéro je vois du…bleu. Inutile de com­pren­dre ce qu’elle a der­rière la tête : rien. Cette radasse payée en voy­ages classe affaires et en sacs grif­fés s’est surtout fait un nom auprès des annon­ceurs qui l’ont imposée à la rédac­tion, via la régie du jour­nal. Elle règne sur trois sta­giaires ter­ror­isés en atten­dant la revente du mag à une start-up.

Le critique culture ou l’adepte des renvois d’ascenseur

Il aime les artistes « mau­dits », c’est à dire au Smic. Ceux qui exposent à la MJC de Noisy-le-Sec ou pos­tent des morceaux sur Youtube… Maqué avec une ou deux maisons d’édition (qui pub­lient ses pro­pres livres) il n’aime que ce qu’il est autorisé à aimer.

Le journaliste de duplex ou comment survoler le terrain sans complexes

Un jour il se ren­dra compte que son boulot n’a qu’un but : combler le vide entre deux débats d’experts qui eux-mêmes ne sont là que pour meubler les temps morts… entre deux duplex. En atten­dant, le plan­ton de la chaine d’info en con­tinu sur le ter­rain. Certes le ter­rain ne fait que deux mètres carrés.

On pour­rait ajouter à ces amu­sants por­traits Le chas­seur d’opinions non con­formes, La pasion­ar­ia des péti­tions, Le jour­nal­iste reporter d’images qui chipe les reportages de ses cama­rades (par­fois en les ayant expul­sé de l’action pour pro­téger ses intérêts), Le censeur antifa, L’adorateur des migra­tions, Le minou me-too etc… Quand une par­tie de la pro­fes­sion a encore de l’humour, la capac­ité de se moquer d’elle-même, il reste un peu d’espoir. Comme con­clut l’article en par­lant du jour­nal­iste de Mar­i­anne : « ou la colère est tou­jours bonne con­seil­lère : il n’est jamais con­tent ». Un bon indice de mécon­tente­ment de soi est tou­jours un signe de bonne san­té journalistique

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